Nantes : face aux agressions fascistes, organisons-nous !

19 septembre 2014 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Envoyé par l’Action antifasciste de Nantes :

Cet été à Nantes, différents groupes d’extrême droite clairement identifiés ont multiplié les violences dans le centre ville. S’attaquant autant à des personnes d’origine étrangère, homosexuelles ou sans-abris qu’à des personnes identifiées comme antifascistes, dans l’impunité générale. Pourtant, durant l’été, police et justice ont été d’une férocité particulière.

En juillet un squat de sans-abris et de migrants était expulsé par des dizaines de policiers, quelques jours plus tard, plusieurs d’entre eux étaient raflés alors qu’ils dormaient à la rue, devant la préfecture. Deux sont aujourd’hui en prison pour outrage. D’un côté, la police frappe, rafle, expulse, mutile ceux qui dérangent, de l’autre elle laisse des petits groupes de militants fascistes s’attaquer aux indésirables : cela fait système. La complaisance de la justice envers les agresseurs d’extrême droite, que ce soit à Paris[1] ou à Clermont-Ferrand[2] en est l’illustration.

Ce texte n’a pas vocation à semer la psychose ni à donner plus d’importance qu’ils n’en méritent à une poignée de néo-nazis. Il s’agit de rester vigilants, solidaires et informés. Nous ne céderons pas aux intimidations, qu’elles viennent de la police ou de l’extrême droite. Rapide retour sur les différentes exactions estivales de l’extrême droite à Nantes : Début Juillet, au moment du festival de la ZAD, une descente de 12 fascistes a lieu sur un bar identifié comme militant et régulièrement pris pour cible quartier Bouffay. Des chants tels que « Nantes est nationaliste » sont entonnés, ainsi que des insultes et des provocations. Le groupe est composé de très jeunes qui déclarent être des supporters et de skinheads néonazis cagoulés. Un barman de la même rue les met en fuite. Il aurait reçu par la suite une visite de la brigade de policiers chargés de surveiller les bars qui semble très au courant des gesticulations de l’extrême droite.

Joyce—Nantes

Joyce

A la même période, deux personnes reconnues comme antifascistes se font agresser par deux néo-nazis identifiés : l’un prénommé Joyce vient de Rennes et porte un tatouage « Oï » dans le cou, l’autre Damien. Des insultes et des claques sont échangées. Un tesson de bouteille est pointé par les fascistes. Selon nos sources, une agression raciste a eu lieu aux alentours du château des Ducs : un homme d’origine maghrébine aurait été jeté dans l’eau des Douves. D’autres informations remontent selon lesquelles d’autres personnes auraient subi la même humiliation. Un autre groupe de néo-nazis vendéens en seraient responsables (cVoir à ce sujet notre communiqué de décembre 2013 et la photo du « leader » du groupe.)).

Au début du mois d’aout, au moment de la fermeture des bars, des cris retentissent à Bouffay : « Bleu Blanc Rouge, la France aux Français ». Une altercation a lieu avec un groupe composé d’une quinzaine de néo-nazis (toujours plus ou moins les mêmes). Les fascistes se saisissent de chaises et exhibent une triplex – à savoir une grosse chaine de vélo. Une camarade est menacée de viol. Ils pourchassent un militant qui se réfugie dans un bar dansant. Le même soir, les fascistes auraient frappé deux personnes dans le centre-ville. Ce groupe aurait commis d’autres violence les jours suivant, leur base semblant alors être le Buck Mulligan. Une altercation a eu lieu Place du Pilori, les fascistes ont été mis en fuite par des passants. Des personnes identifiées comme militantes et homosexuelles sont été poursuivies, intimidées et parfois molestées au cours de l’été, y compris en plein jour. Le 21 aout, une inquiétante altercation a lieu dans la rue du château, entre les bars l’Art Scène et le Buck Mulligan. Une personne portant un vêtement au motif antifasciste est prise à partie par un groupe de 6 hommes d’une trentaine d’années au crâne rasé. Certains portent des T-shirts sans équivoque, floqués « fascist all stars », l’un d’eux est tatoué au cou… Des violences éclatent quand le groupe de fascistes part en bousculant le jeune pris à partie précédemment, un vélo est jeté, des projectiles divers sont échangés. Les deux bars ferment. Une vingtaine de verres auraient été jetés par les fascistes, heureusement sans faire de blessés.

Au cours de la nuit, ce petit groupe revient sur les lieux et frappe puis tagge la porte d’un immeuble repéré plus tôt comme étant celui ou réside un militant, avec des menaces explicites : « un rouge une lame » et des sigles fascistes. L’un des agresseurs d’extrême droite est le serveur du Giggs, un pub irlandais qui vient d’ouvrir à côté de la Cathédrale. Il porte une rune d’Odal sur l’avant bras. En parallèle, un local militant est taggé par des fascistes à la fin de l’été. Au mois de juillet, la crêperie Sainte Croix refuse de servir une femme voilée. Cela témoigne une fois de plus de l’implantation et la banalisation du racisme ordinaire à Nantes.

Ou s’arrêtera l’escalade ? Nous nous interrogeons sur le silence complice des médias locaux, qui taisent les violences commises par l’extrême droite alors qu’ils sont si prompts à propager les faits divers. Il est clair que tout au long de l’été des groupes de néo-fascistes ont essayé de s’implanter dans le centre ville de Nantes en usant d’intimidations et de violence. Notre ville -comme le reste de la France de Calais à Lyon – n’est malheureusement pas épargnée par la montée de l’extrême droite dans les têtes comme dans les rues. Parlez en autour de vous, organisons-nous. A nous de faire comprendre aux racistes que Nantes est et restera une ville de tolérance et de diversité.

Action antifasciste Nantes

 

  1. Avec la récente remise en liberté conditionnelle des deux personnes inculpées pour le meurtre de Clément Méric malgré des éléments accablants. []
  2. Un néo-nazi qui avait tiré à balles réelles sur un concert de soutien aux sans-papiers en janvier dernier a écopé de 2 ans de prison sans aucune enquête sur les éventuelles complicités ni le mobile raciste de son attaque. []

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