Serbie : une députée d’extrême droite présidente de l’Assemblée nationale

27 avril 2014 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Lu sur Le Courrier des Balkans :

Mercredi 23 avril, la députée du Parti progressiste de Serbie (SNS) Maja Gojković a été élue présidente de l’Assemblée nationale avec 194 voix en sa faveur. Belle récompense pour l’ancienne maire de Novi Sad, ex-conseillère juridique de Šešelj devenue pasionara de la « nouvelle droite conservatrice pro-européenne » serbe.

Maja Gojković

Maja Gojković

« La plus efficace, la plus cultivée » du Parti radical de Serbie (SRS). C’était il y a dix ans, en 2004. Maja Gojković venait d’être élue maire de Novi Sad, la « capitale » de la Voïvodine et deuxième plus grande ville de la Serbie. À l’époque, cette avocate branchée fan d’Andy Warhol représentait l’atout charme de l’extrême droite serbe.

Vice-présidente du SRS dont elle fut l’un des membres fondateurs aux côtés du « chef historique » Vojislav Šešelj et de l’actuel Président de la République Tomislav Nikolić, elle-même s’affichait comme une « réformatrice », une « nationaliste urbaine » incarnant le « nouveau visage moderne de la droite politique en Serbie ». Son but : faire du sulfureux SRS « un parti conservateur normal », sans aspérités, à l’instar de ses homologues européens. Sa méthode ? Maintenir la ligne politique et le noyau électoral dur du parti, tout en attirant une nouvelle audience grâce à un bon lifting. Le SRS ne doit pas changer son programme, expliquait-elle en 2008, mais « certaines choses doivent être adaptées au XXIe siècle »… Question de look et de rhétorique.

Son bilan à la mairie de Novi Sad (2004-2008) n’a pas fait l’unanimité. « Le SRS et leurs alliés ont embauché tous les membres de leur famille dans les entreprises publiques, dépouillé le budget municipal, couvert le centre-ville d’un béton de mauvaise qualité qui semble être contaminé par quelque maladie contagieuse », écrivait Teofil Pantić dans Vreme en mars 2007. Maja Gojković, élue dans un contexte d’abstention massive, avait pourtant promis d’« éradiquer la corruption et le crime organisé ». Au lieu de quoi, elle a laissé une ville boudée par les investisseurs étrangers, submergée par le chômage et gangrénée par l’insécurité.

Fin 2012, quatre ans après la rupture avec le SRS, Maja Gojković a rejoint le Parti progressiste de Serbie (SNS) de son « ami de longue date » Aleksandar Vučić, autre transfuge du SRS et grand artisan du remodelage de l’extrême droite, aujourd’hui Premier ministre. « J’ai toujours été politiquement cohérente », a déclaré Maja Gojković après avoir été élue au scrutin majoritaire à la tête de l’Assemblée nationale, mercredi 23 avril.

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