Hongrie : une figure de l’extrême droite faite citoyen d’honneur à Budapest

2 avril 2016 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Lu sur Hulula :

schusterDans le bulletin municipal qui lui est consacré, nulle trace de l’engagement politique de Lóránt Schuster, nouveau citoyen d’honneur du huitième arrondissement de Budapest. Posant fièrement en « une » aux côtés de l’édile local, Máté Kocsis, l’acteur et leader du groupe de rock P. Mobil est pourtant aussi une personnalité marquante de l’extrême-droite hongroise.

Député durant la sixième législature, il est connu au début de sa carrière politique comme militant du « Parti hongrois pour la vie » (Miép), dont le leader István Csurka, célèbre pour ses saillies antisémites, était un proche de Jean-Marie Le Pen. En 2003, il fait partie des principaux fondateurs du Front national hongrois (Magyar Nemzeti Part), mouvement radical d’inspiration hungariste. Si le parti reste peu visible sur la scène politique hongroise, il se fait régulièrement remarquer pour raviver la mémoire de l’affaire de Tiszaeszlár, symbole de l’agitation antijuive de la fin du XIXe siècle, souvent comparée à l’affaire Dreyfus en France.

De gauche à droite : Kocsis au Miép dans sa jeunesse et aujourd'hui ;   István Csurka et Jean-Marie Le Pen en 2003 ; le logo du Magyar Nemzeti Part.

De gauche à droite : Kocsis au Miép dans sa jeunesse et aujourd’hui ; István Csurka et Jean-Marie Le Pen en 2003 ; le logo du Magyar Nemzeti Part.

Il est difficile de ne pas faire le rapprochement entre cette distinction et le passé du maire d’arrondissement Máté Kocsis. Aujourd’hui membre du Fidesz de Viktor Orbán, son passé au Miép à la fin des années 1990 a été rendu public en 2009. Connu pour sa politique musclée contre les « marginaux » et les « déviants », l’élu est devenu ces dernières années une étoile montante du parti au pouvoir, au point d’être pressenti pour succéder un jour à l’actuel maire de la capitale, István Tarlos. La promotion de son ancien compagnon de route Lóránt Schuster comme « exemple à suivre » pour les futures générations, est certes un signe inquiétant en soi. Mais le plus dramatique dans cette histoire est sans doute l’indifférence totale qu’elle suscite.

Consulter le magazine de Józsefváros.

Laisser un commentaire »