Discrète visite du FNJ à la manif pour Clément

9 juin 2014 14 Imprimer ce billet Imprimer ce billet
Kelly_FN

Kelly B., le 7 juin 2014, en marge de la manifestation antifasciste en hommage à Clément.

Samedi 7 juin, à la manif en hommage à notre camarade Clément, nous avons eu la surprise d’apercevoir Kelly B., une des « égéries » du nouveau Front National de la Jeunesse (FNJ), la structure jeune du parti de Marine Le Pen. De manière fort téméraire, puisque bien loin de ses quartiers habituels, elle osa s’aventurer en cette terre lointaine et hostile qu’est le XXe, populaire et antifa. Accompagnée par un de ses amis du Front[1], elle n’a guère eu l’occasion de se faire le grand frisson en s’approchant des grands méchants antifas, puisque rapidement repérée, elle préféra tourner les talons pour se réfugier au plus vite derrière les gendarmes mobiles ! Si l’on s’intéresse à elle, c’est que cette Kelly est une parfaite illustration du nouveau visage « jeune » que tente de se donner le FN et de l’hypocrisie qui l’accompagne, car quand on gratte le vernis bleu marine, ça vire vite au brun…

JMLP_Kelly

Kelly au Premier mai FN, devant la statue de Jeanne d’Arc.

Tout comme les photogéniques Julie Abraham, Estelle Arnal ou encore Cassandre Fristot[2], ou leurs équivalents masculins Julien Rochedy, Adrien Grosjean ou encore Bruno Clavet[3], elle est en effet mise en avant depuis deux ou trois ans aux côtés de Marine Le Pen, aussi bien en meeting que sur l’estrade, lors de la manifestation du Premier mai (sa dernière apparition a été sous les crépitements des appareils photos des journalistes puisque c’est elle qui déposa, en compagnie de Jean-Marie et Marine Le Pen la gerbe de fleurs au pied de la statue de Jeanne d’Arc le premier mai dernier). Ces jeunes filles et jeunes gens tentent de donner une nouvelle image du FNJ bien plus présentable que celle de leurs prédécesseurs : tâche relativement aisée il est vrai, surtout si on prend l’exemple d’un Alexandre Gabriac, ancien responsable du FNJ Rhône-Alpes, aujourd’hui leader des ex-Jeunesses nationalistes, un des groupuscules d’extrême droite les plus radicaux en activité aujourd’hui.

Kelly lors d'un collage, avec ses amis

Kelly lors d’un collage, avec ses amis peu recommandables…

JNR

Le copain de collage de Kelly avec ses amis des JNR, la milice de Serge Ayoub.

Mais comme on va le voir, Kelly n’est pas qu’un simple faire-valoir, et la cantonner à un rôle de figuration serait injuste pour cette jeune militante. Membre du bureau départemental du FNJ parisien, elle faisait partie de l’équipe de campagne d’Aymeric Chauprade pour les élections européennes de mai dernier. Comme on peut le voir sur la photo ci-contre, elle n’hésite pas non plus à l’occasion à mettre les mains dans la colle. D’ailleurs, il est amusant de voir que derrière les jeunes premiers mis en avant pour la presse, dès que l’on gratte un peu, les militants parisiens du FNJ restent tout de même des bons gros « fafs » comme on dit par chez nous ! Car juste derrière elle, on reconnait un  jeune homme qui, bien que non-voyant, a été de toutes les Manifs pour Tous, y compris lors des affrontements avec les forces de l’ordre ; on a pu également le voir, le 9 mai 2013, en train de gueuler des insanités sexistes aux militantes des Femen venues perturber la manifestation organisée par Serge Ayoub, l’ami du meurtrier de Clément Méric, Esteban Morillo…

Ici à St-Denis avec à ses côtés Franscesco Condemi, compagnon de Béatrice Pignède, et en arrière-plan les bus de Dieudonné. En médaillon, « Le Sachen » avec Marine Le Pen.

Ici à St-Denis avec à ses côtés Franscesco Condemi, compagnon de Béatrice Pignède, et en arrière-plan les bus de Dieudonné. En médaillon, « Le Sachen » avec Marine Le Pen.

Plus cocasse, la présence à ses côtés du jeune homme métis à la longue chevelure, armé de son balai (rexiste ?). On pourrait s’étonner qu’il ne fasse pas partir de cette nouvelle élite mise en avant par Marine LePen tant il fait propre sur lui, si l’on n’avait pas en mémoire les casseroles qu’il se trimballe et qui lui imposent un minimum de discrétion au sein du FN. De son vrai nom Frédéric Mariez, il se fait appeler habituellement Sachen le Matricien, du nom du mouvement éponyme dont il est le créateur, et dont la première conférence a eu lieu en 2012 au Local de Serge Ayoub (encore lui !). Mais avant cela, c’est dans les rangs d’Egalité & Réconciliation qu’on l’avait remarqué, et plus précisément lors de la campagne de la Liste antisioniste du duo antisémite Dieudonné-Soral pour les européennes de 2009. À cette époque, et bien que régulièrement mis à mal par les antifascistes parisiens sur les marchés, Frédéric Mariez ne nous a pas une seule fois fait de démonstration de boxe thaï, qu’il est pourtant censé enseigner à St-Thibault-les-vignes (77)…
Enfin pour en finir avec la jeune Kelly B, notons qu’elle incarne aussi une autre des nouveautés du FN version Marine : l’attirance encore très limitée mais significative[4], d’une partie de la population d’origine juive pour ce nouveau FN et sa présidente. Notre Kelly est en effet issue d’une famille de la communauté juive de St-Mandé (94) : souhaitons qu’elle ait assez d’influence auprès du vieillissant Jean-Marie Le Pen, afin qu’elle et sa famille ne fassent pas partie de la « fournée » dont il vient récemment de faire la promesse à certains (comme Patrick Bruel)…

  1. dont on espère simplement que c’est bien en tant qu’ami qu’il était avec elle, et non en tant que garde du corps, tant il aura été inutile ! []
  2. Encore que pour ces deux dernières l’expérience a tourné court : Estelle Arnal quitta le FN de Saône-et-Loire après une très sale histoire de violences de la part d’un des membres du FN (histoire qui provoqua une véritable inquiétude au sein de l’équipe encore en place) pour se rapprocher du Parti de la France. Quant à Cassandre Fristot, elle démissionna après avoir occupé très brièvement le poste de chef de cabinet de Louis Aliot ; on la retrouve (étonnamment ?) à la première fête de la Droite Forte, le courant de l’UMP dirigé par Guillaume Peltier. []
  3. Tête de liste FN pour les municipales dans le IIIe arrondissement de Paris, la presse s’était gaussée de ses photos en en slip, quand son nom avait été dévoilé par le FN, photos que le magazine TETU n’aurait pas reniées. Là encore un rude coup sans nul doute pour les homophobes du FN ! []
  4. Significative, car même si dans sa grande majorité, la communauté juive continue à rejeter le FN, le fait que des personnes comme Kelly le rejoignent montre que le FN se normalise. Du côté du Crif, Richard Prasquier souligne désormais la différence entre Marine Le Pen et son père, arguant du fait qu’elle n’a jamais eu de propos antisémites, mais « oubliant » ses amis antisémites comme Frédéric Châtillon… []

14 commentaires »

  1. oka 10 juin 2014 at 04:24 - Reply

    Yves, je suis d’accord et pas d’accord avec ta missive.

    Je suis d’accord sur le fond, et sur le fait (par exemple) qu’on ne met jamais assez en avant les positions révolutionnaires ou la question des classes. C’est selon moi un des principaux écueils qu’on rencontre souvent chez les antifas.

    Après, il me semble logique et je ne vois pas ce qu’il y a de mal à remarquer qu’il y a quand même une profonde incohérence à soutenir un parti qui prône le négationnisme, l’antisémitisme et promet à demi-mot la déportation ou le retour de l’innommable lorsqu’on est juif/juive (entre autre…), comme le fait remarquer le commentaire de La Horde.

    Bien entendu, il n’y a pas d’incompatibilité entre un héritage culturel ou confessionnel, ou même une couleur de peau, et des positions politiques quelles qu’elles soient. Et ces contradictions en actes le prouvent. Mais ça, ce n’est pas vraiment ce que prône le FN. Souvenons nous aussi de la phrase de Goebbels cité par Fritz Lang « c’est nous qui décidons qui est juif ». Et c’est bien ça le problème. Tu sais, Dieudonné dit aussi « pour moi les juifs
    n’existent pas, je ne vois que des humains ». Il faut donc se méfier des discours en apparence « propres », mais
    en apparence seulement parce que la
    perversité antisémite et plus généralement xénophobe peut aller très loin.

    Et donc là il ne s’agit pas juste de positions réactionnaires courantes, mais de positions fascistes, antisémites, xénophobes, pogrommistes, et qui font toujours publiquement, de manière plus ou moins déguisée, l’apologie de l’extermination.

    Je pense effectivement que tout ça a un lien étroit avec leur classe (la plupart des jeunes FNJ sont avant tout d’authentiques bourgeois), mais ça n’explique pas tout. Je pense sincèrement qu’il faut vivre dans une ignorance crasse ou une certaine haine de soi (l’un ou l’autre) pour appartenir à la fois aux cibles désignées du FN et être militant-e de ce parti. On peut quand même pas faire comme si c’était pas une contradiction. Si ? Le soulever ne me semble pas nécessiter de penser comme ces gens.

    Ce qu’il faudrait encore relever c’est que le FN et les autres néo-fascistes qui cherchent à « faire vitrine » en embauchant
    des personnes issues de l’immigration, non-blanches, ou de confession ou origine juive par exemple misent sur ce qu’on pourrait appeler « la hiérarchisation des haines ». C’est horrible, mais c’est c’est comme ça que ça fonctionne.

    Un exemple frappant est le rapprochement de la LDJ avec le FN,
    ou d’autres groupes d’extrême-droite
    comme les identitaires, parce que la
    cible prioritaire (affichée, idéologique) de ces fascistes là est aujourd’hui plutôt l’islam et les musulmans, ou plus généralement les immigrés issus
    des anciennes colonies, par procuration.
    Du moins dans l’immédiat.

    Ce qui crée malheureusement -inutile de se cacher les yeux-, des vocations de kapo. Jusqu’à ce que le vent tourne, biensur…

    • Yves Coleman 10 juin 2014 at 17:47 - Reply

      Il me semble important de sortir de l’alternative « ignorance crasse » ou « haine de soi » pour expliquer pourquoi des exploités choisissent le camp de leurs exploiteurs, ou des personnes victimes de discriminations racistes, sexistes, nationales ou religieuses choisissent de soutenir activement leurs oppresseurs. Pour ce qui concerne l’ignorance, pendant des dizaines d’années les « communistes » prosoviétiques ont nié l’existence des camps de prisonniers, des camps de travail, des camps de rééducation politique, des asiles psychiatriques pour opposants, des purges criminelles de l’Armée Rouge avant la Seconde Guerre mondiale, de la livraison de communistes allemands aux nazis, de l’antisémitisme en URSS, etc. Ces militants ne peuvent pas plaider rétrospectivement l’ignorance crasse ni la haine de soi (par exemple, quand ils étaient juifs.)
      Un prolétaire qui prend le parti de son chef, voire même de son patron (j’ai bossé à Air France et il fallait voir le nombre d’employés qui s’identifiaient à « LA compagnie ») n’est ni ignorant ni dans un trip de haine de soi. Il fait un choix d’opportunité, un calcul de carrière, veut devenir chef, manque de courage pour s’opposer à la hiérarchie, etc.
      Un juif, ou un immigré, ou un Antillais qui soutient le Front national, raisonne lui aussi avec sa tête et lit des bouquins ou des brochures. Je côtoie toutes les semaines des sans papiers qui tiennent des raisonnements racistes, des personnes régularisées qui trouvent qu’il y a trop de sans papiers en France, et même des personnes devenues françaises qui votent FN. Ces gens-là ne sont pas ignorants du tout (ils ont une culture réac) ! Ils sont réactionnaires, racistes, nationalistes-français par imitation – ce qu’on appelle aux Etats-Unis les « Oncle Tom ». Pour passer à l’étape « supérieure » si j’ose dire, l’adhésion au national populisme du FN ou au fascisme des groupuscules les plus extrémistes, cousins germains du FN, il ne faut pas grand-chose. L’absence d’autres perspectives, la faiblesse des organisations dites ouvrières, le manque de combativité (le mot est faible des syndicats), des gouvernements de gauche qui cassent un à un tous les acquis sociaux, la crise qui s’approfondit, etc. Je crois qu’il ne faut jamais considérer que des positions réactionnaires ou fascistes sont principalement le fruit de l’absence de culture, de connaissances ou même d’intelligence. Ou tomber dans l’explication psychologique de la haine de soi. Aux Etats-Unis, la Nation de l’Islam a conclu des alliances avec le Ku Klux Klan. Ce n’était ni par ignorance, ni par haine de soi du sieur Farakhan et des centaines de milliers de membres ! Si on veut faire une propagande antifasciste efficace il faut commencer par ne pas considérer que nos adversaires sont ignorants ou inconscients des conséquences de leurs positions. Beaucoup espèrent tirer leur épingle du jeu…

      • okapy 14 juin 2014 at 03:13 - Reply

        Je pense que je suis d’accord avec ce que tu dis la. Mais malgré tout ça reste une contradiction. Le terme « d’oncle tom » en étant un bon exemple. Pour les exemples que tu donnes sur l’URSS j’ai eu l’occasion de dire ailleurs que Staline était un antisémite paranoïaque, je crois que le reste des horreurs que tu decris peuvent etre aussi creditées au stalinisme, et au rapport au monde qu’implique la bureaucratie totalitaire ( le mensonge systématique au pouvoir). En dehors de ceux qui ont commis ces crimes et les dirigeants, je doute que linformation ait pu aisement circuler pour les autres. Après les exemples que tu donnes en termes d’organisations sont des exemples qui dépassent le cadre individuel (imitation, opportunisme, et adhésion idéologique : ce qui n’en dit pas beaucoup sur les motivations) et sont donc des illustrations édifiantes d’alliances politiques selon le principe du théorème parfait de la guerre civile (« les amis de mes amis sont mes amis… » etc). Quand on a compris ça on sait pourquoi on a raison d’être anarchiste. Mais blague à part, même si je reconnais qu’il y a bien d’autres enjeux je n’entend pas la question de la haine de soi uniquement en termes individuels et surtout conscients ! Je pense qu’il est évident que les motivations, implications et conséquence du racisme ne sont pas les mêmes en fonction de la position qu’on occupe dans la hiérarchie sociale. Par exemple si je suis juif et relaye un discours antisémite ou soutien des gens qui le font, il est évident que la nuisance me concerne aussi. Même si je pense m’aimer beaucoup et / ou me mettre à l’abri en le faisant ( imitation / discours d’adhésion ). Je ne sais pas si tu connais et ce que tu penses des positions controversées de Marcel Liebman sur la question. Je pense que c’est intéressant. Une pièce à verser au débat. Je pense aussi que la société d’exploitation et de dominations dans laquelle on vit repose en grande partie non seulement sur la haine de soi mais sur notre capacité à nous rendre absents a nous memes. Ce quon appele la dissonance cognitive ou tout simplement l’aliénation (qui n’est pas psycho). C’est quelquechose qui peut être dit aussi concernant le mépris de classe qu’on accepte et intègre quotidiennement en tant que prolo. Ou encore l’homophobie intégrée (qu’on tolere soi même en tant qu’homosexuel en ne réagissant pas et/ou par peur de la « répression », voir en relayant soi meme) par exemple. Etc. C’est pas forcément un phénomène conscient mais je pense que comme pour le racisme ça a à voir avec ce que tu appelle l’adhésion (et je dirai même le consensus : presque toujours oppressif). Bien évidemment c’est le produit de rapports de force. Mais on est pas obligé de l’oblitérer en assimilant et résumant ça automatiquement à un discours psychologisant. Ça a aussi avoir avec le fetichisme de la marchandise. Par exemple… après sur le fascisme plus généralement : on peut être intelligent tout en étant irrationnel, voir d’un anti-rationalisme idéologique et militant.

  2. Roro Nounours 10 juin 2014 at 03:37 - Reply

    j’oubliais il serait bon dans l’article de préciser qu’elle n’habite plus à Saint-Mandé depuis cinq ou six ans déjà, notre ville étant toute petite (moins de 1 km2) ça me ferai chier que l’on pense quelle est un abri pour truie merci à toi l’admin

  3. Roro Nounours 10 juin 2014 at 02:49 - Reply

    Et dire que Kelly (et sa copine Xenia..) sont passé dans mon école (je suis directeur d’un centre de loisirs)… je ne sais vraiment pas comment nous n’avons pas su nous rendre compte qu’elles etaient influençable et faible d’esprit pour se faire embrigader comme cela dans un parti de merde pronant la haine et le rejet de l’autre… un gros raté de notre part…

  4. Yves Coleman 9 juin 2014 at 23:58 - Reply

    Pour en finir avec l’argument du « bon sens » je vous conseille de lire (enfin plutôt de voler) le livre de ces deux ex du FN dont l’une est d’origine algérienne et a mis DEUX ANS à se rendre compte que le FN était raciste anti-Arabes ! http://mondialisme.org/spip.php?article2060 A propos de « Revenus du Front. Deux anciens militants FN racontent », de Nadia et Thierry Portheault.
    Et Nadia Portheault était une militante de base, même pas carriériste, même pas cadre, qui ne se fermait pas les yeux et ne se bouchait pas les oreilles pour obtenir des avantages matériels et faire carrière…. Les Juifs (tout comme les Antillais, les homosexuels, les femmes, les descendants d’immigrés, ou les immigrés, les ouvriers, les employés etc.) qui sont au Front national ou qui votent pour le Front national ne se trompent pas de porte, ce sont des réacs conscients qui choisissent un parti d’extrême droite raciste ET antisémite, favorable aux patrons comme aux flics.

  5. Yves Coleman 9 juin 2014 at 23:45 - Reply

    On connait quand même depuis longtemps l’alliance entre Dieudonné, qui revendique ses origines africaines et sa négritude et Le Pen qui prône un bon génocide pour résoudre les questions démographiques en Afrique. Quel serait l’intérêt d’expliquer à Dieudonné qu’il est en « contradiction » avec ses origines parce que Le Pen est un raciste qui fait des « blagues » sur le génocide des Africains (comme des Juifs) ? Comme si Dieudonné ne savait pas de quoi son pote Le Pen est capable ! Votre mode de raisonnement fait appel au bon sens (une « Juive » ne peut tout de même pas être dans le même parti qu’un antisémite génocidaire !). Malheureusement le « bon sens » n’a aucune couleur politique particulière…. Il va du rouge de la lutte de classe (je suis exploité donc je me bats avec les prolétaires) au brun des fascistes (je suis exploité donc je me bats avec mes exploiteurs, car quand même personne n’ignore que Le Pen, père et fille, sont millionnaires et que ces millions ne viennent pas du fruit de leur travail ni du Loto !). Invoquer le « bon sens » auprès de dirigeants d’extrême droite me semble totalement à côté de la plaque…

  6. Yves Coleman 9 juin 2014 at 21:29 - Reply

    Pour prendre un autre exemple Alain Finkielkraut qui revendique sa judéité dans chacune de ses prestations radiophoniques défend aussi l’antisémite Renaud Camus, à la fois au nom de la « liberté d’expression et de création », mais aussi en fermant délibérément les yeux sur l’antisémitisme et les idées racistes anti-Arabes de Renaud Camus. Il ne sert à rien d’opposer les origines juives (supposées antifascistes ?) de Finkielkraut à ses positions réactionnaires, toujours à la limite du racisme anti-Arabes et complaisantes avec son pote antisémite, fascistoïde Renaud Camus. Opposer sa judéité proclamée à ses positions politiques réactionnaires n’a aucun sens. AF est un réac, point barre, qui sert de sa judéité pour protéger un antisémite. Je n’y vois nulle contradiction « de nature » entre judéité et fascisme. Pas plus que je ne vois d’affinité naturelle entre judéité et fascisme d’ailleurs… Si certains intellectuels juifs défendent des positions de plus en plus à droite depuis les années 60, c’est pour des raisons politiques qu’il faut analyser, critiquer, non pas en tant que positions « juives » mais en tant que positions réactionnaires.

    • La Horde 9 juin 2014 at 21:47 - Reply

      On comprend bien ton propos, mais tu nous fais dire ce que l’on n’a pas dit ! On ne prétend pas qu’une origine, quelle qu’elle soit, soit incompatible avec un discours politique, quel qu’il soit. Pour ce qui est de Mariez, on précise qu’il est métis pour ne pas le confondre avec le gars du milieu, sans arrière-pensée. Pour Kelly c’est un peu différent, et quand on la voit poser, béate d’admiration, avec un type qui, pour rire, propose en gros de rallumer les fours pour y mettre les Juifs, on a quand même le droit de la mettre en face de ses contradictions.

  7. Yves Coleman 9 juin 2014 at 21:20 - Reply

    Bonjour, je ne comprends pas bien l’intérêt de mettre en avant l’identité juive de cette « égérie » du FNJ et celle « métissée » d’un autre individu d’extrême droite. Noah est franco-africain et trouve Dieudonné drôle. Je me fous de la couleur de peau de Noah (et de celle de Dieudonné aussi d’ailleurs), de même que je me fous de la judéité de X ou du métissage de Y. Une femme ou un homme d’extrême droite doivent être critiqués selon moi en fonction de leurs actes, de leurs prises de position politiques, pas de leurs identités religieuses, ethniques, etc., voire de leur apparence physique (« métis ») supposées ou revendiquées. Il me semble vain, contre-productif voire réac d’opposer leurs origines (supposées bonnes ? antifascistes ?) à leurs positions politiques. Comme s’il y avait la moindre contradiction entre le fait d’être juif, ou Africain, ou Asiatique ou Arabe ou métis, ou que sais-je et être d’extrême droite, fascisant ou fasciste. C’est raisonner comme nos adversaires, en fonction d’affinités pseudocommunautaires, pseudoidentitaires, pseudo ethniques et non en partisans de la lutte des classes.

    • Ohleboloss... 21 septembre 2014 at 11:24 - Reply

      T’es sérieux là ? Tu vois pas de contradiction à être juif et à rejoindre un parti ayant la réputation d’être antisémite ?
      C’est pas parce qu’on mentionne pas les origines qu’elles vont disparaître socialement boloss va !
      C’est un fait le FN avec la transformation de son image cherche à se débarrasser de son aspect anti-sémite (difficilement) pour séduire un nouvel électorat, l’extrême-droite juive comme la LDJ ! C’est pas en niant le phénomène qu’il disparaît !

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