Les nouveaux masques de l’extrême droite (les stratégies nationalistes dans les mouvements sociaux)

25 avril 2016 29 Imprimer ce billet Imprimer ce billet
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Il va falloir s’y habituer et réagir en conséquence : non seulement les discours nationalistes, racistes et sexistes s’invitent désormais dès l’ouverture de tout nouvel espace politique, mais leur condamnation et l’éviction de celles et ceux qui les portent n’apparaissent plus ni comme une évidence, ni comme une nécessité. Le patient travail menée par l’extrême droite depuis 70 ans pour retrouver sa crédibilité et une certaine légitimité porte ses fruits : en redéfinissant pour servir ses propres fins les concepts de « liberté d’expression », de « dissidence » et d’ « antifascisme », elle est parvenue en l’espace d’une quinzaine d’années à faire son retour sur la scène politique, tout en laissant croire qu’elle n’existait plus et en disqualifiant celles et ceux qui continuaient à la dénoncer. Un tour de passe-passe dont il est urgent de révéler l’imposture, en appelant un chat un chat, et en rafraîchissant la mémoire à celles et ceux qui, frappéEs d’une candeur amnésique, laissent entrer le loup dans la bergerie.

L’extrême droite peine à assumer totalement et publiquement son projet de société, surtout en raison de l’encombrant héritage de ses expériences passées, nazie et fasciste : au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, elle n’a pu faire son retour qu’en avançant masquée, et en faisant croire qu’elle sortait de nulle part. Bien qu’il existe toujours à l’extrême droite des nostalgiques revendiqués de Vichy ou de l’Italie mussolinienne (comme le PNF ou Rivarol), il faut bien reconnaitre que c’est aujourd’hui une position marginale, et que la plupart des groupes contemporains revendiquent au contraire une certaine modernité et une virginité politique.

Ravalement de façade

FNLe Front national, son principal représentant, pourtant fondé par d’authentiques héritiers du fascisme historique, a su, en quelques décennies, se faire passer pour un parti qui défend la liberté et la république, voire même, récemment, pour un parti d’émancipation sociale, tout en conservant ses fondamentaux inégalitaires et discriminatoires : se prétendant « ni de droite ni de gauche », le FN ne veut plus pouvoir être situé sur l’échiquier politique, afin d’apparaître comme l’unique recours, et de pouvoir ainsi élargir sa clientèle électorale (laissant croire que l’extrême droite vaut la peine d’être « essayée », comme si elle n’avait jamais été au pouvoir).

Identitaires

Certains sont prêts à tout pour changer leur image, sans peur du ridicule. [Projet Apache, 2011].

Du côté de l’extrême droite radicale, le même tour de passe-passe a été opéré au début des années 2000 par les « Identitaires » : également fondé par des nationalistes-révolutionnaires racialistes, le mouvement identitaire a réussi à se débarrasser en partie de son folklore fasciste (en particulier en ce qui concerne ses codes visuels), sans rien lâcher sur le fond, mais en offrant une vitrine moderne, susceptible de faire venir à lui une jeunesse issue d’une génération jugée moins hostile que par le passé (car moins politisée), en particulier en utilisant toutes les ressources d’Internet et des réseaux sociaux.

Pour parvenir à ce résultat, les uns et les autres ont joué sur une certaine confusion, afin de brouiller leur image et de tenter de rendre caduque la notion même d’ « extrême droite ». Malgré cela, en raison d’une certaine constance idéologique et surtout du parcours de leurs cadres et de leurs dirigeants, ces mouvements restent généralement catalogués à l’extrême droite de l’échiquier politique, ce qui les rend toujours infréquentables pour une majorité importante de la population. Enfin, ces formations politiques, très attachées à un certain ordre social, quel qu’il soit, et voyant l’ombre du « gauchisme » derrière toute forme de contestation, sont généralement plutôt enclines à dénoncer les luttes sociales qu’à s’y intégrer.

Extrême droite 2.0

Mais aujourd’hui, une partie de l’extrême droite réussit l’exploit de faire croire qu’elle n’est pas d’extrême droite, qu’elle veut simplement pouvoir s’exprimer, que « les vrais fascistes ce sont les antifascistes ». Elle a su parfois récupérer à son compte le discours, les postures voire les symboles de la gauche ou de l’altermondialisme ; certaines personnalités considérées à tort ou à raison comme « de gauche » ont participé à ce brouillage, soit en s’engageant à ses côtés (comme Dieudonné), soit en faisant preuve d’une grande tolérance à son égard (comme Étienne Chouard).

Che fafAu nom de la lutte contre le « système », certains défendent ainsi l’idée d’une convergence de tous ses « ennemis », de droite comme de gauche : l’opposition d’un centre (le « système », « l’oligarchie ») et d’une périphérie (tous les courants qui les combattent et qui auraient intérêt à lutter côte à côte malgré leurs divergences idéologiques) est une idée déjà ancienne à l’extrême droite au sein du courant nationaliste-révolutionnaire, mais qui connaît aujourd’hui une nouvelle vitalité, et dans tous les milieux, en particulier dans les nouveaux espaces de politisation, réels ou virtuels, beaucoup oubliant au passage que les ennemis de nos ennemis ne sont pas forcément nos amis.

Une « liberté d’expression » très sélective

De façon assez cocasse, et sans que personne ne trouve rien à redire à ce paradoxe, les personnalités ou groupes d’extrême droite qui soutiennent des régimes parmi les plus autoritaires et liberticides de la planète (qu’il s’agisse, selon les tendances, de la Syrie de Bachar Al Assad, de la République islamique d’Iran ou de la Russie de Poutine) et qui préconisent les méthodes les plus musclées pour « régler » les problèmes sociaux (camps, expulsions, peine de mort, etc.) sont également celles et ceux qui n’ont que la « démocratie » et la « liberté d’expression » à la bouche.

En haut : déjà dans les années 1980, Le Pen criait à la censure. Au milieu : Alain Soral insulte la mémoire des déportés à son seul profit. En bas : Riposte laïque assimile islamophobie et liberté d’expression.

En haut : déjà dans les années 1980, Le Pen criait à la censure.
Au milieu : Alain Soral insulte la mémoire des déportés à son seul profit.
En bas : Riposte laïque assimile islamophobie et liberté d’expression.

Mais de quelle liberté d’expression parle-t-on ? Celle des ouvriers non syndiqués des petites entreprises ? Celle des femmes de ménage sans papiers ? Celle des Rroms qui vivent misérablement à la périphérie de nos villes ? Celle de toutes celles et tous ceux qui n’ont accès à aucun média, aucun relais dans la sphère politique pour exprimer leurs revendications ? Évidemment pas : la seule liberté de parole qui leur importe, c’est la leur. Quand ils fustigent le « politiquement correct », la « bienpensance », « les chiens de garde du Système », c’est en réalité l’ostracisme qui frappe le discours hérité des dictatures des années 1930 qu’ils dénoncent : ce n’est pas par hasard si ce sont le négationnisme, les discours racistes ou les propos sexistes ou masculinistes qui sont pour eux les premières causes à défendre.

L’autre avantage qu’il y a à faire appel à la « liberté d’expression », c’est d’adopter une position victimaire censée culpabiliser les partisans de la démocratie et les défenseurs des droits (droits dont par ailleurs ils se moquent éperdument pour « les autres », comme les migrants ou les homosexuels). Il faut dire que l’État, à travers des lois comme la loi Gayssot, leur facilite grandement la tâche, faisant du premier négationniste venu une « victime du Système ». Cependant, ce statut de victime est généralement sans risque, puisque l’écrasante majorité des propos racistes, antisémites ou sexistes circulent sur les réseaux sociaux dans une totale impunité. Pire, alors que ce type de discours, à travers la pratique du trollage, submerge littéralement la moindre discussion ouverte, sa contestation est aussitôt assimilée à une forme de « censure ».

Une « dissidence » en carton

AF_indignes

Cortège de l’AF à la Manif pour Tous (20/10/2013)

Il y a encore quelques années, le mot « résistance » était immédiatement associé à la lutte contre le fascisme. La « dissidence » renvoyait à l’opposition au sein d’un régime autoritaire, en particulier l’Union soviétique stalinienne. Et le mot « révolution » faisait encore (un peu) trembler le bourgeois. Désormais, l’extrême droite réussit à les reprendre à son compte : le « résistant » est celui qui réhabilite l’antisémitisme si cher aux nazis (cf. Soral ou Dieudonné), le « dissident » soutient la Russie autoritaire de Poutine qui n’a pas grand-chose à envier à celle de Staline et et c’est l’Action française qui appelle à la « révolution » et à renverser un gouvernement, au nom d’une lutte réactionnaire principalement animée par la bourgeoisie la plus conservatrice (la Manif pour Tous).C’est que l’extrême droite a retenu la leçon de la bataille culturelle et lexicale qu’elle a perdu en 1968 : les mots sont importants, au moins autant que les actes. Jusqu’au début des années 2000 cependant, elle ne disposait pas d’espace pour renouveler son discours : discréditée dans les médias, diabolisée dans la société, l’extrême droite semblait condamnée à rester dans les poubelles de l’Histoire.

Rassemblement des Identitaires et de Riposte laïque (juin 2010)

Rassemblement des Identitaires et de Riposte laïque (juin 2010)

Mais en investissant très tôt et massivement Internet, elle a bien compris qu’en balisant avec ses propres codes et ses propres vocables ce nouvel espace politique, elle parviendrait enfin à faire entendre de nouveau sa voix, tout en conservant une position d’alternative au « système », alors que dans le même temps son discours était repris dans les médias établis par des personnalités néo-conservatrices comme Éric Zemmour ou Alain Finkielkraut. Avec Soral et Dieudonné, cette posture du « dissident » est même devenue un business très lucratif, ainsi qu’une forme de reconnaissance sociale pour tout un tas de « spécialistes » auto-proclamés qui, pour pallier la faiblesse de leurs thèses ou de leurs recherches, se drapent dans les habits du « résistant ». Les théories du complot les plus délirantes, les propos les plus outrageusement racistes ou sexistes sont ainsi validés par la seule affirmation qu’ils iraient à l’encontre de la « pensée dominante » qui les rejette.

Il faut reconnaitre que l’antiracisme moral (qui fait du racisme non plus une opinion mais un délit) et l’antifascisme républicain (qui assimile la lutte contre l’extrême droite à la défense des institutions démocratiques) ont largement contribué à la création de cette figure du « rebelle » nationaliste. C’est une des raisons pour lesquelles un antifascisme cohérent ne peut s’appuyer ni sur la culpabilisation ou la diabolisation de l’extrême droite, ni sur le recours à la justice ou l’État pour en enrayer la progression, mais sur la lutte pied à pied contre son discours, ses apparitions et ses méthodes.

Communauté nationale et « intérêt général », ou la Volksgemeinschaft hitlérienne revisitée

Autre arnaque qui n’a de démocratique que l’apparence, la mise en avant systématique de l’idée de « communauté politique » ou « communauté nationale » qui est en réalité une tentative de réhabilitation d’une idée héritée du IIIe Reich.

yes-we-can_hitler_0Si, dans le concept de Volksgemeinschaft[1] chez les nazis, le peuple (constitué autour de la race) remplace la nation (comme c’est le cas autour de l’État en France), au delà de cette particularité racialiste, l’idée de communauté (contre celle de société) revendique l’unité contre la pluralité, l’union de la communauté contre l’individu et enfin le bien commun contre l’intérêt particulier.

Les partisans de cette idée posent de façon incantatoire une communauté dépourvue de conflits partidaires ou de conflits de classe et, de l’autre côté, délimitent cette communauté par l’exclusion de ceux qui ne lui appartiennent pas. Les critères d’exclusion sont adaptés selon les besoins de l’époque : pour les nazis, ce furent des critères racialistes et pseudo-scientifiques, pour l’extrême droite actuelle, ce peuvent être des critères nationaux plus flous, et donc plus acceptables.

Dans tous les cas, la communauté nationale (ou communauté politique) ne saurait fonctionner, c’est-à-dire proposer bien-être social, et, de façon plus ou moins avouée, renouveau national (par le biais du souverainisme, ou, comme l’appellent les anglo-saxons, du welfare chauvinism) que par l’intermédiaire de l’exclusion de celles et ceux qui ne sauraient appartenir à la «  communauté ». Ainsi, l’ascenseur social fonctionna pendant le Troisième Reich qui vit les différences sociales légèrement estompées, à grands coups de limogeages, d’expropriations et de spoliations des Juifs et autres indésirables de la dictature nazie. De même, ceux qui prônent la « communauté nationale » voient les ennemis hors de cette dernière (l’Union européenne, les élites nationales et internationales) et posent comme postulats l’inutilité des luttes de solidarité et d’entraide entre les peuples (dans la question du soutien aux réfugiés), l’inanité de l’émancipation des femmes (puisqu’au sein de la communauté politique, il ne saurait y avoir d’oppression) et l’invalidité de la lutte des classes (puisque toute la communauté politique est au même niveau d’oppression).

Un « anti-antifascisme » bien pratique

En dépit de toutes ces tentatives qui visent à noyer le poisson et à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, l’extrême droite continue à trouver sur son chemin des esprits obtus qui s’entêtent à appeler un chat, un chat, et un fasciste, un fasciste[2].

Pétition anti-antifa du Front national (avril 2016).

Pétition anti-antifa du Front national (avril 2016).

Rendre compte des agissements et des personnalités nationalistes et racistes par un travail de terrain minutieux permet de contourner la contre-information que fait l’extrême droite sur ses propres activités. On l’a vu, elle avance le plus souvent masquée, et ne se dévoile qu’une fois le terrain occupé : il importe donc d’alerter sur sa présence le plus tôt possible, et de l’empêcher de se croire partout chez elle. Bien sûr, la plupart des groupes nationalistes prétendent que ce travail d’information est téléguidé par le pouvoir (police, services secrets, « lobbies ») car ils ne peuvent imaginer que des « crasseux » d’extrême gauche puissent les berner ainsi ; il est aussi plus valorisant pour eux de croire qu’ils sont les cibles du « système »…

Dans le Figaro, on inverse les rôles.

Dans le Figaro, on inverse les rôles.

Si cette thèse conspirationniste ne suffit pas à dénigrer les antifascistes, l’extrême droite insistera alors sur leur « violence », en n’hésitant pas à les traiter de « fascistes » ou de « nazis », dans une inversion des rôles assez cocasse si elle ne trouvait un écho dans les médias et une partie de l’opinion. Comme pour la « liberté d’expression », la « violence » dont il est question est très sélective : pour prendre des exemples récents, une action aussi pacifique que celle de la Nuit Debout devant l’ESCP mardi 19 avril pour dénoncer la venue de Florian Philippot ou l’expulsion dans le calme de Finkielkraut sont considérées comme « d’une violence inouïe », mais les très nombreuses violences policières contre les manifestants, les attaques à coups de barre de fer de nervis d’extrême droite contre la Nuit Debout sont passées sous silence…

En dépit de l’incapacité des individus et des groupes d’extrême droite à lancer la moindre initiative d’émancipation ou de lutte anticapitaliste, les stratégies qu’ils mettent en place, telles que nous les avons décrites ici, leur permettent de s’inviter dans les mouvement sociaux et de les parasiter en y banalisant leurs discours. Ce « confusionnisme » ne peut que profiter à l’extrême droite, et c’est pourquoi il faut que se renforce au sein des luttes sociales une forme saine d’intolérance à l’égard des courants nationalistes, racistes, sexistes et autoritaires qui, s’ils ne disent pas toujours leur nom, garderont tout l’espace qu’on leur laissera, afin d’y imposer leur ordre. Il sera alors un peu tard pour se demander ce qui s’est passé : c’est pourquoi nous ne pouvons nous payer le luxe d’abaisser la garde face à ceux qui, eux aussi, porte un projet de société, mais aux antipodes de nos valeurs solidaires, égalitaires et internationalistes.

La Horde

  1. L’idée de Volksgemeinschaft apparaît en août 1914, au moment où l’Allemagne de Guillaume II déclare la guerre à la France. Cette idée, que l’on peut traduire en français par le terme de communauté nationale (en restant largement en deçà de ce qu’implique l’utilisation du terme de Volk en allemand, qui donna plus tard l’adjectif völkisch décrivant l’appartenance raciale au peuple allemand tel que le définissent les idéologues racistes du Troisième Reich), est au centre des programmes politiques de bien des partis au début du XXème siècle en Allemagne : les partis conservateurs, mais aussi les libéraux, les nationaux-bolchéviques et les chrétiens. Ce concept repose sur une idée principale, nécessaire au sursaut national en ce début de guerre mondiale : il met de côté toutes les différences de classe au sein de la société allemande et déclare abolie la lutte des classes, que les socio-démocrates abandonnent officiellement au début de la guerre. Par la suite, la Volksgemeinschaft devint, avec l’antisémitisme, un des concepts centraux de la pensée national-socialiste. []
  2. Le mot « fasciste » est ici un terme générique pour désigner une personne d’extrême droite; une convention de langage, et ne correspond pas ici à son sens historique strict. []

29 commentaires »

  1. CerisierEmbrasé 14 septembre 2016 at 11:25 - Reply

    Autant les Identitaires ont joué à fond cette carte, autant c’est l’Action Française qui est à surveiller !!!
    Surtout à Paris et à Marseille. Dans ces deux villes ils sont les seuls fachos actifs.

    Trainez sur leur facebook et surtout leurs satellites « esthétiques » Allure Rupture, Brousse Royco, Orick…

    Les identitaires, malgré les quelques initiatives ça et là sont en grosse perte de vitesse : sections microscopiques (à peine 10 à Paname), tentative foirée d’infiltrer le milieux Catho-bourge, ils vivent encore grâce aux « antennes européennes » qu’ils ont ouvert.

  2. louis 3 septembre 2016 at 11:45 - Reply

    pour approfondir concernant les réseaux sociaux, j’aimerais savoir si il existe un texte de loi concernant la responsabilité des plate formes genre youtube et yahoo ? les commentairs ultra violent du genre appel au meurtre, au génocide,visant les réfugiés,les « arabes » et j’en passe sont omniprésents,surtout sur yahoo actualité,c’est vraiment hallucinant ! et ces commentairs ,meme signalés,ne sont pas supprimés…leurs auteurs pas inquiétés…y à il une action entreprise contre cette situation,à laquelle on puisse prendre part ?

  3. plume 12 août 2016 at 08:21 - Reply

    Un des problèmes que j’identifie notamment dans la critique des antifascistes, formulée par des gens qui traditionnellement se disent de gauche ou en tout cas contre l’extrême droite, c’est « utiliser les mêmes méthodes » « écrire des articles non référencés »… vous connaissez la rengaine.
    Et je pense qu’il y a urgence, en plus de démasquer l’extrême droite ou elle est, d’informer les gens sur ce qu’est l’antifascisme.
    Quelles méthodes peuvent être mises en place pour « dédiaboliser » l’antifascisme?
    Déjà, veiller à ce que les blogs ne publient que des articles ou les sources et références soient claires, car les gens commencent à percevoir l’importance de ces choses là. Mais peut être sur un terrain plus concret il y a des choses à faire?

  4. linksunten 9 juin 2016 at 17:41 - Reply

    Soral insulte la mémoire des déportés dans ses pubs pour raquer du fric à ses pigeons, mais il écrit qu’Hitler « n’a pas fini le boulot » en parlant des survivants des camps.

  5. StillAlive 31 mai 2016 at 17:48 - Reply

    Excellent article.

    « Au milieu : Alain Soral insulte la mémoire des déportés à son seul profit. »

    Il est coutumier du fait. Voir l’association « Prenons le maquis ». Je pense aux FTP torturés à mort et décédés dans les camps sous le triangle rouge marqué du F…

    • Thierry 5 août 2016 at 07:51 - Reply

      Salut, StillAlive. Il existe une association internationale de défense de la mémoire des résistants antifascistes morts dans les camps d’extermination nazis. Il s’agit de la Fédération Internationale des Résistants. Ils ont un contact (et leur logo est le triangle rouge usurpé par l’autre ordure). Parles-en avec eux. Je ne sais pas s’ils peuvent faire grand chose, mais si tu es d’une famille de maquisards antinazis passée par les camps (comme la mienne), ça peut toujours aider.

  6. Paul 4 mai 2016 at 08:08 - Reply

    Bonjour.
    Comment d’après vous peut-on définir quelqu’un de l’extrême droite en France?
    Par exemple, pour être de l’extrême droite il faut qu’il y ces x conditions…

    Merci de me répondre.

    Bien à vous.

    • La Horde 4 mai 2016 at 14:45 - Reply

      C’est vrai que l’extrême droite est une mouvance très hétéroclite, pas si facile à définir. Mais comme tu le suggères, on peut en dégager quelques caractéristiques principales. La première, c’est une vision inégalitaire des rapports humains impliquant des rapports de domination, reposant sur deux antagonismes principaux : les « nôtres » et les « autres » (le nationalisme, la xénophobie se chargeant de les définir), les hommes et les femmes (en s’appuyant sur le sexisme, la religion). La seconde, c’est l’idée que cette inégalité irait de soi, qu’elle serait incontestable car s’appuyant sur une transcendance, des traditions ou un prétendu « ordre naturel ». La troisième, c’est d’essentialiser chaque individuE de façon à ce qu’il/elle soit enferméE dans son identité « ethnique », nationale, culturelle et sexuelle, et se voit assigné de fait sa place dans le monde. Enfin, la quatrième, c’est d’adopter une position défensive, voire réactionnaire, face à ce qui menace cette vision du monde, menaces le plus souvent incarnées : l’Arabe, le Juif, l’homosexuel, le gauchiste… Bien entendu, chaque parti ou groupe défend à sa façon, en fonction de ses intérêts et priorités, cette vision du monde, et ces éléments communs n’empêchent pas des contradictions stratégiques (violent ou électoraliste, par exemple) ou même idéologiques. Enfin, pour terminer, l’extrême droite aimant avance masquer, comme on a pu le montrer dans notre dernière brochure, il est souvent nécessaire de mettre à jour ses intentions et décrypter son discours, au risque de se laisser enfumer.

      • Paul 6 mai 2016 at 00:09 - Reply

        merci de m’avoir répondu.

        Je vais analyser ta réponse et me documenter…

        Je pense tout de suite à un qcm d’une centaine de questions (ou moins ou plus) à plusieurs réponses que vous pourriez (toi et ton équipe) élaborer et mettre en ligne afin que la personne qui le remplit puisse savoir s’il est ou non d’extrême droite ou autre tendance…

        • La Horde 6 mai 2016 at 18:37 - Reply

          Bizarre comme idée : à chacun de juger par lui-même s’il est d’extrême droite ou pas ! Pour notre part, ce sont les actes et les discours des uns et des autres qui nous serviront de baromètre.

        • luc n. 24 mai 2016 at 18:37 - Reply

          les qcm peuvent parfois rendre service mais je me demande si dans le cas précis (à savoir : le discours ‘socialisant’ qui sert de feuille-de-vigne à l’extrême-droite) le mieux n’est pas de commencer par un ouvrage qui a assez bien surmonté l’épreuve du temps :
          – Daniel Guérin, Fascisme et Grand Capital

      • Charles de Elvis 25 mai 2016 at 07:41 - Reply

        Je souheterai compléter ta définition en ajoutant, selon moi, une caractéristique importante de l’extrême droite.
        Pour ces groupes, les règles (in fine les lois) sont et doivent être engendrées par la violence (principalement physique) pour être légitimes.

  7. YOK 30 avril 2016 at 22:26 - Reply

    je suis allé à la nuit debout à nantes: grand succès de ceux qui promeuvent le tirage au sort de la « démocratie » athénienne de chouard.

    Et 2 gars qui prennent la parole et sortent que « la france doit retrouver sa souveraineté en quittant l’euro ».

    Le plus inquiétant c’est que personne n’a bronché…. Urgent d’y faire le ménage!!!

    • YOK 1 mai 2016 at 20:22 - Reply

      parmi les conspirationnistes qui ont infiltré nuit debout à Nantes: Clément Marot, Bruno Le Floch, Duarte Monteiro et Simon Louvet https://www.facebook.com/simon.louvet?fref=ts . Et en Vendée Thierry Noirtault https://www.facebook.com/thierry.noirtault?fref=ts

    • Veille Antifa Paris & Nantes 2 mai 2016 at 14:17 - Reply

      Au camarades de Nantes les incrtustes travaillant pour Chouard sont nombreuses et vraiment pas discrètes sur le net, et c’est le moins qu’on puisse dire. Parmi ceux qui comptent ramener la gangrène conspirationiste a Nuit debout Nantes, l’un des plus actifs est un Nantais qui se fait appeller Anthony Rêveur sur Face Book.

      Anthony Rêveur et un membre actif et un haut responsable de la clique des Gentils Virus et des Citoyens constituants, ni plus ni moins que les réseaux et les passerelles tissées entre Chouard et l’extrême droite. Une simple visite de sa page FB et vous serez vite fixé.

      On retrouve également dans cette petite bande le blogueur Nantais grand admirateur de Chouard et de Soral , Bruno Le Floch . On peut lire la prose Soralo-compatible de ce Le Floch sur son blog, entre autre celle-ci qui parle d’elle même.

      …….//leditodebruno.unblog.fr/2015/06/10/quelle-belle-quenelle-au-capitalisme/

      Le Floch était parti prenante et l’un des principaux Co organisateurs sur Nantes de l’opération ovni des « dissidents » en carton du Mouvement du 14 Juillet déjà évoqué à plusieurs reprises par la Horde.

      http://lahorde.samizdat.net/2015/07/15/le-mouvement-du-14-juillet-nouvel-ovni-de-la-dissidence/

      On l’a également vu souvent ce Le Floch à Paris aux coté de Sylvain Baron et du gourou fondateur du site de la « Démosophie » Eric Fiorile, citons également de la même bande de conspis Nantais, le trés actif Clément Marot un fan de black metal nazi grand ami du même Le Floch et de Tierry Noirtault un soralien convaincu originaire des Sables d’Olonne. Il suffit de quelques clics sur google pour s’apercevoir pour qui roule ce Noirtault. Idem pour la page Face Book du Clément Marot truffées de références à des groupes métal nazis comme Burzum ou Peste Noire.

      …… //droite.tv/thierry-noirtault-un-humaniste-au-coeur-grand-comme-ca-convoque-pour-apologie-de-terrorisme/

      …..//egaliteetreconciliation.fr/Plaidoyer-pour-Thierry-Noirtault-31705.html

  8. Veille antifa paname 29 avril 2016 at 19:11 - Reply

    Ils ne sont pas que confusionnistes ce sont des petits fachos amoureux de l’ordre et des coups de tonfa et de flashball point à la ligne.

    Johnattan Moadab le fondateur des sites d’extrême droite le Cercle des volontaires et l’Agence Info libre travaille maintenant officiellement pour l’agence de propagande du régime de Poutine Russia Today et ne s’en cache même plus , on passe encore un cran au dessus avec ces petits fachos confusionnistes qui disposent donc maintenant de plus en plus gros moyens pour diffuser leur propagande.

    Sa page Twitter Jonathan_RTfr où on peu le voir à longueur de post applaudir à la répression, en dit très long sur l’idéologie du personnage c’est a dire vive la police, l’ordre, le tonfa et les flasball.

    //twitter.com/Jonathan_RTfr?ref_src=twsrc^tfw

    La voix de ce Moadab est bien reconnaissable sur les vidéos publiées sur cet article de Russia Today.

    //francais.rt.com/france/19806-loi-travail-retour-sur-violences-sans-précédent

    Par ailleurs le pitoyable sous fasciste Sylvain Baron et qui s’est fait éjecter plus de trois fois de la Place de la république à publié sur son blog une longue ode à la police et à la répression « anti casseurs ». Tout en affirmant sur sa page FB qu’il continuerait à tenter de se rendre place de la République malgré la présence de que ce  » grand démocrate dissident » en carton appelle les milices antifa qu’il compte selon ses dires bien faire exfiltrer du mouvement en « Noyatant les ag ».

    //sylvain-baron.blogspot.fr/2016/04/police-mon-amour.html

    Et pour en revenir au cas Chouard qui ne voit jamais de fachos nulle part….

    Baron qui est un grand admirateur de Chouard entretient depuis des mois des relations cordiales avec celui-ci sur diverses page FB, il le verrait bien d’ailleurs à la tête d’un gouvernement « tiré au sort » de sa petite dictature fantasmée du Mouvement du 14 Juillet, mouvement néo poujadiste qu’il compte d’ailleurs relancer Juillet prochain.

    Ca risque encore de bien puer de la gueule tout ça.

  9. connard 28 avril 2016 at 22:01 - Reply

    Je vous félicite pour ce travail d’analyse, cependant je crois que vous n’étudiez que la partie visible de l’iceberg à savoir ce qu’est l’extrême-droite médiatiquement.

    Moi je me penche plutôt sur ce qui me paraît l’essentiel: leur nouvel électorat des couches populaires. Non seulement ces gens là ne sont pas vraiment des nostalgiques du 3ème reich, mais ce qui les pousse au vote FN n’a en fait pas grand chose à voir avec les méthodes de propagande « confusionnistes » que vous dénoncez.

    Ces gens-là se sont tournés FN pour une raison plus simple: parce qu’ils sont convaincus que certains ethnies représentent une menace réelle envers leur propre ethnie.

    C’est sur ce terrain d’idées là qu’il faut s’aventurer si vous voulez contrer la montée de l’extrême-droite. Je vous souhaite bon courage.

    • La Horde 29 avril 2016 at 09:31 - Reply

      « ils sont convaincus que certains ethnies représentent une menace réelle envers leur propre ethnie. » Peut-on savoir d’où tu tires cette affirmation ? Sur quelles bases ? Sur quels témoignages ? Et surtout, où vois-tu que ce sont dans les milieux populaires que le racisme est le plus virulent ? La composition sociologique des organisations d’extrême droite, dans leur grande majorité, montre plutôt le contraire…

      • connard 29 avril 2016 at 18:10 - Reply

        Je ne parle pas des organisations d’extrême-droite qui comptent effectivement une bonne concentration de petits-bourgeois néofascistes, je parle du nouvel électorat FN issu des classes populaires (classes populaires dont, pour rappel, un tiers vote FN, un tiers vote pour les autres partis, et un tiers vote pas, j’y peux rien moi c’est les chiffres.)

        Comment je sais ce qu’ils pensent les prolos du front national ? Ben c’est simple, vu qu’ils représentent un tiers des milieux populaires, ils représentent donc presque un tiers de mes connaissances, et comme avec le temps j’ai appris à discuter avec eux sans leur casser la gueule ou les insulter, donc je sais un peu comment ils pensent. Et sans vouloir faire le défaitiste je n’ai pour l’instant pas réussi à en convertir un seul à l’antifascisme.

        • anarkour 15 mai 2016 at 14:04 - Reply

          Je suis en partie d’accord avec connard. Je suis ouvrier/artisan dans le bâtiment depuis 20 ans, mon entourage, c’est le prolétariat et je suis dans un coin du Finistère sud où il y a un ancrage historique à gauche. Et ces temps ci, c’est une horreur, autour de moi.Les poncifs des confusionistes sont extrèmement répandus. Et j’aime beaucoup ce que vous faites, j’étais copain avec le SCALP à Nantes, il y a 20 ans, j’ai pas changé d’avis.

  10. nico 28 avril 2016 at 16:53 - Reply

    pourquoi toujours cet oubli de l’extrême droite islamiste?
    elle est bien présente dans les quartiers populaires pourtant.

    • La Horde 28 avril 2016 at 19:04 - Reply

      Il n’y a pas d’équivalent de Civitas chez les musulmans en France, désolé. Il y a des islamistes, mais qui n’ont pas d’expression politique publique et organisée, et encore moins les moyens de peser politiquement comme a pu le faire les nationaux-catholiques au moment des manifs homophobes de 2012-2014. Ni dans les quartiers populaires, ni ailleurs.

      • hopsin 19 mai 2016 at 19:27 - Reply

        Prés de 200 morts ce n’est pas rien quand même ! Le salafisme ( quietiste ou pas on s’en tape ) est trés présent dans les quartiers populaires a majorité musulmanes. Ne pas s’y intéréssé sous prétexte qu’il n’y a officiéllement pas d’organisation islamiste en France est une erreur monumentale.
        Aussi comme la souligné le racisme, ou plutôt la xénophobie est extrémement présente chez la classe ouvriére.
        Je suis intérimaire, je me charge d’encadrés les ouvriers intérimaires dans pas mal d’usine du Nord est. Il m’est déjà arrivé de me retrouvé au millieux d’une dizaine de jeune ( plutôt des sous prolétaire au vus de certains tatouage fais sois
        même au premier abords ) qui dégeulé des saloperis sur les ces bref dans une certaine frange du prolétariat il y a une certaine haine raciste qui vas de pair avec un sentiment de déclassement et d’injustice qu’on ne peut niers. Et c’est trés inquiétant. On sais ce qu’il ce passe dans certains coins de Picardie, c’est pas le genre de jeune facho a former des groupes millitant comme le BI…

  11. Cyril 28 avril 2016 at 07:26 - Reply

    L’Extrême Droite infiltre aussi le milieu autonomiste (plutôt à Gauche en France) et traditionnellement aussi le milieu païen, c’est insupportable.

  12. torpen 27 avril 2016 at 12:17 - Reply

    il serait également très utile de connaître l’infiltration des milieux écologistes par les fafs !

  13. Toto 26 avril 2016 at 19:51 - Reply

    dès que j’entends accuser Etienne Chouard d’être d’extrême droite je sais que j’ai affaire à un imbécile « de gauche », mais un imbécile quand même. Et puisque le parti s vient d’allumer l’orchestre à faire danser les cons, ils vont pas tarder à se précipiter en piste.

    • La Horde 27 avril 2016 at 10:11 - Reply

      Si tu lisais les textes avant de les commenter, tu verrais qu’on n’a jamais prétendu que Chouard était d’extrême droite (du coup, c’est toi l’imbécile). Son problème, c’est qu’il fait comme si l’extrême droite n’existait pas, ou du moins il feint de ne pas reconnaitre un fasciste quand ça se voit comme le nez au milieu de la figure (Soral) mais n’hésite pas à traiter de fasciste celles et ceux qui lui font remarquer (nous).

  14. Gédécé 25 avril 2016 at 11:56 - Reply

    excellent. ça nous change de la bouillie indigeste des enragés. Je garde au chaud cette brillante analyse dont je voudrais bien savoir qui l’a écrite tant j’en suis jaloux…

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