Belgique : des militants de Nation condamnés pour l’agression d’un SDF

19 février 2016 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet
Lu sur RésistanceS.be (infos complétées le 20/02/2016) :
NationMercredi matin, le tribunal correctionnel de Bruxelles a rendu son jugement dans le procès de cinq militants et d’un dirigeant de NATION, un mouvement d’extrême droite de tendance « national-solidariste » fondé en 1999, entre autres, par des dissidents du Front national belge et du Front nouveau de Belgique. Les six militants d’extrême droite ont été condamnés à des peines de prison (entre 9 et 18 mois), avec sursis et à des peines d’amende pour coups et blessures. Ces illustres représentants de NATION furent inculpés pour la ratonnade d’un SDF belge d’origine polonaise, ainsi que pour d’autres coups et blessures sur des militaires en faction à l’entrée du Parlement européen de Bruxelles devant lequel ce passage à tabac fut commis, et sur des policiers durant une arrestation rocambolesque. Ce « fait divers » s’est déroulé le 1er juin dernier, après une tentative militante organisée par NATION, en collaboration avec deux groupes identitaires flamands, pour empêcher une manifestation légale de demandeurs d’asile dans le quartier européen de Bruxelles.
La principale victime de ce commando paramilitaire de NATION avait alors été identifiée comme un militant antifasciste par ses agresseurs, comme l’enquête judiciaire le démontrera.

« Au contact » à six contre un !

Dans ses aveux, après son arrestation, Pascal C, l’un des auteurs de ce lynchage, ex-secrétaire général de NATION mais toujours membre de son comité exécutif, affirma que, se sentant menacé par ce SDF à l’allure de gauchiste, il était parti avec ses camarades « au contact ». A six contre une seule personne.
Les membres de ce véritable gang urbain ultra-violent se sont alors lancés à l’assaut de leur proie, en mettant au préalable leurs gants de combat et chaussés de leurs bottines militaires. Pour le passer – de la tête aux pieds – à tabac. Soyons précis : « Pour lui donner une leçon » après avoir été « au contact », comme le rappela la Procureure du roi, lors de l’audience du 15 décembre dernier.
Le terme « aller au contact » est utilisé dans les modes opératoires militaires ou par les voyous adeptes de la bagarre de rue. Il signifie aller en direction d’un ennemi pour riposter et lui infliger des coups afin de le neutraliser. Dans des manifestations ou durant des actions commandos, comme actuellement à Calais contre des migrants, des nervis d’extrême droite vont régulièrement « au contact ». Ce savoir-faire est une de leur spécialité. Les « six de NATION » le firent, en juin dernier, avec les résultats que l’on sait.
Mais combien d’autres violences sont restées impunies pour la simple et bonne raison qu’aucun témoin ne fut présent ? Pour rapporter les faits et aider les victimes à déposer plainte ? Comme cette personne d’origine étrangère qui reçut, gratuitement, un coup de poing au milieu de la foule de la rue Neuve à Bruxelles, il y a plusieurs années. Son crime ? Avoir croisé par hasard le chemin d’un futur dirigeant de NATION, accompagné d’une jeune nouvelle recrue.

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