Euskal Herria : la mobilisation populaire empêche un rassemblement fasciste

13 mai 2014 1 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

 

Dimanche 11 mai, le collectif Hispania Verde, proche du Movimiento Social Republicano (MSR), avait convoqué une manifestation dans le village basque d’Erronkari (Navarre) afin de demander la réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées.

Ce rassemblement devait participer à la stratégie employée par une partie de l’extrême-droite, particulièrement celle gravitant autour du MSR, d’utiliser des revendications habituellement portées par des groupes de gauche afin de faire passer leur message nauséabond.

Ainsi, le MSR a notamment crée les collectifs Hispania Verde et PECTA(Patriotas Españoles Contre el Maltrato Animal) dans l’espoir de s’introduire dans le monde écologiste. D’autres groupes ont eux pour mission d’investir le terrain social avec des distributions de nourriture ou de capter des étudiants en reprenant certaines revendications universitaires avec sa branche jeunesse Liga Joven (contre les coupures budgétaires ou la loi Lomce notamment). Ces groupes sont particulièrement actifs en Aragon et tentent de se développer en Navarre.

Le MSR cherche également à développer ses relations internationales : en 2013, ils organisèrent une réunion avec les Ukrainiens de Svoboda dans laquelle participait le responsable madrilène de Hispania Verde, Juan Carlos Navidad. D’autres réunions ont été tenues avec les Hongrois de Jobbik ou les Grecs d’Aube Dorée. Ainsi, en février 2013, une délégation du MSR s’est rendue à Imia et le leader d’Aube Dorée, Nikolaos Michaloliakos s’était fait prendre en photo avec un drapeau du MSR.

La réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées n’est pas une revendication nouvelle pour ces groupes, ainsi en mars 2010 un rassemblement avait été organisé par Hispania Verde, avec le soutien du MSR, dans le village aragonais d’Ansó.

Un an après, en mars 2011, le MSR participait à une autre mobilisation dans la localité de Chaca aux côtés d’Hispania Verde, de PECTA ou de Pirineos Wilderness. Ce dernier groupe faisait d’ailleurs également partie des organisations à l’origine du rassemblement du 11 mai 2014 à Erronkari.

A cette époque, des collectifs comme Ecologistas en Acción (Ecologistes en action), Plataforma de Defensa de las Montañas de Aragón (Plateforme de défense des montagnes d’Aragon), Aqueras Montañas ou Bloque Independentista de Cuchas (Bloc Indépendantiste de gauche) avaient dénoncé « un acte de l’extrême-droite dissimulé sous une supposée protection de l’ours ». Ecologistas en Acción avait notamment fait le lien entre le MSR et l’organisation néo-nazie Blood & Honour et soulignait que ce mouvement « n’avait rien de social, ni de républicain, promouvant une idéologie d’extrême-droite héritière de l’Allemagne nazie, basée sur la haine de l’autre, le contrôle social et l’absence de libertés, sous un masque social et démocrate. ».

Ils poursuivaient : « Le MSR participe à cette lutte avec un objectif : capter des adeptes, alimenter son organisation en pratiquant la confusion, semer la discorde dans le village de Jaca en opposant écologistes et agriculteurs pour leurs propres intérêts. »

Cette étiquette écologiste fut également employée par ces groupes fascistes pour se présenter aux élections municipales de 2011 à Saragosse sous le nom de Los Verdes-Grupo Verde (Les Verts – Groupe Vert) dans lesquelles ils obtinrent 1500 votes.

Le 22 mars dernier, Hispania Verde, protégé par la Guardia Civil, organisait une plantation d’arbres à Alfacharín, près de Saragosse, malgré le fait que 40 organisations aragonaises dénonçaient cet acte fasciste en signant un communiqué titré : « Qu’ils ne te trompent pas : ce sont des néo-nazis, pas des verts ! ».

L’organisation politique Puyalón de Cuchas organisait également un débat à Chaca afin d’alerter la population sur les manœuvres du MSR et de ses collectifs.

Mais le dimanche 11 mai, la population d’Erronkari s’est opposée à la venue des fascistes en terre basque sous le slogan : « Contra el fascismo, Erronkari tinko »

Ainsi, à partir de 11h, un rassemblement avait lieu sur le pont d’Erronkari afin de montrer le refus des habitants du village à la venue d’Hispania Verde. A 12h30, un groupe de fascistes escortés par la Guardia Civil se présenta mais fut repoussé par les habitants. Au bout de quelques minutes, ceux-ci renoncèrent et se replièrent, grâce à une marche de plusieurs heures dans la forêt, jusqu’à leur autobus.


Vidéo de l’arrivée des fascistes, repoussés, par tous les moyens nécessaires, par la population d’Erronkari et protégés par la Guardia Civil : http://www.youtube.com/watch?v=7fepSu4_3Gw

 

Source (avec photos) : http://www.naiz.info/eu/actualidad/noticia/20140511/decenas-de-ciudadanos-se-concentran-en-erronkari-contra-el-fascismo

 

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