Ukraine : rencontre avec deux antifascistes

7 novembre 2014 2 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Antifa_UkrainePour un certain nombre de militants progressistes, la révolution de Maidan se résume à un coup d’État fasciste, manipulé par l’Union européenne (pourtant bien incapable d’avoir une politique étrangère cohérente) et l’OTAN. Illya et Natacha, militants antifascistes ukrainiens venus témoigner lors de l’université d’été d’Attac à Paris, donnent un autre son de cloche.

Vous étiez sur Maidan pendant tous les événements. Allez, avouez : vous êtes des fascistes de Pravy Sektor (Secteur Droit, groupe fasciste) puisqu’on a vu qu’eux dans nos médias…
Ah, très drôle, on nous la fait chaque fois qu’on se balade à l’ouest. Non, tout faux, nous, ce serait plutôt Levy Sektor (Secteur Gauche) vu qu’on était membres l’année dernière du syndicat étudiant Action Directe, avec une centaine de militants sur Kiev (on n’est plus étudiants). Mais on va démystifier : Levy Sektor, ça n’a jamais existé.

Mais vous étiez sur Maidan ?
Pour nous, Maidan, c’est d’abord un mouvement social de masse ; notre investissement a donc accompagné toutes les revendications contre l’autoritarisme du gouvernement de l’époque, la corruption omniprésente, les brutalités policières… On n’allait quand même pas laisser cette dynamique, qui est aussi la nôtre, qui nous concernait, entre les mains de la droite et des fascistes sous prétexte qu’ils étaient présents, non ?

Quand vous parlez de l’investissement des militants de gauche, c’est en général ou seulement votre groupe ?
Non, les militants de gauche en général : syndicat étudiant, anarchistes, antifascistes, trotskystes de l’Opposition de Gauche, syndicalistes… Mais comme on le soulignera plus loin, c’était surtout individuel, sur Kiev en tout cas. À Krivoy Rig, en Ukraine centrale, les syndicalistes ont agi plus collectivement, même si de façon très critique, mais ils ont une vieille tradition plus lutte de classe, ou simplement plus libérale et un syndicat très libertaire. À Kharkov, dans l’est, il y a maintenant un gros boulot en faveur des réfugiés de l’Est…

Et la revendication pro-européenne ?
Mets un pluriel à « revendication », s’il te plait. Des partisans de l’Union européenne, il y en avait, bien sûr, mais pour la population, l’Europe de l’ouest, en général, ça veut dire à tort ou à raison État de droit, esprit des lois, protection sociale, respect des droits humains, tout ce qui n’existe pas chez nous. En tant que militants de gauche et/ou anarchistes investis dans Maidan, l’Europe, on la voit aussi comme culture de la contestation politique et sociale, avec des forces militantes, des auteurs et une histoire qui n’existent pas vraiment chez nous non plus, ou qui a été passée sous silence. C’est pourquoi nos slogans poussaient sur les enjeux sociaux autour des droits humains, des droits sociaux, de la gratuité de l’éducation et des transports, de la protection des retraités, et on insistait naturellement sur les slogans contre le Fonds Monétaire International (FMI), pour casser un peu le rêve d’une Europe idyllique…

Concrètement, quel a été votre investissement sur Maidan ? 
D’abord, précisons que Maidan ne s’est pas arrêté avec la chute et la fuite de Iannoukovitch. L’agenda de la population n’a jamais été le même que celui des forces de l’opposition parlementaire, il y a toujours eu un fossé entre la rue et le Parlement, même si les orateurs venaient pousser leur speech. Les uns voulaient du concret et de l’espoir, les autres le pouvoir.
Quand les violences policières ont commencé fin novembre 2013, après les premiers morts, on s’est concrètement investis dans l’aide médicale, la protection des hôpitaux où les Berkut (police anti-émeutes) venaient chercher, tabasser et enlever les blessés, on faisait aussi de la recherche de disparus aux côtés de l’initiative SOS Maidan. On a beaucoup participé voire initié l’occupation de certains bâtiments publics, comme les ministères de l’éducation, de l’immigration et de la culture, qui ont perduré ou se sont produites après la chute de Iannoukovitch. Ce furent de grands lieux de débats et de discussion, surtout organisés par les étudiants, où il était possible d’amener des visions de gauche, ce qui était compliqué. Les termes de « gauche », « socialisme », « communisme » n’ont pas bonne presse en Ukraine, tant ils sont assimilés à l’ancien régime et à l’URSS. Quand en plus tu vois les restes du Parti « communiste » local, qui n’a rien de socialiste, mais est totalement inféodé, en terme de business qui plus est, au Parti des Régions dont est issu Iannoukovitch, et aux oligarques de l’Est, tu comprends que la marge de manœuvre en terme de discours et de propagande est mince. Nous, on faisait du concret, on poussait à l’auto-organisation, aux débats, à l’action en faveur des opprimés. La propagande par le fait, par l’éthique. C’est ainsi que les gens nous acceptaient, nous comprenaient et nous accompagnaient.

Et les fascistes sur Maidan ? Svoboda et Pravy Sektor ?

Militants de Pravy Sektor.

Militants de Pravy Sektor.

Côté fascistes, ou plutôt toute la mouvance ultra-nationaliste dans lesquels tu trouves des nationalistes stricts, des fascistes et des néonazis, ils sont arrivés très tôt et en groupes organisés, contrairement aux groupes de gauche déjà faibles et divisés sur le mouvement. Du coup, quand on est arrivé par la porte pour monter des stands et des tentes, on s’est fait très vite menacer et virer. Certains ont lâché l’affaire en estimant que les fafs avaient le contrôle, et sont devenus sans plus de réflexion anti-Maidan, certains sont restés dans l’attentisme et d’autres comme nous, individuellement ou en groupes, sont passés par la fenêtre pour ne pas laisser le mouvement aux mains de la droite. Au fur et à mesure de nos actions, on était de mieux en mieux acceptés et parfois protégés par la foule, même si la pression faf a été constante. Mais certains d’entre nous ont aussi fait partie des « sotnyas » de défense, sans avoir la force de créer les nôtres propres. Il n’y avait pas que Pravy Sektor. Ça a été assez éclectique : « sotnyas » de fafs, de jeunes de quartiers, d’ultras de foot, d’autres villes, communautaires avec les Tatars… Il y a eu aussi une « sotnya » féministe, qui a fait pas mal d’agitation sur le rôle des femmes, la communauté juive s’est aussi pas mal investie, ce qui a transformé les fafs sur ce point, on en reparlera, il y a eu des conséquences…

Allez-y, parlez-en !
Le nationalisme ukrainien en général est très lié aux relations avec la Russie, qui a toujours considéré, déjà sous le tsarisme, que l’Ukraine était sa terre, la « petite Russie ». Tu retrouves encore aujourd’hui la même idée sous la plume du fasciste russe Douguine, conseiller du Kremlin en matière géopolitique. Le nationaliste ukrainien est donc d’abord anti-russe, contre la domination de Moscou, et construit l’identité ukrainienne sous cette vision. La peur du grand voisin russe est de toute façon partagée par une grande partie de la population, qui n’a pas oublié les grandes famines paysannes provoquées par Staline dans les années 1930, le « Holodomor ». Ce nationalisme est de droite, donc exclusif, donc très souvent antisémite. C’est pourquoi l’image de Stepan Bandera, allié des nazis (jusqu’en 1941) puis animateur de la résistance antisoviétique, est un personnage qui créée encore aujourd’hui un fort dissensus. (Les nationalistes se désignent comme banderovtsy, partisans de Bandera, et le Kremlin désigne ainsi l’ensemble des pro-Maidan NDLR). Mais ce qui s’est passé à Maidan a changé la donne : ce sont tous les secteurs de la société qui se sont investis, politiques, sociaux, ethniques : l’un des premiers morts était Arménien, des Juifs aussi sont tombés sur Maidan. Une autre vision de la nation a émergé, ethniquement plus intégratrice. Les fafs, qui ont combattu côte à côte avec tous ces gens, ont été touchés. On a pu voir lors de l’enterrement d’un activiste juif une section de Pravy Sektor venu lui rendre hommage. Chose impensable il y a quelques mois ! Du coup, les vrais néonazis de l’Assemblée sociale-nationale ont fait scission et leurs militants ont servi de colleurs d’affiches pour le candidat populiste Oleh Lyashko aux dernières présidentielles (8,32%)[1]. Ceci dit, si l’antisémitisme et le racisme ont été mis sous le boisseau, un faf reste un faf, avec tout le reste des idées sur un État fort, contre la démocratie, pour le culte de la famille, la haine de la gauche, etc.

Et après Maidan ?
Après, il y a eu l’occupation de la Crimée par les troupes russes, puis les événements à l’est et l’opération « antiterroriste », comme le gouvernement l’appelle. Évidemment, le patriotisme a explosé et la population a suivi le gouvernement. Le bon point, c’est que les critiques se sont faites plus nombreuses contre les ultra-nationalistes, surtout dans des cercles plutôt intellectuels. Mais la tendance patriotique étant devenue mainstream, et les fachos n’en n’ayant plus le monopole, les votes lors de la présidentielles les ont écartés, et ils ont fait moins de 2%, Svoboda, comme Pravy Sektor !
Le mauvais point, c’est que la montée du patriotisme s’est accompagnée tant dans la population que dans la presse d’une militarisation de la société et d’une acceptation de la violence. Des gens meurent. Se déclarer « anti-guerre » n’est pas très populaire et les manifs ne rassemblent que très peu de monde.

Et en Crimée même ?
Les habitants sont des Russes majoritairement. Pas des Ukrainiens russophones, mais de vrais Russes, donc branchés sur média-Kremlin, et facilement manipulables, d’autant plus que ce qui se passait sur Maidan et les délires sur les nazis les inquiétaient. Tous les opposants possibles aux référendums ont été menacés. Certains, ceux qu’on connaît sur la défense des droits sociaux, ont eu droit aux coups de pression comme les marques à la peinture noire sur leurs maisons. Ils se sont cassés à Kiev.

Il y a eu des arrestations ?

Manif de soutien à l'antifasciste Alexandre « Toundra » Koltchenko.

Manif de soutien à l’antifasciste Alexandre « Toundra » Koltchenko (à Moscou).

Oui, notre camarade Alexandre « Toundra » Koltchenko, militant libertaire, antifa, militant sur les droits sociaux, notamment les retraites, déjà attaqué par les fascistes à cause de son activisme, qui a manifesté contre l’annexion et qui a été littéralement enlevé par le FSB (services secrets russes), emprisonné à Moscou et inculpé… d’actes terroristes et d’appartenance à un groupe terroriste lié à Pravy Sektor !! Fallait le faire ![2] En outre, il a été inculpé en tant que citoyen russe. Normal vu que la Crimée est « revenue » à la Russie, mais il est ukrainien, passeport ukrainien, et contre l’annexion. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il a en fait été arrêté…

Et à l’Est ? Lougansk et Donetsk ?
Même campagne de désinformation venue de Russie pour une population en grande partie russophone, des agitateurs et des leaders russes, mais avec aussi de vraies peurs sociales dans ce bassin minier, même si les mineurs ne suivent pas le mouvement (ce qui désole le leadership pro-russe). Les grands noms de la gauche russe (Bouzgaline et Kagarlitski) parlent même des « républiques populaires de Lougansk et de Donetsk » comme de républiques socialistes, alors même que leurs leaders se réclament de l’armée blanche et bossent avec les oligarques et le premier d’entre eux, Poutine. Quant aux « nationalisations » annoncées, évidemment c’est du toc. Enfin, on a beaucoup parlé des « fascistes » de Maidan, pour mieux faire passer la résistance de l’Est pour un combat antifasciste, mais là-bas, toutes les vieilles forces nationalistes et fascistes grand-russes sont en action : Douguine le penseur en tête et son Union de la Jeunesse eurasienne,, mais on a vu aussi le retour des nazis russes de l’Unité Nationale Russe (RNE) de Barkachov, et j’en passe ![3]

Quel merdier !
On n’imagine pas à quel point. On sait que des copains antifas ukrainiens et russes se battent là-bas, les uns contre les autres[4], même si ce sont des exceptions. Ici, on a le groupe « Borotba », des staliniens qui se proclament antifascistes, qui ont dès le début combattu le mouvement de Maidan ; ils crachent sur la gauche pro-Maidan et ont soutenu l’insurrection à l’Est sans se poser de question sur le leadership nationaliste grand-russe. Deux d’entre eux sont morts dans l’incendie de Kulikovo à Odessa lors des troubles du 2 mai. Ici, à gauche, ils sont maintenant complètement isolés et on se désole pas mal de la pub qu’ils ont réussi à se faire en Europe (cf. le communiqué de l’Union Autonome des travailleurs (anarcho-syndicaliste) sur les événements d’Odessa). Sur le Parti communiste ukrainien, voir plus haut !

Et maintenant ?
Maidan a été nettoyé le 4 août dernier par Klitchko, le nouveau maire (l’un des politiciens de l’opposition parlementaire à Iannoukovitch très présent sur Maidan), alors que l’occupation avait continué dans l’espoir que toutes les revendication du mouvement soient satisfaites. Ce sont des groupes de choc de civils qui ont procédé à l’évacuation. On cherche encore à savoir qui ils sont vraiment. Pour le reste, beaucoup d’entre nous sont investis dans le soutien aux réfugiés de l’Est (pro ou anti-Maidan on s’en fout, mais ça permet de discuter de tout ça et de créer des liens). Le centre social et culturel de Kharkiv, qui faisait beaucoup sur la question, a d’ailleurs récemment été attaqué par les fascistes, puis par la police ! Alors que l’État ne fait rien pour les réfugiés !!
Sur la question de la (re)construction de la gauche après Maidan, devenue essentielle, l’Opposition de gauche a déjà organisé une réunion en avril, et on vient d’en faire une en septembre avec l’aide du Visual Culture Research Center[5] sur le thème « De la révolution à la guerre. Sur la guerre, comme je l’ai dit, à part l’aide aux réfugiés et quelques manifs faméliques, on est vraiment très peu à agir contre… On a monté une page facebook en anglais. On peut aussi se référer au site de l’Union autonome des Travailleurs (anarcho-syndicaliste) qui poste parfois en anglais (Voir notamment  cet article ou la traduction française de leur positionnement sur l’Est).

La Horde

  1. Les militants de l’ASN servent dans l’Est au sein du Bataillon « Azov », avec des emblèmes nazis explicites : wolfsangel inversée et soleil noir SS. Pravy Sektor a sa propre unité mais ses militants se retrouvent un peu partout, dans « Azov », ou dans le bataillon « Donbass ». Lors des dernières élections législatives, les commandants de bataillons ont été très sollicités par les diverses listes et partis, ce qui a permis à Andriy Biletskiy et Vadym Troyan, chefs de l’ASN et commandants du bataillon « Azov », d’être soutenus par le parti du… premier ministre ! Biletzkiy est maintenant député et Troyan a été propulsé chef de la police de Kiev ! []
  2. Koltchenko a été enlevé avec trois autres personnes, dont le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov. Amnesty International a lancé une campagne pour leur libération, les anarchistes et antifascistes tant russes qu’ukrainiens se sont mobilisés et http://www.ainfos.ca/en/ainfos29520.html. Enfin, des syndicalistes internationalistes lancent aussi une campagne en France. []
  3. Sur l’extrême droite ukrainienne, côté Maidan et côté pro-russe, voir (en anglais) : http://anton-shekhovtsov.blogspot.fr/ . Ce blog est le plus connu sur l’étude de l’extrême droite ukrainienne, style plutôt universitaire. On y verra quelques photos des « volontaires internationaux » dont quelques fafs français arborer le « ruban de Saint-Georges » orange et noir, nouveau symbole de « l’antifascisme » poutinien (et vrai ancien symbole tsariste), après avoir été celui de l’unité nationale sous Staline pendant l’agression germano-nazie. []
  4. Anton Fatullayev, antifa de Moscou, est mort en septembre dans les rangs des forces rebelles. Il était connu aussi bien à Kiev qu’à Moscou.. []
  5. L’un de ses leaders, Vasyl Cherepanyn, a été attaqué le 23 septembre dernier par un groupe paramilitaire qui l’a violemment battu, l’accusant de « séparatisme » et de « communisme ». []

2 commentaires »

  1. Esope 10 novembre 2014 at 14:42 - Reply

    Résumons le propos de ces ukrainiens:
    des fascistes à Maidan? non, le peuple qui se révolte contre les oligarques ex-communistes, la corruption, l’absence de liberté de la presse etc…
    une révolte organisée par l’Europe? non, mais le rêve par tous les ukrainiens d’une société de même type qu’en Europe: de liberté, de droits de l’homme etc…
    Maidan nationaliste? oui, mais surtout anti-russe. Tout plutôt que les impérialistes russes.
    Poutine antifasciste? non, le national fasciste, c’est lui. L’ex-colonel du KGB est resté fidèle à ses compagnons: les camps de concentration en Russie, cela continue, toujours des journalistes assassinés, toujours l’armée russe qui bloque la décolonisation des territoires encore contrôlés et qui envahit les petites républiques autour: Géorgie, Moldavie, Ukraine…
    A quand le procès de Nuremberg du communisme?

    • Gaëtan.L 12 novembre 2014 at 04:51 - Reply

      C’est exactement ça, en Ukraine comme dans les anciennes républiques soviétiques de l’Est les communistes se sont opportunément convertis au capitalisme et au libre marché lors de l’effondrement de l’URSS.

      Les russes, qui on peut le dire appartiennent à une autre civilisation que la notre, ont basé leur propagande sur la lutte contre « les nazis de Kiev » ! Personne ne nie la présence de l’extrême droite en Ukraine, mais celle-ci était effectivement minoritaire. Le problème c’est que la théorie des « nazis de Kiev » – bien plus démocrates que le régime de Moscou – a été largement relayée par … l’extrême droite d’Europe de l’Ouest, FN en tête (voir les articles de Mediapart sur les liens entre le FN et le régime de Poutine), eux qui souhaitent remplacer l’Union Européenne par une improbable et non souhaitable Union Eurasiatique.
      Leurs arguments étaient souvent consternants et principalement dirigés contre les valeurs occidentales.
      Même chose pour les guignols de la gauche brune qui espèrent le rétablissement de l’URSS et voient en Poutine l’homme qui s’oppose au libéralisme !! Pourtant actuellement la Russie applique les thèses ultra-libérales : Impôt sur les sociétés de 24 % seulement ; il n’y a pas d’impôt sur la fortune ; il existe qu’une seule tranche d’imposition de 13% sur le revenu, prélevée à la source (donc pas de progressivité) ; il n’y a pas de barème donc même les petits revenus sont taxés ; sans parler des nombreuses taxes sur les biens et services qui pèsent principalement sur les plus modestes ; système de santé en ruine, inégalités de revenus considérables, etc.
      Ajoutons à celà que la Russie fait partie des pays les plus corrompus, que la presse n’est pas libre, que la justice est aux ordres du régime et que le pays s’est récemment illustré par un impérialisme agressif envers la Pologne, l’Estonie et dans le territoire de la mer baltique.

      L’Ukraine, qui a eu le courrage de mettre ses tyrans dehors est depuis sans cesse destabilisée par le voisin russe qui n’hésite pas à armer et financer les terroristes de l’Est sous couvert de protection des populations (ce principe ne valait pourtant pas pour la Tchétchénie). On ne peut également que déplorer la passivité de l’UE et son manque de fermeté, divisée entre les pays lucides sur les manoeuvres de Moscou (Suède, Pologne, Estonie) et les pays préférant défendre leurs intérêts égoïstes (France, Chypre) ou par proximité idéologique (Hongrie).
      En espérant que l’Ukraine parvienne à sortir de cette crise et réduise sa dépendance au gaz russe, utilisé par Moscou comme un véritable outil de chantage diplomatique.

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