Front national : et si…

17 mars 2015 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Le site Mémorial 98 s’est amusé à imaginer quelles seraient les conséquences d’une victoire du Front national aux élections départementales de la fin du mois : éducation, solidarité, aides sociales, chaque point du programme est mis en œuvre, avec les conséquences que l’on peut imaginer pour la part de la population qui vit dans les conditions les plus précaires. Extrait :

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Ce matin de septembre 2016, c’est la rentrée dans un collège d’un quartier populaire du département. Comme beaucoup, il a piètre allure: les fondations d’un bâtiment et un trou béant voisinent avec un préfabriqué aux parois fissurées. Les travaux de réfection ont été déprogrammés. Dans un autre établissement de cette commune populaire, fenêtres brisées et grilles rouillées donnent une drôle d’impression d’abandon. Le Conseil Général avait prévenu, plus question de réparer quoi que ce soit, ça apprendra le civisme aux familles. Mais des affichettes pimpantes avec un cochon souriant détaillent le menu de la cantine. Elle propose charcuterie et plats à base de porc au moins deux fois par semaine, et rappelle que toute absence répétée sera due : l’élève contrevenant sera exclu du bénéfice de la cantine.

Par contre, les collèges privés ont fière allure depuis que leurs financements départementaux ont été doublés.

À la crèche, tout a changé, depuis que l’ancienne directrice a quitté son poste, et que le nouveau directeur a pris les rênes. Dans la cour, des tables à langer rose bonbon voisinent avec des voitures à pédale bleu azur et les puéricultrices veillent à ce que petits garçons et petites filles jouent bien avec l’un ou l’autre. Bien sûr, tout n’est pas allé de soi et des parents inquiets ont bien protesté quand leurs petites filles se faisaient rabrouer lorsqu’elles voulaient conduire la voiture. Mais une place en crèche est difficile à obtenir, et bien d’autres soucis accaparent les familles modestes.

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Plus question en effet d’obtenir une quelconque aide pour un retard de loyer ou une facture EDF trop lourde. Les conditions d’accès au Fond Solidarité Logement ont été restreintes, le Conseil Général considérant qu’ « il ne faut pas encourager les gens à vivre au-dessus de leurs moyens ». Ces prestations ne représentaient déjà pas grand-chose, désormais, elle sont quasi-impossibles à obtenir. De même, les financements des organismes caritatifs ont été drastiquement réduits : les anciennes structures, jugées trop généreuses et pas assez sélectives ont vu leurs financements supprimés. Désormais les colis alimentaires sont distribués après constitution de dossiers complexes et chaque association doit faire valider sa liste d’attributaires par une commission où siègent les élus du Conseil Général. Un fichier central des demandeurs croise les informations des services chargés du RSA, de ceux de l’Aide Sociale à l’Enfance et de la CAF pour évaluer le degré d’assistanat des personnes. Par ailleurs, pour que seuls ceux qui ont vraiment besoin de ces colis en bénéficient, la seule structure d’accueil financée par le Département se situe dans le chef-lieu. Quand on vraiment besoin, on se déplace.

D’ailleurs les financements ont aussi été coupés pour la prévention contre le SIDA ou la tuberculose, et la plupart des dispensaires encore existants sont fermés : le nouveau Conseil Général prône une politique d’ « autonomisation des individus face au risque santé ».

C’est également ce qui a conduit le Département à revoir totalement les modes d’attribution du RSA. La pression était déjà très forte auparavant sur les précaires, mais cela ne suffisait pas. Désormais, ceux-ci sont contraints d’accepter toute offre d’emploi, à temps plein ou partiel, dans n’importe quel domaine et n’importe où dans le département. Sinon, ils voient leur allocation retirée, et c’est désormais appliqué de manière automatisée. Ces offres sont de plus en plus précaires, de plus en plus souvent bien au-dessous du SMIC mensuel. Le Conseil Général responsable de la gestion des personnels territoriaux ne remplace plus aucun départ à la retraite. Il recrute quasi uniquement par le biais des contrats précaires d’insertion dont le salaire est financé par l’Etat. C’est pratique, et pas cher. Même pour des postes exigeant certaines qualifications précises, on trouve toujours quelqu’un dans le vivier des chômeurs n’ayant plus rien pour vivre s’ils refusent. Plus pratique encore, le recours à des sous-traitants privés ; de nombreuses entreprises d’insertion ont été montées par des amiEs du président du Conseil Général. Elles assurent des prestations de nettoyage, de bâtiment, d’entretien des espaces verts, des tâches administratives pour le compte du département en employant uniquement des CDD à temps partiel. Elles sont en lien direct avec les structures chargées de surveiller les allocataires du RSA. Elles ont donc toujours à disposition un vivier de précaires, sommés d’accepter les offres sous peine de radiation immédiate.

 

8. Visages

Bien sûr, la révolte gronde, mais elle s’exprime difficilement. Ceux qui protestent risquent gros, car tout se sait, et la moindre faille d’une vie est vite exploitée. On ne s’en rendait pas compte avant, mais après vingt ans de lois créant divers fichiers, et élargissant les personnes autorisées à y accéder ainsi que le délai de conservation des données, c’est fou tout ce qu’un élu de Conseil Général peut savoir sur vous. Les traces d’une hospitalisation en psychiatrie conservées dans le dossier social, un problème rencontré avec une assistante sociale de l’Aide Sociale à l’Enfance à qui l’on a un jour demandé une aide financière, une interpellation par la police municipale d’une mairie amie… .Tout cela ressort vite pour appuyer une décision de placement des enfants, une procédure d’expulsion du bailleur HLM contrôlé par le département pour « troubles de voisinage », une procédure de licenciement, un contrôle de la CAF et/ou une radiation définitive du RSA ou de l’Allocation Parent Isolé.

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