Le devoir de mémoire contre tous les nationalismes : il y a 100 ans, le génocide arménien

25 avril 2015 1 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Le samedi 24 avril 1915, à Istambul, capitale de l’empire ottoman, 600 notables arméniens sont assassinés sur ordre du gouvernement. C’est le début d’un génocide, le premier du XXe siècle. Il va faire environ 1,2 million de victimes dans la population arménienne de l’empire turc.

C’est le lent démantèlement de l’Empire Ottoman qui mena au pouvoir les fractions politiques les plus virulentes contre les minorités qui composent cette région immense à la fin du XIXe siècle. C’est au nom d’une idéologie raciste que furent menées deux vagues successives d’attaques violentes contre les arméniens qui peuplent cette région : tout d’abord entre 1894 et 1896, puis lors de la Grande Guerre de 1914-1918.

génocide_arménienPersonne ne conteste ces massacres qui ont fait près d’un million et demi de morts faisant ainsi disparaître deux tiers de la population arménienne de l’Empire Ottoman. La contestation qui a encore cours aujourd’hui consiste à nier la planification et l’objectif d’éliminer tous les Arméniens (le génocide), et il existe aussi un désaccord sur le nombre des victimes. Pourtant beaucoup d’historiens et de centres d’histoire ont rassemblé nombre d’archives du gouvernement turc et des instances consulaires, en particulier des écrits du ministre de l’Intérieur Talaat Pacha (assassiné à Berlin le 16 mars 1921 par un jeune Arménien) qui écrivit par télégramme durant la première guerre mondiale : « Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l’âge, ni du sexe. Les scrupules de conscience n’ont pas leur place ici » ou encore : « Il a été précédemment communiqué que le gouvernement a décidé d’exterminer entièrement les Arméniens habitant en Turquie. Ceux qui s’opposeront à cet ordre ne pourront plus faire partie de l’administration. Sans égard pour les femmes, les enfants et les infirmes, si tragiques que puissent être les moyens d’extermination, sans écouter les sentiments de la conscience, il faut mettre fin à leur existence ».

Source : Rebellyon.info

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  1. et 25 avril 2015 at 20:46 - Reply

    Une femme dans la guere
    1911: ZABEL ESSAYAN
    Dans les ruines
    2011; Traduction française
    Les massacres d’Adana, Avril 1909

    ( Document décrivant la montée de l’ultra nationalisme turque et la préparation du génocide par les différents groupes s politiques ultraconservateur au pouvoir à l’époque

    Biographie :

    Zabel Essayan (née à Scutari en 1878, morte pendant sa déportation en 1943, en Transcaucasie (?) ), née Zabel Hovhannessian, est une romancière arménienne qui a parcouru l’Europe pour défendre la cause de son peuple. Elle demeure célèbre en tant qu’écrivain et intellectuelle pour son chef-d’œuvre : Dans les ruines, écrit pendant les massacres d’Adana en 1909 et publié en 1911.
    Zabel Hovhanessian naît en 1878 à Scutari dans un quartier de Constantinople. Après ses études primaires et secondaires elle migre pour la France à l’âge de dix-sept ans et s’installe à Paris. Elle suit les cours de littérature et de philosophie à l’université de la Sorbonne ainsi qu’au Collège de France. Elle rencontre le peintre Tigran Essayan et ils se marient en 1900.
    En 1895, Zabel Essayan publie son premier poème en prose dans la revue Tsakhik (« Fleur »). En 1902, à 24 ans, elle retourne à Constantinople et devient enseignante. En 1909, à la suite des massacres de Cilicie, elle devient membre de la commission d’enquête créée par le Patriarcat arménien de Constantinople et la Croix-Rouge et se rend à Adana, où elle séjourne pendant trois mois.
    Elle publie en 1911 son livre majeur, le roman Dans les ruines. Ce livre porte sur les massacres d’Adana et témoigne d’une réflexion sur la violence. En 1915, elle échappe à la déportation et à la mort lors du génocide arménien en vivant dans la clandestinité à Constantinople. Elle fuit en Bulgarie, puis, elle part pour le Caucase et devient membre du Conseil des Arméniens occidentaux en 1917[ Après la Grande Guerre, elle collabore aux travaux de la Délégation de la République arménienne à Paris. Elle s’occupe des secours aux réfugiés et aux orphelins dans divers centres du Proche-Orient. Elle devient journaliste et dirige le journal Erevan et participe aux activités littéraires de son temps. Elle est célèbre pour l’écriture dans les années 1920 d’un beau texte littéraire, sans être féministe pour autant : Le rôle de la femme pendant la guerre. En 1926, elle part pour l’Arménie soviétique. Elle revient en France et écrit son Prométhée déchaîné qu’elle publie à Marseille en 1928.
    En 1933, elle quitte l’Europe et s’installe définitivement en Arménie à l’invitation du gouvernement, où elle devient titulaire de la chaire de littérature occidentale à l’Université d’État d’Erevan. Son dernier livre, Les Jardins de Silihdar, paraît en 1935 à Erevan. Mais ses projets éditoriaux s’arrêtent avec les Grandes Purges staliniennes de 1937. Elle meut en déportation en 1943.

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