Analyse du vote FN aux élections européennes de 2014

20 septembre 2014 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

La Fondation Jean-Jaurès et l’Observatoire des radicalités politiques ont publié une étude de Joël Gombin sur le vote FN aux élections européennes. À l’aide de nombreuses cartes, il offre un panorama des résultats sur l’ensemble du territoire, ainsi qu’un focus sur la capitale. Une (rapide) analyse des relations entre le FN et l’UMP ainsi qu’un éclairage sur la plus grande mobilisation des électeurs FN (ce qu’il appelle la « mobilisation différentielle ») viennent compléter le document. En voici le texte d’introduction :

 

carte_vote_FNLes résultats des élections européennes du 25 mai 2014 permettent de dessiner des constantes géographiques dans le vote Front national, dont les bastions demeurent le Sud-Est méditerranéen ainsi qu’un large quart Nord-Est. A l’inverse, le FN obtient ses scores les plus faibles en Île-de-France, dans le Massif central, et dans l’Ouest de la France. De manière plus précise, on relève que le vote FN décroît globalement avec la distance aux centres urbains.

Un parallèle semble s’établir entre la structure du vote aux élections européennes 2014 d’une part, et celles des scrutins de 2009 (européennes) et 2012 (présidentielles). Si un rééquilibrage géographique de la structure du vote paraît s’être produit dans le Grand Ouest par rapport à 2009, il ne s’explique que par la réunion des voix d’extrême droite, qui étaient alors dispersées entre plusieurs listes. En outre, le Front national y récolte même de moins bons résultats qu’en 2012. De la même manière, le FN a régressé dans ses fiefs de l’Est, avec un recul en Alsace et dans une partie de la Moselle. On peut mettre en lumière une dynamique plus positive dans les périphéries que dans les centres urbains.

Dans une partie de l’Île-de-France (Hauts-de-Seine, Yvelines) ainsi qu’à Lyon, le FN se maintient à un niveau extrêmement élevé comparativement à son score à l’élection présidentielle de 2012. Ces données illustrent la porosité qui subsiste entre l’électorat du FN et celui de l’UMP, qui peut s’expliquer de plusieurs manières: avons-nous affaire à une radicalisation d’une partie de l’électorat de l’UMP? Faut-il y voir une forme de rattrapage liée au vote d’une partie de l’électorat FN dont avait profité Nicolas Sarkozy en 2012?

Le succès électoral du FN provient pour partie de sa capacité à mobiliser son électorat dans des proportions plus importantes que celui des autres partis. Pourtant, il apparaît comme improbable qu’un taux très élevé des électeurs du FN se soit mobilisé lors d’une échéance aussi peu suivie; dès lors, ces éléments révèlent l’élargissement de l’électorat potentiel du FN, une frange de la population qui possède un profil sociologique particulier.

Le cas de Paris confirme les observations faites précédemment: le FN y récolte des résultats comparables en 2012 et en 2014 en nombre de voix, alors que la participation diffère de 30 points. L’analyse des données électorales montre que, dans la moitié des bureaux de votes de la ville, le FN progresse en voix entre 2012 et 2014.

Le score obtenu par le Front national lors des élections européennes 2014 ne relève pas d’une seule explication. Si le FN a profité d’une mobilisation différentielle comme lors de précédentes échéances, force est de constater que celui-ci a aussi bénéficié d’un élargissement et d’un approfondissement de sa base électorale.

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