Béziers : Ménard flatte sa clientèle « Algérie française »

19 février 2015 2 Imprimer ce billet Imprimer ce billet
Robert Ménard

Robert Ménard

Voici le communiqué de plusieurs associations pour dénoncer la dernière idée de Robert Ménard, maire RBM de Béziers, qui souhaite changer le nom d’une des rues de sa ville pour lui donner le nom d’Hélie de Saint Marc, militaire résistant et déporté, mais aussi l’un des généraux putschistes d’avril 1961. Ménard caresse ainsi dans le sens du poil sa clientèle « Algérie française », qui dispose de nombreux relais dans cette région. Nous aurons d’ici le 14 mars l’occasion de revenir sur cette nébuleuse, encore très active aujourd’hui.

Le maire de Béziers, soutenu par le Front national, s’apprête à débaptiser une « rue du 19 mars » pour la renommer rue du « Commandant Hélie Denoix de Saint Marc ». La cérémonie est prévue pour le samedi 14 mars à 14 h 30.  Tout ce que la France compte de nostalgiques de l’Algérie française, cercle algérianiste, associations de rapatriés et d’organisations pro-OAS s’organise pour faire de cette cérémonie un grand rassemblement national.

Cette constellation réactionnaire a salué la décision de Robert Ménard pour une double raison.

Forte de son négationnisme, elle continue à prétendre que l’armée française aurait été contrainte de signer, le 19 mars 1962, un cessez-le-feu avec une armée de libération nationale algérienne totalement défaite. Cette signature serait une trahison et ne saurait acter la fin d’une guerre qui n’aurait jamais été qu’une intervention de maintien de l’ordre dans des départements français. Si, à la suite du cessez-le-feu, des crimes et des violences ont continué à faire des morts et des disparus aussi bien du côté français qu’algérien, le déchaînement de la folie meurtrière de l’OAS y a été pour beaucoup.

Hélie de Saint-Marc lors de son arrestation le 6 juin 1961.

Hélie de Saint-Marc lors de son arrestation le 6 juin 1961.

L’autre raison est l’utilisation du nom de Hélie Denoix de Saint Marc présenté comme « héros de la résistance, et déporté à Buchenwald… une personnalité d’exception aux hautes valeurs morales et au sens de l’honneur indiscutable » (déclaration du Cercle algérianiste). Cette réputation est totalement surfaite. Son passé de résistant et de déporté, indûment utilisé pour se fabriquer la légende d’un « sage qui ne renie rien », ne l’exonère aucunement du rôle qu’il a joué à deux reprises. Cet homme, en effet, a été un croisé de la colonisation et un défenseur irréductible de la domination coloniale, d’abord au Vietnam, puis en Algérie : en 1957, aux côtés du général Massu, pendant la bataille d’Alger, pour pourchasser les indépendantistes algériens, en couvrant de son autorité les pires méthodes d’élimination ; puis, quatre ans plus tard, à la tête du 1er REP pour participer au « putsch des généraux » du 21 avril 1961.

Si, après l’échec de ce complot, il n’a pas déserté, contrairement à d’autres officiers, pour rejoindre l’OAS, il n’a rien fait pour démentir les jusqu’au-boutistes de l’Algérie française qui utiliseront sa personnalité comme un emblème de leur combat. Jusqu’à la fin de sa vie, il gardera le silence aussi bien sur la pratique de la torture par l’armée française que sur l’action criminelle de l’OAS.

L’annonce du rassemblement anti-républicain prévu à Béziers le samedi 14 mars n’a pas tardé à faire réagir les associations et organisations progressistes ci-après, qui appellent à un contre-rassemblement le 14 mars 2015 à 14 h 00 rue du 19 mars 1962 à Béziers.

le 14 février 2015

Associations signataires
– Les Anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (4acg)
– Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)
– Association nationale des pieds noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA)
– Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons

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