Allemagne, 24 septembre 2016 : pas de « Journée des peuples européens »

2 octobre 2016 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Weil am RheinDes fachos autour de l’antenne locale du groupuscule néonazi Die Rechte (la Droite) avaient appelé le 24 septembre à une « journée des peuples européens » à Weil-am-Rhein (dans la région de Lörrach). Cela fait déjà longtemps que la ville est connue pour la scène néonazie qui s’y est bien implantée : Andreas Boltze siège au conseil communal pour le NPD, il y a eu de nombreuses manifestations de Pegida dans la ville et depuis peu de temps, un groupe local de Die Rechte s’est monté autour d’Andreas Weigand, sachant que ce groupe rassemble essentiellement des néonazis prêts à en découdre. Dans ce contexte sont organisées pas mal de « commémorations pour les héros » et d’actions type flashmob, qui ont pour but de recruter des jeunes susceptibles d’être intéressés par la scène néonazie.

Le défilé du 24 septembre était une tentative visant à faire passer la scène d’extrême droite locale à des actions de plus grande ampleur. Or le 8 septembre, les fachos ont décommandé leur propre manif, soi-disant parce qu’il y avait eu trop « d’appels à la haine » de la part des antifas, mais en fait surtout parce qu’ils avaient eu a) une grosse trouille, b) trop honte par anticipation du petit nombre qu’ils seraient face aux hordes antifascistes (ça leur est déjà arrivé, ailleurs en Allemagne, de battre le pavé à 10-15…)

AW

Quoi qu’il en soit, les antifascistes, de la ville et plus largement de la région, ont refusé de laisser le terrain aux fachos qui se distinguent par leurs multiples violences racistes dans la ville, au point de faire sensation dans la presse locale.

Ainsi, à Friedlingen, un quartier de Weil-am-Rhein, une bande de néonazis terrorise une famille pour des motifs racistes. Ils répandent des excréments de chien sur leur voiture, leur font subir toutes sortes d’insultes et autres vexations racistes, remplissent leur boîte aux lettres de détritus et de déchets alimentaires, les harcèlent en sonnant à leur porte, leur crèvent les pneus, leur collent leur serrure et détruisent leurs essuie-glaces : et il ne s’agit là que des actions les plus « innocentes » des fachos qui se sont également attaqués aux enfants de la famille qu’ils ont menacés. À cause des menaces constantes qu’il proférait à l’égard de cette famille, un des néonazis a reçu le congé de son propriétaire. En réaction à cette nouvelle, ses camarades s’en sont pris à la famille, et ont envoyé la mère à l’hôpital. Ensuite, tout ce que le quartier compte de néonazis s’est rassemblé tous les jours devant la maison de la famille, maintenant ainsi une menace constante sur ces derniers.

Face à cela, les antifascistes de la région ont organisé la protection de la famille, les accompagnant afin qu’ils puissent sortir de chez eux. Finalement, le tribunal délivra une interdiction d’approcher à 8 néonazis, interdiction qu’ils contestent actuellement.

Parallèlement à cela, les fachos se sont trouvé une autre cible : une journaliste de la presse locale, qui suit d’un œil critique l’expansion de la scène d’extrême droite. Ils ont même mis en place une page Facebook visant à diffamer cette journaliste et se sont introduits dans les locaux de la rédaction du journal. Les antifas sont aussi leurs cibles : en 2009, Weil-am-Rhein avait fait la une des journaux, quand une perquisition au domicile de Thomas Baumann (alors dirigeant du groupe local des Junge Nationaldemokraten, JN, organisation de jeunesse du NPD) avait révélé la présence de 22kg de produits chimiques et de composantes de bombes artisanales. Dans des e-mails et sur des forums, il avait évoqué la possibilité de prendre pour cible le centre autonome de Fribourg (le KTS) et la centrale régionale du Deutscher Gewerkschaftsbund (DGB, confédération des syndicats allemands). Fin 2015, un jeune qui sortait du Café Irrlicht, un centre autonome à Schopfheim (région de Lörrach), avait été blessé au visage par des fachos qui l’agressaient au pistolet d’alarme.

C’est dans une optique de solidarité avec toutes les victimes des violences néonazies que les antifas ont défilé le 24 septembre à Weil-am-Rhein : il n’est en effet pas question de laisser de zone brune où que ce soit, en Allemagne ou ailleurs. Refusons la « journée des peuples européens », nous qui prônons la solidarité sans frontières, contre le racisme et le fascisme !

Pour le lire le compte rendu détaillé de la manif en allemand, voir ici

https://blocktdev.blackblogs.org

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