Drôle de débat que celui qui a enflammé l’Assemblée nationale hier. Accusé par la droite de complaisance vis-à-vis de l’extrême gauche, Manuel Valls a renvoyé le député UMP Claude Goasguen, maire du XVIe arrondissement de Paris, à ses liens passés avec «l’extrême droite». Une grande partie du groupe UMP a alors quitté l’hémicycle, et le groupe a décidé de ne pas assister à la séance de questions au gouvernement, ce mercredi.

Le président du groupe PS, Bruno Le Roux, s’est ensuite montré plus précis, affirmant que Claude Goasguen avait appartenu au mouvement Occident durant ses années étudiantes. Actif de 1964 à 1968, Occident se caractérisait par un anti-communisme virulent et par son activisme musclé. Plusieurs cadres de droite y ont milité – comme l’ancien ministre de la Défense Gérard Longuet, le président du conseil général des Hauts-de-Seine Patrick Devedjian, ou encore l’ancien ministre de l’Economie Alain Madelin. «C’était un engagement lié à l’expansion du communisme dans le monde», assure Gérard Longuet, joint par Libération. «On peut parler d’un proto-fascisme, ultra-nationaliste et teinté d’antisémitisme, même si ce dernier trait n’est pas la marque de fabrique d’Occident. Ils sont franchement anti-démocrates», complète Frédéric Charpier, auteur d’un ouvrage de référence sur le fameux mouvement (Génération Occident, Seuil 2005).

Claude Goasguen a cependant nié tout passage par Occident : «Je n’ai jamais été membre d’Occident, […] mais président de la corpo d’Assas [syndicat étudiant de droite], a-t-il affirmé. Etant alors partisan de l’Algérie française, j’ai soutenu Jean-Louis Tixier-Vignancourt [candidat d’extrême droite à la présidentielle de 1965]. Mais tous ceux qui défendaient l’Algérie française n’avaient pas une démarche d’extrême droite. M. Valls perd les pédales !».

 

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