Toulouse : retour sur la manifestation contre le « Jour de colère » du 5 Avril

8 avril 2014 4 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Ce Samedi 5 Avril 2014 était appelé à Toulouse une contre-manifestation antifasciste pour faire face à l’initiative réactionnaire et fascisante nommée « Jour de colère ».

En plus d’être une belle victoire antifasciste, c’est un gros coup porté au moral des forces réactionnaires et de l’extrême-droite locale, une forte mobilisation, déterminée, à la fois organisée et spontanée, populaire, contre les « idiots utiles du capitalisme » et leur monde.

Nous vous invitons aussi à lire les compte-rendus de l’Union Antifasciste Toulousaine (Jour de honte pour les réacs) et du collectif Coup pour Coup 31 (Antifascisme : 1 / Jour de colère : 0).

 

EN ARRIVANT SUR LA PLACE

Le Jour de colère a annoncé leur rassemblement sur la place du Capitole à 14h30. C’est en toute logique que l’initiative antifasciste a elle été annoncée à 13h sur la même place.

La bande à Bonneau, malheureusement pas la bonne !

La bande à Bonneau, malheureusement pas la bonne

Dès 13h le « service d’ordre » du Jour de colère se regroupe sur la place et est protégé par une unité de CRS. On remarque dès le début « la gueule » de ce SO : tous en noir, la plupart masqués, bombers, tatouages nazis, casques de moto. Celui qui parait donner les consignes au SO est coiffé d’une casquette patchée Division Charlemagne. On voit aussi que Pierre-Marie BONNEAU, l’avocat des fachos et dirigeant local de l’Oeuvre Française, semble être la tête dirigeante de la journée.

Un peu plus tard une automobile arrive discrétement devant les portes du Capitole afin de décharger le matériel pour le stand.

Sur la place et tout autour du Capitole les accès sont alors filtrés par d’autres unités de CRS qui commencent à empêcher tout regroupement et à repousser avec force les premiers protestataires.

Côté antifasciste, un nouveau point de regroupement circule alors : rendez-vous derrière le capitole pour former le cortège. Pendant que le cortège prend forme, des petits groupes de gens et beaucoup d’individus et de passant.e.s se trouvent sur le Capitole ou aux alentours, dans les différentes rues qui y mènent. Beaucoup de personnes en ce Samedi après-midi se demandent ce que fait ce groupe de « crânes rasés » protégés par la police sur la place du Capitole, qui ont l’air visiblement d’être là pour en découdre.

C’est peu avant 14h que le cortège antifasciste s’élance, cortège appelé par diverses organisations libertaires, anti-impérialistes, LGBT et antifascistes toulousaines, sous le nom de « Notre rage est révolutionnaire, leur colère est réactionnaire ! ».

 

AUTOUR DE LA PLACE

Au moment où le cortège s’élance dans les rues toulousaines, plusieurs autres groupes de manifestant.e.s sont maintenues bloquées aux entrées de la place.

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Des petits coups de pressions alternent avec les slogans originaux et la rage de voir des néonazis prendre possession du Capitole. Notamment quand un flic se met à salir la mémoire de notre défunt camarade Clément. Ces petits groupes tout autour de la place vont tenter d’y accéder en étant mobiles et en testant les différents accès à la place. Pendant ce temps, le cortège principal fait de même.

Puis on commence à se rendre compte que si l’on se rend seul.e.s où à quelques un.e.s discrétement, on peut rentrer sur la place et rejoindre les personnes dispersées un peu partout sur le Capitole (mais bien attentives et vigilantes à ce qu’il s’y passe).

 

SUR LA PLACE

Dès 13h, plusieurs personnes sont sur la place, et observent les fascistes se préparer.

A partir de 14h30, le périmètre du rassemblement est installé avec les barrières « Mairie de Toulouse » sous la protection continue des forces de l’ordre. Le service d’ordre se met en place tout autour de ce périmètre. Personne, à part une poignée de catholiques intégristes en train de faire les balances de la sono (avec des airs super-tragiques tout droit tirés de la BO d’une super-production hollywoodienne genre « 300 », ou des chants militaires). Mais vraiment personne n’est présent dans le périmètre installé.

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Par contre, en face du périmètre, il y a de plus en plus de personnes, de passant.e.s, d’opposant.e.s.

Un ouvrier d’une cinquantaine d’années vient alors tenir tête aux réactionnaires et leur dire tout haut ce que les gens semblent penser tout bas : « Vous n’êtes qu’une bande de racistes, vous êtes la honte de ce pays, votre but est de diviser les gens, les monter les uns contre les autres plutôt qu’ils s’unissent contre leur véritables ennemis, contre ce système capitaliste,… ». Ce à quoi les excités du SO (rappelés à l’ordre par Pierre-Marie Bonneau de ne pas cogner les personnes qui ne sont pas d’accord avec eux) rétorquent que « ici on ne parle pas de classes mais de races », « qu’un ouvrier blanc et un ouvrier noir n’ont rien en commun », et bien d’autres dégueulis racistes et réacs.Photo 021

La conversation ramène une nuée de journalistes et les passant.e.s et opposant.e.s se regroupent, prêts à empêcher les nazillons de nuire.

Plusieurs personnes prennent des photos : journalistes, passant.e.s, manifestant.e.s, on verra alors des membres du SO prendre à parti des photographes et provoquer des opposant.e.s, en effectuant des saluts nazis.

 

ET ALORS…

La situation semble se tendre et devenir de plus en plus compliquée à gérer pour les CRS et autres forces de police (BAC, civils, nationale).

Le nombre croissant de personnes révoltées par la présence des néonazis sur le Capitole commence à reprendre les slogans (« Toulouse Toulouse : antifa ! », « Pas de quartiers pour les fascistes… ») émanant du cortège et des groupes bloquées aux entrées de la place. Ce à quoi le SO du Jour de colère répondit « Toulouse est nazie ! » et autre « Bleu blanc rouge : la France aux français ». Le SO attaque alors quelques personnes qui chantent des slogans antifascistes, ce qui amène une légitime réaction d’autodéfense des plus proches. Première (d’une longue série) charge des CRS, coups de matraque contre les personnes solidaires, protection des idiots utiles du capitalisme.

Les CRS se positionnent face aux toulousain.e.s et aux arcades du Capitole, laissant une bande vide entre le devant du périmètre du rassemblement (toujours tout aussi vide) et le reste de la foule.

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Une seconde charge (matraque et gazs lacrymogènes) va repousser les personnes présentes sur la place sous les arcades et de chaque côté du milieu de la place. Des passant.e.s, des familles, des enfants, des adolescent.e.s se font gazer et renverser par les CRS. Une troisième charge finit de repousser quelques groupes dans les rues adjacentes. Les flashballs sont armés et visent les personnes à hauteur de taille et de visages.

Les flics reviennent sur leur position, et très rapidement rechargent dès qu’apparait un groupe de personnes (ou des individus) opposées au Jour de colère. Sur ces nouvelles charges, beaucoup de personnes se retrouvent pris au piège entre les vitrines des boutiques et les coups de matraque. On suppose qu’à ce moment là ont lieu des premières interpellations et on constate les premières blessures, tout en distribuant du sérum physiologique aux toulousain.e.s victimes de ces violences policières. Les passant.e.s et les personnes attablées aux terrasses huent l’intervention policière.

La situation semble après cette première série de charges se stabiliser ; les flics reviennent sur le centre de la place.

Pendant ces premières échaffourées, les fachos ont fait profil bas et en ont profité pour ranger les barrières et leur matériel. Avant ces échaffourées, on compte une dizaine, quinze tout au plus, personnes présentes dans le périmètre « Jour de colère », en plus des 25 membres du SO.

C’est beaucoup moins fiers que les nazillons et catholiques intégristes se regroupent juste devant les portes du Capitole, à quelques pas et sous la bienveillance des forces de police.

Le bruit de la première vague de violence policière commence à se propager à travers la ville, et beaucoup, beaucoup de monde, (bien plus que les 200 manifestant.e.s dont parle la presse) reprend possession de la place et se dirige, se regroupe tout autour des fachos, mécontents de leur présence et de la violence policière générée par cette dernière.

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Très vite se reforme un cordon de CRS tout autour des « Jour de colère » et au bout de quelques minutes le groupe est exfiltré de la place par les CRS, sous les huées et les sifflements d’au moins un bon demi-millier de personnes.

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Les CRS bloquent alors la rue par laquelle sont exfiltrés les fachos. Face à eux, les toulousain.e.s révolté.e.s expriment leur colère, leur véritable colère : la colère contre les fachos, les cathos et les machos qui nous divisent, la colère contre la mairie de Toulouse, représentante du pouvoir politique local qui ouvre ses portes et donne des moyens à ces mêmes fachos, la colère contre la police qui protège les fachos tout en arrêtant et tabassant les opposant.e.s antifascistes et les habitant.e.s de Toulouse.

Quelques projectiles volent, ce qui déclenche une nouvelle série de charges, la plus violente. Des interpellations par les flics en civils, par les CRS, et dès que la foule est repoussée, les personnes arrêtées sont passées à tabac sous les yeux et les cris des toulousain.e.s.

 

A la suite de manifestation on compte une dizaine de personnes interpellées, placées en garde à vue, dont quelques unes sont jugées en comparution immédiate ce Lundi 7 Avril et Mardi 8 Avril au palais de justice.

Cette journée a été une victoire contre l’extrême-droite, contre les idées réactionnaires, contre les organisations qui font la promotion de la haine.

Ni la répression ni les blessures affligées par les armes de la police n’empêcheront les toulousain.e.s de résister et de se battre pour une vie digne, sans fascisme, sans homophobie, sans racisme, sans sexisme.

 

Le soutien et la solidarité s’organise pour les personnes blessées, interpellées et jugées ou amenées à l’être. D’ici là, si vous étiez présent.e, vous pouvez envoyer à la Horde toute photo, vidéo, témoignage des violences policières.

4 commentaires »

  1. Jean-Charles Chaise 17 avril 2014 at 11:48 - Reply

    Très belles photographies de Jean-Marc Aspe. Bravo à lui !

  2. jean charles lannevere 8 avril 2014 at 12:27 - Reply

    Le fascisme c’est la gangrène a Perpignan comme a Toulouse..clément clément..résistance..!

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