DE RSF À L’OAS, LA NOSTALGIE SELON ROBERT MÉNARD

13 mars 2015 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Nous avions déjà évoqué l’initiative de Robert Ménard de débaptiser la rue du 19 mars 1962 à Béziers pour lui donner le nom d’un « héros » de l’Algérie française. Le site antifasciste REFLEXes a mené l’enquête, et revient sur les relations entre le maire RBM et les milieux algériannistes.

Certainement bien moins médiatique que son affiche digne de l’époque du Far-West vantant les mérites d’une Police Municipale armée, la décision du Mairie de Béziers Robert Ménard de débaptiser la rue du 19 mars 1962 pour lui donner le nom de l’officier putschiste Hélie Denoix de Saint-Marc n’en est pas moins symbolique et lourde de messages.

Messages bien entendu adressés en premier lieu à la communauté pied-noir et harki de Béziers, et plus généralement de sa région, car Ménard le sait bien : il y a là une grosse part de son électorat. Electorat qu’il commence à flatter bien avant l’annonce de sa candidature pour les municipales de 2014, à tel point que l’on ne peut s’empêche de voir dans cette chronologie une véritable stratégie d’implantation locale. Stratégie qui fonctionne à merveille, il faut bien le reconnaitre, puisque Ménard tellement sûr de lui se permet même de se passer de l’étiquette RBM ((Rassemblement Bleue Marine, structure mariniste permettant aux « tièdes » de rouler pour la présidente sans être toutefois étiqueté Front National. Du moins le pensent-ils !)), se contentant simplement de son soutien, et est élu avec plus de 12 points d’avance sur son concurrent direct Elie Aboud, une vieille figure de la droite dure à Béziers pourtant, et qui bénéficie lui d’une réelle implantation locale.

C’est en juin 2012 que Robert Ménard fait donc son coming-out « Algérie française » en publiant avec sa petite maison d’édition Mordicus « Vive l’Algérie française » co-écrit avec Thierry Rolando. Dès la couverture le ton est donné, et on sait à quoi s’attendre avec un tel titre (qui n’a rien de provocateur dans l’esprit des auteurs) ; quant à Rolando, il est le président du Cercle algérianiste, une des plus importantes et des plus ancienne association de rapatriés nostalgiques de l’Algérie française, créée en 1973, et qui gère en partenariat avec la ville de Perpignan le Centre national de Documentation des français d’Algérie.

Dans une interview donnée au journal Minute ((n° 2570 du 27 juin 2012)), Ménard explique ainsi son mal-être sur deux pages : coincé d’une part entre une famille et des origines très « Algérie française » et d’autre part son étiquette d’homme « de gauche », milieu où l’on considère que « les pieds-noirs étaient des fachos racistes, nostalgiques de Pétain, etc ».

MinuteSes origines pied-noir ne suffisant peut-être pas à ses yeux, il déclare pour la première fois « j’aurais hésité à le dire par le passé, mais maintenant je l’assume pleinement : mon père était un militant de l’OAS ». Pourtant, quelques semaines auparavant, dans une autre interview ((Sur le site Enquêtes & Débats de Jean Robin.)) faisant la promo de son livre, nulle allusion au passé de son père : Ménard se contente de se déclarer « pied-noir, né à Oran, ayant quitté l’Algérie en juin 1962, quelques semaines avant l’indépendance », et justifie son ouvrage comme un besoin « de dénoncer, une fois de plus le manichéisme des médias, des intellectuels, des historiens », bref, le sempiternel combat de l’extrême droite contre « la pensée unique » ((Un peu à la manière d’un Zemmour inventeur d’un Pétain sauveur des juifs de France !!)).

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