Entre passé et présent, présence antifa lors d’un voyage en Espagne

1 février 2016 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

The hillsides ring with « Free the people »,
Or can I hear the echo from the days of ’39?
With trenches full of poets,
The ragged army, fixin’ bayonets to fight the other line.
Spanish bombs rock the province,
I’m hearing music from another time.

 [Les collines résonnent au son de « Libérez le peuple »,
Ou puis- je entendre les échos des journées de ’39?
Avec les tranchées pleines de poètes,
L’armée irrégulière, fixant les baïonnettes afin de combattre l’autre ligne.
Les bombes espagnoles ébranlèrent la province,
J’entends une chanson d’une autre époque.]

The Clash, « Spanish bombs »

« Les milices ont besoin de vous ! »

« Les milices ont besoin de vous ! »

Dans leur fameuse chanson « Spanish bombs », les Clash font référence à la Guerre civile espagnole et à la Révolution qui eut lieu de manière concomitante (1936  – 1939).  Cet épisode de l’Histoire revêtit une importance toute particulière. Ce fut la dernière possibilité laissée à la vague révolutionnaire de l’entre-deux guerres de barrer la route au fascisme et au déchainement d’un nouveau conflit mondial, tout en imposant une révolution libertaire en Europe. Comme on le sait, la Révolution fut trahie et écrasée et peu de temps après la République subit le même sort, laissant le champ libre pour la dictature franquiste. Il était déjà « minuit dans le siècle »…

Les paroles semblent décrire le voyage d’un touriste britannique visitant l’Espagne plusieurs décennies après. Il a beau se rendre dans le « disco casino », prendre un avion DC 10 ou des bus se rendant à toute vitesse aux hôtels, mais il ressent que sur ces terres, il y a pas si longtemps, quelque chose de grandiose s’y était produit et que l’Espagne ne se limite pas à des beaux paysages et au tourisme. Partout, il perçoit une présence, il entend des sons, des chansons héritées d’une autre époque où « les combattants de la liberté (…) chantèrent le drapeau rouge, […] portèrent le noir »

Ce sentiment habite quiconque qui défendant les valeurs révolutionnaires de l’anticapitalisme et de l’antifascisme se rend en Espagne. En gardant en tête les paroles de Federico Garcia Lorca (écrivain et poète espagnol assassiné par les fascistes) et de George Orwell (dont la lutte dans les rangs du POUM sont décrites dans son livre « Hommage à la Catalogne »), on ne peut visiter ce pays sans penser à la résistance opposée au fascisme. Résistance qui se traduisit notamment (et en Catalogne en particulier), en révolution libertaire.

Voyage antifaC’est dans cet état d’esprit que l’occasion me fut donnée de me rendre à Barcelone (point culminant de l’insurrection libertaire) et à Alicante (Communauté Valencienne, sud-est de l’Espagne), fin janvier 2016. La présence antifa était bien visible dans les rues des deux villes, en particulier dans cette dernière où, il y a peu, des fascistes avaient décidé de salir les murs de la ville avec leurs autocollants avant de les voir tous soit arrachés soit recouverts par ceux des antifascistes.

Ce fut également l’occasion de découvrir les différents groupes actifs sur place. Ces activistes sont les témoins de que la lutte antifasciste n’est pas un lointain souvenir appartenant aux livres d’histoire ; elle fait partie des pages qui s’écrivent aujourd’hui et sera amenée, tout comme hier, à jouer un rôle plus que décisif dans l’ouverture d’une perspective révolutionnaire.

Barcelone, 20 janvier 2016

Voyage antifaPrès du parc Guëll, autocollant du groupe d’ultras antifas catalans Desperdicis Llibertat.

Voyage antifaDans le quartier populaire du Raval (centre-ville), sticker de la CGT (Confédération Générale du Travail, syndicat anarcho-syndicaliste, proche de la CNT Française dite de « Vignoles ») : « Toutes les immigrées sont légales – Nous sommes toutes des réfugiées ». On remarquera la totale féminisation du slogan…

Voyage antifaAlicante, 22 janvier 2016

En arrivant à Alicante, l’une des premières choses remarquées dans le centre-ville furent des autocollants de la Phalange collés de manière très ostentatoire. Historiquement, il s’agissait d’une organisation fasciste fondée par le fils de Primo de Rivera, dictateur espagnol de 1923 à 1930. Aujourd’hui, ce mouvement n’est représenté que par quelques groupuscules d’extrême droite.

Malheureusement, pour eux, les antifas sont passé-es par là et n’ont pas manqué de recouvrir leurs stickers :

Voyage antifa

Autocollants de l’Action Antifasciste d’Alicante :
« Alicante zone antifa ! » et « Alicante antifasciste – Les nazis dehors ».

Voyage antifa

Action Antifasciste – Pays Catalans

Voyage antifa

Sur un banc public : « Réfugiés bienvenus ».

Pour suivre l’actualité des groupes de la région :
Plateforme Antifasciste Catalane
Coordination Antifasciste de l’état Espagnol

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