Rhône : les néofascistes de «Vénissieux fait front»

28 mars 2014 5 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

La liste «Vénissieux fait front» (Rhône) menée par les « parasites » (dixit Marine Le Pen) Yvan Benedetti et Alexandre Gabriac a obtenu 11,49% des suffrages dimanche dernier, un résultat sans précédent depuis des années pour une liste d’extrême droite radicale. C’est vrai que le Front national n’y avait pas présenté de liste, mais les néo-fascistes « amis de Pierre Sidos » comme ils se font désormais appeler peuvent fanfaronner. «C’est une énorme satisfaction que de glisser une certaine quenelle à ce système» a déclaré Gabriac à l’AFP, une allusion à Dieudonné que ses « kamarades » apprécieront peut-être moyennement. Notons au passage qu’à l’époque où l’Œuvre française cherchait à infiltrer le FN, Benedetti s’était déjà fait élire conseil municipal FN à Vénissieux en 2008, avant que Marine Le Pen décidé de faire le ménage et de se débarrasser des amis encombrants de Bruno Gollnisch. Si le programme tient sur une feuille de papier à cigarette, l’orientation idéologique est clairement assumée. Pas de dédiabolisation ici, mais au contraire un ancrage dans la pure tradition fasciste (cf. affiches ci-dessous) : la référence au rexisme n’est pas étonnante, quand on sait que le Cercle des Amis de Léon Degrelle a été fondé par  Christophe Georgy, proche de l’Œuvre dans la région dijonnaise.

Vénissieux fait front

Les références de la liste « Vénissieux » sont assez explicites, pour peu que l’on ait une connaissance basique du fascisme européen : sur l’affiche du premier tour (1), on retrouve ainsi le « balai rexiste » du nazi Léon Degrelle, tandis que celle du deuxième tour reprend la « révolution nationale » du régime de Vichy.

Si près de la moitié des personnes qui composent la liste semblent l’avoir été « à l’insu de leur plein gré », ce n’est certainement pas le cas des premiers de la liste. On y trouve ainsi sans surprise en tête de liste Yvan Benedetti, mais Alexandre Gabriac, qu’on ne présente plus mais dont vous retrouverez le parcours sur le site REFLEXes, n’est qu’en troisième position, laissant la place à une certaine Estelle Gagon. Si on ne lui connait pas de responsabilité particulière dans le mouvement, ses motivations politiques ne font aucun doute, à en croire ses photos de vacances (cf. ci-dessous).

En haut, aux côtés d'Yvan Benedetti et d'Alexandre Gabriac. En bas, à Predappio (où se trouve le tombeau de Mussolini) pour l'anniversaire de la mort du Duce, incontournable lieu de pèlerinage pour tout bon militant de l'OF.

En haut, aux côtés d’Yvan Benedetti et d’Alexandre Gabriac. En bas, à Predappio (où se trouve le tombeau de Mussolini) pour l’anniversaire de la mort du Duce, incontournable lieu de pèlerinage pour tout bon militant de l’OF.

On sait le rôle dévolu aux femmes à l’Œuvre française, et son fondateur Pierre Sidos estimait même que les femmes ne pouvaient prendre part aux activités de son organisation mais étaient là uniquement « pour repeupler la France ». Les temps ont-ils changé ? Si l’on en juge par le discours des Caryatides, les potiches de l’Œuvre, non. C’est d’ailleurs l’une de ses porte-parole qu’on retrouve en quatrième position sur la liste :  Laura Lussaud, militante au FNJ depuis l’âge de 13 ans, fille et petite-fille de militantes FN, élue à l’âge de 17 ans au comité central du Front National, qui en a été exclue pour avoir participé à la manifestation des Jeunesses Nationalistes du 14 janviers 2012 à Lyon, et s’est depuis retrouvée bien souvent à porter la banderole de tête des Jeunesses nationalistes, aussi bien à Paris qu’à Lyon, lors des diverses apparitions du mouvement. 

A l'extrême droite (forcément !), Estelle Gagon, et, derrière elle, André Le Bloch.

A l’extrême droite (forcément !), Estelle Gagon, et, derrière elle, André Le Bloch.

Enfin, notons pour finir la présence en cinquième position d’André Le Bloch, alias Nino, dont le site antifasciste Fafwatch avait révélé qu’il avait accueilli le dernier camp d’été des Jeunesses nationalistes, l’an passé en Ardèche.

5 commentaires »

  1. sarah 2 avril 2014 at 11:39 - Reply

    @Valentine : ce n est pas la 1ere fois que « potiches » est utilisé pour désigner les Caryatides dans un article de La Horde.C’est sans doute aussi pour pointer du doigt le fossé entre le monde de « ces gens-là » et le nôtre ,dans lequel ,nous femmes antifas, sommes considérées comme des camarades à part entière,jamais réifiées ? Et puis ça permet de dénicher un beau prétexte ,noble et politique « la lutte contre l extrême droite », pour donner dans le langage sexiste . Bref rien de nouveau sous le soleil rouge et noir.

    • La Horde 2 avril 2014 at 21:26 - Reply

      Encore une fois, le terme utilisé est exactement la référence au nom qu’elles se sont choisi: elles se voient comme des statues immobiles, pas comme des femmes en mouvement. Alors potiches elles sont, potiches elles resteront, dans nos articles et dans les faits. Pour le reste de ton commentaire, sache que quand on travaille sur un sujet concernant l’extrême droite, on n’a pas dans un coin de notre cerveau une comparaison spécieuse avec ce qui se passe « sous le soleil rouge et noir », on ne renvoie pas fafs et antifas dos à dos. Moi, femme antifa, je continuerai à utiliser des termes comme celui-ci à l’égard des ennemies déclarées du féminisme.
      Tina

  2. valentine 31 mars 2014 at 14:53 - Reply

    2 choses: 11 % avec un taux de participation de combien ?
    Sinon le passage sur je cite : « les potiches de l’Oeuvre », c’est vraiment nécessaire, je croyais qu’être antifa c’était aussi être antisexiste. Je crois pas qu’on puisse discrédité un courant politique en utilisant ce genre de qualificatif misogyne.

    • La Horde 31 mars 2014 at 20:40 - Reply

      Rien de sexiste ni de misogynes à qualifier les Caryatides de potiches, puisque c’est le rôle même dans lequel elles se placent : servir de faire-valoir dans les manifs, et de « repos du guerrier » après.

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