Le FN à Villers Cotterêts, 3 mois après

1 juillet 2014 2 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Trois mois après avoir été élu maire par 27,24% des inscrits, Franck Briffaut, le candidat FN,  compte bien instaurer sa vision du monde à Villers-Cotterêts. 

L’équité sociale selon le FN

Briffaut & Lepen

Briffaut et Jean-Marie Le Pen

Ce conducteur de travaux au Ministère de la Défense, responsable du patrimoine bâti sur des sites militaires dont le Fort Neuf de Vincennes et le château de Vincennes, s’est octroyé dès le premier conseil municipal, une augmentation de 15% de son salaire de maire (conseil municipal du 17 avril). F. Briffaut perçoit donc à présent un salaire de 3791 euros, alors que la commune vient d’être classée « commune prioritaire de la politique de ville », du fait que la moitié de la population de l’un des quartiers dispose de moins de 11250 euros par an.

Lors de ce premier conseil municipal, une autre décision symbolique du FN est prise, celle de baisser les impôts : ce sera 1%… pour ceux qui en payent ! La municipalité a été en revanche très fière d’annoncer cette mesure.

Le 26 juin, le conseil municipal décide d’augmenter d’1€ le repas des enfants des familles les plus pauvres dans les cantines scolaires, qui bénéficiaient jusqu’alors d’un tarif préférentiel. Ces familles payeront donc 2,50€ par repas à l’avenir (au lieu d’1,50€), ce que l’adjointe à la jeunesse justifie en affirmant qu’« une personne au RSA peut venir chercher son enfant à l’école car il ne travaille pas ». Ce qui ressemble fort à la mesure qui vient d’être prise par la mairie FN du Pontet (Vaucluse ), qui supprime la gratuité de la cantine.

Dès ses premières initiatives, on voit dans quel camps se situe Briffaut, celui des dominants, ceux qui prétendent défendre les plus faibles tout en appliquant une politique libérale.

La culture selon le FN

Lors du second conseil municipal, Briffaut décide d’arrêter les subventions alouées par la mairie à la FCPE et la CGT. Les raisons de cette mesure : leurs prises de position anti FN, car pour ce maire, tout ce qui ne suit pas ligne du FN est à mettre de coté pour l’instant, avant peut-être de refaire une « fournée ».

Les premiers jours de son mandat, les slogans hostiles au FN ont été effacés lors d’un grand nettoyage de la commune, et une présence plus voyante de la police municipale s’est faite sentir.

Villers-Cotterêts_manif

Protestation après la décision du maire de ne pas commémorer l’esclavage.

Autre décision, annoncée lors du conseil municipal du 24 avril, le maire ne participera pas à la commémoration de l’abolition de l’esclavage, qui a lieu chaque année depuis 2006 à Villers-Cotterêts. Cette décision a été très médiatisée, et la mobilisation rassemblera finalement beaucoup plus de monde que les années précédentes.

Question culture, Briffaut a aussi une certaine idée de la musique : il a déjà décidé de déprogrammer un groupe de musique, Jagas, qui était prévu par l’ancienne municipalité pour jouer pendant la fête de musique. Les raisons de cette déprogrammation ? Certaines paroles ne lui convenaient pas.

Finalement le groupe a joué sur un parking privé, organisé par l’association culturelle Philopolis, qui s’était constituée quelques semaines plus tôt, pour défendre la commémoration de l’abolition de l’esclavage. Au regard de la mobilisation, le maire, dans sa grande générosité, a alors proposé une salle, mais sur des créneaux horaires en dehors de la fête de la musique, tout en mettant la pression sur le fait qu’il devait y avoir un service d’ordre,  et qu’il allait faire venir la commission de sécurité.

Pour Briffaut, qui revendique sa vision du monde, la culture se résume à « honorer les morts pour la France en Indochine », nostalgie d’un temps où la France allait civiliser les peuples. Dans une interview sur un blog du château François 1er de Villers, Briffaut nous raconte par exemple que son père, un ancien militaire officier de tirailleurs algériens pendant la guerre d’Algérie, aurait vraiment souhaité que la France ‘ne laisse pas tomber’ les algériens.

Durant ces trois premiers mois de mandat, deux conseillères municipales ont démissionné, Cindy Jesson et Marie-Claude Dumoulin, aussitôt remplacées par Jérôme Grummelard et Emilie Vasseur.

IntoxiquéEs par des hoax sur les logements pour des habitantEs du 93, de Creil ou de réfugiéEs syriens, beaucoup de cottereziennes et cottereziens répugnaient aussi l’ancien maire Pruski (PS), pour son autoritarisme. La tentation d’élire un maire FN n’était hélas pas la solution, à présent il faudra tenir six ans avant les prochaines élections…

La Horde

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