À la mémoire de Clément (compilation de textes)

3 juin 2015 5 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Clément GraffDu 4 au 7  juin prochains sont organisées des manifestations pour que la mort de Clément Méric ne soit ni oubliée ni pardonnée : à Paris, à Lille, à Toulouse, à Tours, à la Roche-sur-Yon, à Angers, à Besançon… Pour mémoire, voici quelques extraits de textes écrits sur et pour Clément.

Le rappel des faits

Communiqués d’ organisations

Hommages en France et en Europe

Pour Clément : La rage au cœur, ne jamais oublier, ne jamais pardonner

Manifestation en mémoire de Clément Méric, samedi 7 juin 2014 à Paris.

Manifestation en mémoire de Clément Méric, samedi 7 juin 2014 à Paris.

Clément n’a pas été assassiné seulement par une bande de fascistes. Il n’a pas été assassiné seulement par l’extrême-droite reconnue comme telle. Clément est plus largement la victime de la montée à grande vitesse des idées les plus nauséabondes et de leur banalisation, en France et ailleurs en Europe. Clément a aussi été tué par le racisme – et en particulier l’islamophobie –, la xénophobie, l’homophobie d’Etat. Nous avons vu l’homophobie défiler dans nos rues sans complexe pendant des mois. Cela fait des années que l’islamophobie occupe l’espace politique et médiatique, accompagnée de son lot de menaces, de vexations, d’agressions – de plus en plus violentes. La « bête immonde » ne naît pas seule. La confiance dont fait preuve l’extrême-droite est permise par et se nourrit des discours et des pratiques racistes, xénophobes, homophobes, provenant des institutions de pouvoir. [texte intégral]

Sud Étudiant Sciences Po

Clément Méric et ses combats

Clément_portraitIl arrivait de « Brest la Rouge » où il avait fait ses premières armes dans les mouvements lycéens. Dans le milieu militant aseptisé de Sciences po Paris, qui ne brille ni par son ouverture sur l’extérieur ni par sa radicalité, Clément s’était tourné vers Solidaires Étudiant-e-s. Celui qui s’était présenté comme un militant CNT avait le syndicalisme révolutionnaire chevillé au corps. Il était convaincu, non seulement de la nécessité de la lutte, mais de la nécessité de l’auto-organisation à la base, et son discours tranchait avec la rhétorique préfabriquée des militants en carton et des apprentis bureaucrates qui arpentent les couloirs de cet établissement.

Clément avait une éthique libertaire, il tenait en horreur tous les corporatismes et tous les opportunismes. Il n’était pas là pour occuper le devant de la scène ou pour manipuler en coulisse. Clément était antifasciste. Veilleur infatigable, il ne transigeait pas. Ni avec l’extrême droite, ni avec ses idées, dans une école où l’entre-soi conduit parfois la gauche « propre sur elle » à tutoyer la droite la plus réactionnaire, avec complaisance et au nom du débat d’idées. Clément était, aussi, antispéciste : et c’est avec pédagogie qu’il défendait son point de vue sur l’antiproductivisme ou sur la cause animale, même lorsque nous nous montrions sceptiques, ironiques et pour tout dire, ignorants. Au-delà de sa personnalité attachante, nous aimions Clément Méric car il n’était ni dogmatique, ni sectaire. [Texte intégral]

Texte de Fabien, cousin de Clément

01_Manifestation_Clement_Meric_7-juin-2014_©_Yann_LevyUne brassée de fleurs, ça sert à rien. J’ai envoyé des condoléances, mais ça sert à rien. J’ai appelé la famille, mais ça sert à rien. Aujourd’hui, tout paraît inutile. Le pire c’est que je n’arrive même pas à haïr les fafs qui ont démoli mon cousin. Des pauvres types… Des pauvres pauvres pauvres types… Des idiots comme il y en a des tonnes dans les rues de France. Pas éduqués… Laissés tout seuls. Et attisés par la libération -pardon : la décomplexation- des discours de droite. À eux, je leur en veux !!!… Eux je les déteste : les Guéant, Hortefeux, Sarkozy, le Pen, Frigide mes Couilles, Copé. Les « doux ». Ceux qui s’offusquent, main sur le cœur. « Je ne fais que dire tout haut ce que les Français pensent tout bas… contre la pensée dominante » Salauds ! Salauds ! [texte intégral]

Solidarité madrilène

Madrid

Madrid

Cette tragique histoire, nous la connaissons bien. Clément est l’un de ces si nombreux jeunes assassinés par des fascistes, un flot incessant alimenté par les structures d’un système capitaliste en décomposition et abreuvé du sang d’une jeunesse qui n’est pas disposée à tolérer passivement un système injuste basé sur l’exploitation et la soumission. Depuis Madrid, nous voulons aujourd’hui présenter nos condoléances aux camarades de Paris. Mais demain, nous devrons démontrer que nous, antifascistes, ne sommes pas des moutons attendant notre tour pour entrer à l’abattoir. C’est la tâche de la jeunesse antifasciste et révolutionnaire de ne pas perdre une minute et d’organiser la dure lutte qui nous attend. [texte intégral]

Coordination antifasciste de Madrid

Après la tristesse vient la colère (tract de la manif du 23 juin)

Manif pour Clément Paris 23 juin 2013

Manif pour Clément Paris 23 juin 2013

Le retour à la normale n’est plus acceptable, un bulletin dans l’urne ne fait pas barrage au fascisme. Défiler symboliquement pour soulager sa conscience puis retourner à son quotidien comme si de rien n’était, comme ce fut le cas le 21 avril 2002, n’est pas suffisant. Opprimé-e-s, exploité-e-s, discriminé-e-s, révolutionnaires, progressistes, syndicalistes, militant-e-s politiques, comme Clément nous défendons la justice sociale et l’égalité des droits face à celles et ceux qui souhaiteraient nous écraser. Clément n’est pas seulement mort pour ses idées, il est mort pour nous et cette idée nous est insupportable. Pour lui, pour ses combats, nous avons le devoir de faire que son dernier jour soit le premier d’une riposte antifasciste unitaire sans précédent. De l’union de nos forces dépendra le succès de futures mobilisations. [Texte intégral]

Poème pour Clément

Graph ClementClément comme Jean-Baptiste
au temps des cerises tu
disparais c’est bien triste
comme ça abattu
dans ce pays où tu
combattais les fascistes

Cléments nous le sommes trop
dans ce pays où tu
avais des idées en trop
pour ces crânes obtus

[suite]

récupération médiatique de la mort de Clément

Cologne

Cologne

La mort d’un jeune homme de 18 ans sous les coups de militants racistes est un fait politique. Les rassemblements à sa mémoire sont eux aussi un fait politique. Quand les médias se sont bornés à informer sur ces faits et à les commenter pour eux-mêmes, ils ont fait leur travail. Autre fait politique : les formations politiques se sont emparées de ces faits pour les interpréter dans leur propre perspective et leur donner la suite de leur choix. Occasion a été ainsi donnée à une petite cohorte d’éditocrates de prendre de la hauteur et de transformer en problème majeur la « récupération politique », réelle ou supposée, sans se préoccuper d’une indéniable récupération médiatique. Or celle-ci est elle-même un fait politique et médiatique : une récupération destinée à transformer l’information en spectacle de l’information et le débat en spectacle du débat. [Texte intégral]

Acrimed

Esteban Morillo est bien un militant de Troisième Voie

SlideEstebanVoici la preuve incontestable et définitive qu’Esteban Morillo, l’assassin de notre camarade Clément, est un militant de Troisième Voie, groupe d’extrême droite dirigé par Serge Ayoub. On observe sur cette photo Esteban Morillo (vêtu d’un tee shirt Troisième Voie) en compagnie d’un certain nombre d’autres militants dont leur leader Serge Ayoub. (…) Certains médias, dans leur recherche du scoop et du sensationnel, se sont empressés de [lui] donner la parole. L’occasion était trop belle pour l’extrême droite et le comportement irresponsable de certains leur a permis d’étaler leur propagande mensongère et de jouir, une nouvelle fois, d’une exposition de grande ampleur à peu de frais. [Texte intégral]

AFA Paris Banlieue

On se souviendra…

02_Manifestation_Clement_Meric_7-juin-2014_©_Yann_LevyÀ la télé, en ce moment, ils parlent d’ « altercation ». De « rixe ». De « face-à-face entre extrême-droite et extrême-gauche ». À vomir. Ils disent qu’il ne faut pas tout mélanger. Qu’il faut éviter les amalgames. Que c’est tragique, mais qu’il ne faut pas vouloir tout interpréter, tout analyser, tout généraliser. Alors c’est comme ça, ils parlent de « bagarre ». À vomir.

18 ans. C’est ton âge. On ne doit pas mourir à 18 ans. 1995. C’est ton année de naissance. C’est aussi l’année où des fachos ont noyé Brahim Bouarram, lors du défilé annuel du FN. Chaque 1er mai, depuis 18 ans, on se souvient de la mort de Brahim. Chaque 5 juin, désormais, on se souviendra de ta mort, Clément. On se souviendra, comme le 1er mai, que l’extrême-droite tue. On se souviendra, comme le 1er mai, que le fascisme n’est pas mort. Que le ventre est toujours fécond. On s’en souviendra. [Texte intégral]

Julien Salingue

Antifascisme : notre irréversible colère

Dès le lendemain de la mort de Clément Méric, les organisations où il militait, l’Action antifasciste Paris-Banlieue et Solidaires Étudiant-e-s, tout comme l’union syndicale Solidaires, ont initié un travail unitaire large pour que « son dernier jour soit le premier d’une riposte antifasciste unitaire sans précédent », pour reprendre les termes de l’appel signé par une partie des organisations à l’origine de la manifestation du 23 juin. Mais le nombre de celles appelant à cette dernière ne peut faire oublier que l’unité, sur ce sujet comme sur d’autres – et c’est la marque dramatique du recul de la conscience antifasciste dans les rangs de la gauche – est un combat.

clement meric-09Alors que des mobilisations avaient lieu dans les autres régions le 22 juin, le 23, 8 000 personnes ont défilé à Paris. Si les cortèges étaient dynamiques et offensifs, si la solidarité antifasciste internationale avait permis que soient présents des Grecs, des Italiens, des Anglais, des Allemands… force est de constater que la colère n’a pas atteint l’ampleur de la mobilisation de 2002, entre les deux tours de l’élection présidentielle, ou de celle qui a suivi l’assassinat de Brahim Bouarram par des militants d’extrême droite. [Texte intégral]

 

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