Millau (12) : retour sur la journée « Permis de tuer »

30 juin 2015 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Samedi 27 juin 2015 s’est tenue à Millau (12) la journée « Permis de tuer », 3 ans après la mort du jeune Nabil, tué par deux agents de la Brigade Anti-Criminalité. Pendant plus de deux heures, un forum-débat à eu lieu avec plusieurs intervenants.

27juin-DEBATDans un premier temps, Dounia Mabtoul, sœur de Nabil, est revenue en détail sur les mensonges policiers concernant la nuit de la mort de son frère, ainsi que sur la façon dont elle et sa famille ont par la suite été traités par la police, la justice et les politiques. Alors qu’un de leur proche vient de perdre la vie, ils sont traités en coupables, comme des indésirables. Aujourd’hui encore, les quelques lignes du rapport d’autopsie constituent l’unique et maigre information sur les circonstances de la mort de Nabil, abattu par balle à bout portant, alors que son véhicule était immobile. Cette absence d’information empêche ainsi toute la famille de faire son deuil.

Ensuite, Farid El Yamni, frère de Wissam, tué par la police à Clermont Ferrand, et co-fondateur du collectif « Urgence Notre Police Assassine », a insisté sur le caractère structurel de ce que les médias qualifient de « bavures ». Il a rappelé le processus, quasiment identique, de chaque bavure : un jeune basané se fait tuer, la hiérarchie policière donne diverses versions se contredisant, afin de protéger les tueurs, la victime se retrouve elle-même accusée, via l’utilisation d’éléments de langage bien précis.

Enfin, la justice freine les investigations de la famille et finit, au terme de procédures très longue par acquitter les meurtriers, comme récemment les policiers responsables de la mort de Zyed et Bouna (le procès aura duré 10 ans). Farid El Yamni a aussi démontré que ces crimes et violences policières s’inscrivent dans un contexte historique colonial et un contexte social de lutte de classes.

Enfin, après un bref historique sur l’histoire de la Brigade Anti-Criminalité à Millau, le réseau No Pasaran a quand a lui insisté sur le lien indissociable entre la police et le pouvoir politique, ce qui explique pourquoi les policiers meurtriers sont toujours défendus par l’État.

27juin-CONCERTEn soirée, un apéro-concert de solidarité avec les victimes de la police s’est tenu au café « La Loco », avec la participation des groupes Rascarcapac (rap, Béziers), Cosmic Citrouille (électro hip-hop, Larzac), La Vermine (rap, Toulouse) et Sticky Snake (rap, Brest).

Groupe No Pasaran 12

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