Le FN, un ennemi des travailleurs/-euses en lutte

3 juillet 2014 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Fidèle à sa nouvelle stratégie de conquête des votes populaires « de gauche », le Front national, d’abord par communiqué le 10 juin dernier puis par la voix de son vice-président, Florian Philippot, qui a déclaré le 18 juin à propos du mouvement de grève des cheminots : « Il y a sûrement des motivations corporatistes pour certains – et il faut les combattre– mais pour d’autres, je pense qu’il y a des motivations de bonne foi, d’intérêt général et je ne veux pas criminaliser par avance un mouvement social. » Le Bloc Antifasciste Nancy vient de publier sur son site un article qui analyse ces déclarations, en les replaçant dans le discours en réalité anti-social du parti de Marine Le Pen.

Front_social_antifascisteDans le débat sur la réforme ferroviaire et juste avant le début de la grève des cheminots, le 10 juin dernier, le FN s’est fendu d’un communiqué qui aurait presque pu passer pour un soutien aux grévistes. Mais à y regarder de plus près, ce n’est pas le cas. C’est même le contraire.

Ce que dit le Front National

Le communiqué dénonce la libéralisation du rail et ses conséquences connues (augmentation des tarifs, baisse de la sécurité, suppression de lignes…).

Le communiqué dénonce le contexte de cette libéralisation, à savoir l’Union européenne, dont les directives poussent au démantèlement des services publics par la généralisation de la concurrence.

Ce que dénonce le FN, il l’a recopié sur les tracts syndicaux de la CGT ou de SUD rail, et sur ceux des partis à gauche du Parti socialiste. Il y a 15 ans, le FN défendait les réformes libérales, aujourd’hui il reprend une partie du discours antilibéral et il s’y oppose. Avec une telle cohérence, qu’est-ce qui nous garantit qu’il ne retournera pas à nouveau sa veste dans quelques années ?

Ce que le Front National ne dit pas

Le FN dénonce la libéralisation, mais il ne va pas jusqu’au bout et il ne dénonce pas laprivatisation programmée des secteurs rentables de la SNCF. Le FN ne veut pas s’opposer aux privatisations, parce qu’il ne veut pas s’opposer au patronat et au Medef qui disent clairement qu’ils veulent privatiser tout ce qui est rentable.

Le FN dénonce la responsabilité des syndicats qui ont accompagné les réformes, ce qui est vrai (jusqu’à la défense du projet de réforme par Thierry Lepaon, dirigeant de la CGT cheminots, en juin 2012). Mais le FN ne dit pas que ce sont des militants syndicaux qui ont organisé la grève contre la réforme ferroviaire. En dénonçant les syndicats d’un seul bloc, il ne s’attaque pas seulement aux directions syndicales prêtes à se vendre aux gouvernements : il s’attaque tout autant aux syndicalistes qui défendent honnêtement et quotidiennement leurs collègues.

Le FN ne dit surtout pas qu’il soutient la grève. Et pour cause ! La grève, c’est la mobilisation des travailleuses et des travailleurs pour défendre leurs intérêts, et c’est à l’extrême opposé de ses méthodes. La méthode du FN, c’est de s’appuyer sur l’isolement des individus pour qu’ils se retournent vers un(e) chef qui va soi-disant les sortir du pétrin. La méthode de la grève, c’est d’aller contre l’isolement et de travailler tous ensemble à la défense de nos intérêts collectifs, à la construction d’autre chose, d’un avenir commun.

le Front national n’a pas changé

Le FN dénonce l’Europe libérale uniquement pour que la population pense que les réformes nuisibles viennent, comme tout ce qui ne va pas, de l’étranger. Tout dans son discours converge toujours dans la dénonciation de l’étranger et l’idée qu’il faudra voter pour lui pour résoudre les problèmes. Le FN prétend s’adresser aux travailleurs, mais il demeure un parti opposé aux travailleuses et aux travailleurs qui s’organisent, qui se syndiquent et qui entrent en lutte pour défendre eux-mêmes leurs intérêts, que ce soient les cheminots, les chômeurs, les précaires ou les intermittents. Parce que sur le fond, le Front national est un parti qui ne remet pas en cause l’ordre social et il craint l’organisation des salarié.es et des chômeur.ses. Sur le fond, le FN est bien resté un parti pro-patronal.

Face aux attaques des gouvernements et du Medef, le FN n’est donc pas un point d’appui. Au contraire, il contribue à diviser la population entre français et immigrés, entre les musulmans et les autres, etc. Seule la mobilisation collective la plus large pourra ouvrir un débouché positif pour la population : toutes et tous ensemble, français et immigrés, travailleurs avec ou sans emploi, fonctionnaires, salariés du privé et précaires. Par l’unité et la convergence des luttes, nous pourrons gagner.

Bloc Antifasciste Nancy

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