Histoire express des migrations en France (Ritimo)

12 décembre 2015 1 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

En complément des réponses aux préjugés sur les migrations que nous publions tout au long des semaines à venir en partenariat avec Ritimo, voici une rapide histoire des migrations en France, en complément à l’argumentaire 

La France «accueille» des migrants dès le Moyen- âge, pour servir l’armée ou faire tourner les commerces. À partir du 16e siècle, des artistes, comédiens, peintres se joignent aux rangs des artisans, des pêcheurs, des agriculteurs qui arrivent en France. C’est vers la fin du 18e siècle que naît la notion de « nation » et l’idée que la qualité de Français(e) est attribuée à une personne née sur le sol français.

immigrationHIst02De 1820 à 1914, les révolutions politiques et industrielles alimentent une migration de masse, en provenance des pays voisins. Les besoins de main d’œuvre dans l’agriculture, le textile, dans les mines et dans les industries, en pleine mutation, sont immenses. Les travailleurs immigrés occupent les postes les plus durs et les plus mal payés.

immigrationHIst01Sous la Troisième République, les immigrés subissent couramment des violences physiques et des lynchages, notamment les Belges et les Italiens. L’État réagit en durcissant les conditions d’embauche et de séjour en France : dès 1888, les travailleurs immigrés doivent demander une autorisation à la mairie pour travailler et être immatriculés par « la feuille de 46 sous », l’ancêtre de la carte de séjour.

immigrationHIst03Les guerres mondiales sont des occasions de recrutements massifs d’étrangers, pour servir dans les bataillons de la France: Algériens, Indonésiens, Sénégalais, Marocains, Malgaches… participent à l’effort de guerre, parfois sous la contrainte.

immigrationHIst04Les migrants économiques continuent aussi d’affluer dans l’entre deux guerres : à côté des Belges, des Italiens et des Espagnols, de nouveaux migrants débarquent : Polonais, Turcs, Arméniens, habitants de l’ancienne Autriche- Hongrie… Mais la crise des années 1930 déclenche de nouveau des réactions hostiles à leur égard : la xénophobie revient. L’État réagit par une loi, dès 1932, qui contingente l’emploi pour les étrangers.

immigrationHIst05En 1939, la France fait de nouveau appel à ses soldats venus des colonies: 120 000 s’engagent pour servir les intérêts de la France. Dans l’après-guerre, une nouvelle vague de migrants construit les Trente Glorieuses. La France manque de main d’œuvre et cherche à renouveler sa population. L’immigration de travail et familiale sont encouragées. Mais à partir de 1974, la France entre en récession. Le gouvernement suspend l’entrée des travailleurs étrangers et met en place des politiques d’aide au retour. Les thèses xénophobes réapparaissent et les étrangers portent le chapeau d’un chômage qui s’installe durablement. Parallèlement, le nombre de demandeurs d’asile augmente massivement: des Boat people arrivent du Vietnam, du Cambodge, du Laos. Mais le statut de réfugié est de plus en plus difficile à obtenir et beaucoup de ces gens persécutés dans leur pays viennent grossir les rangs de sans-papiers en France.

immigrationHIst06Depuis les années 1980, l’immigration est devenue un sujet politique majeur en France. Dans un contexte de crise économique, conjuguée à la montée des discours anti-immigration comme ceux du Front National, les gouvernements, de gauche comme de droite, ont mis en place des mesures législatives et policières pour contrôler les migrations. Malgré quelques opérations de régularisations massives, la France a progressivement durci les conditions d’entrée et de séjour sur son territoire. Ces lois dissuasives n’empêchent pourtant pas les migrants de tenter leur chance vers l’eldorado européen. Quoiqu’on en pense, l’immigration fait partie de notre histoire. Par sa force de travail, sa force de combat, par ses apports historiques, sociaux, culturels, par sa jeunesse…, l’immigration a considérablement enrichi la France d’hier, d’aujourd’hui et reste une gageure pour la société de demain.

Aujourd’hui, non seulement il n’y a pas trop d’immigrés, mais les flux ne doivent pas se tarir car notre société ne peut pas se passer de toutes les richesses apportées par les migrants : leurs apports économiques, sociaux et culturels, ainsi que leur population rajeunie nous sont bien trop précieux.

Source : Deux siècles d’histoire de l’immigration en France, film réalisé par des historiens de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, juillet 2006.

Un commentaire »

  1. Pierre 12 décembre 2015 at 15:55 - Reply

    Salut tou(te)s !

    Bon… L’intérêt de la France… Ce n’est pas l’intérêt de la France dont il faut parler mais de celui de sa bourgeoisie qui a profité du bien public pour mettre en place ce qui allait lui permettre d’asservir les peuples des colonies. C’est ce que disait des types comme Fernand Pelloutier, patriote et anarchiste, fondateur des Bourses du travail.

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