Essonne : le FN fait retirer une fresque réalisée par des élèves il y a 20 ans !

18 janvier 2016 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Il y a une dizaine de jours, le Front national  a obtenu le retrait d’une fresque réalisée par des élèves il y a une vingtaine d’années de l’un des murs du lycée de l’Essouriau aux Ulis. Le motif ? Elle comporte une phrase extraite d’une chanson qui serait selon lui un appel au meurtre des militants FN. L’avocat Talleyrand de Saint-Just, tête de liste FN aux dernières régionales en Île-de-france n’a pas peur d’en rajouter et déclare que cette « menace est à prendre très au sérieux en ces temps de danger extrêmes d’attentats terroristes« . L’affaire a inspiré au site Quartiers libres quelques commentaires (extraits) :

fresque anti-FNAvec le FN, pas de tabou, chacun dit ce qui lui plaît. C’est la liberté de cracher sur tout le monde et de travestir la réalité à sa guise. Dans nos quartiers, cette seconde ligne de défense du FN s’écroule aussi vite que la première quand elle se confronte au réel, en dépit des bobards de Soral et Dieudonné. Le FN vient de porter plainte pour une fresque peinte il y a 20 ans au lycée de l’Essouriau aux Ulis.

La raison ? La fresque peinte dans le milieu des années 90, quand les militants du FN tuaient des noirs et des arabes et qu’il y avait encore un peu de réprobation (une époque sombre pour la liberté d’expression), fait aujourd’hui tache. Les temps ont changé : avant on pouvait critiquer avec virulence un parti qui avait pour épine dorsale politique le racisme ; aujourd’hui, ça semble plus délicat. Le caractère artistique de l’œuvre n’est pas remis en cause mais, du côté de l’Académie, on se prépare au changement de constitution : « Il [le dessin] date d’une vingtaine d’années et avait été réalisé par des élèves dans un cadre artistique. Cette phrase malheureuse n’a pas lieu de demeurer. La libre expression doit être encouragée au sein de l’Education Nationale mais elle ne doit pas enfreindre la neutralité du service public ».

Aujourd’hui, dire du mal du FN, c’est quasi faire preuve de bi-nationalité, et par conséquent mériter la déchéance de nationalité. La police vote à 70% pour le FN. On a donc de quoi se sentir en totale insécurité quand on habite dans une banlieue et qu’on a le profil à passer un été sur trois au bled. Exprimer sa colère en dessins ou en chansons vis-à-vis d’un parti ou d’un groupe politique dont les militants ont tué des nôtres, c’est aujourd’hui devenu interdit et intolérable.
Cette plainte du FN en dit long sur qui aujourd’hui dicte sa loi et sa vision du monde. Cela fait passer toutes les postures de rebelles et de « discriminés » de l’extrême droite pour ce qu’elles sont, c’est à dire des impostures.

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