Les Antigones, déjà oubliées?

20 novembre 2013 2 Imprimer ce billet Imprimer ce billet
Christian Bouchet (le chauve) et à droite

Christian Bouchet (le chauve) avec à droite Juan Antonio Llopart

Qu’il est loin le temps où les Antigones faisaient rêver les journalistes ! À l’instar des autres acteurs du « peuple de droite » qui découvrait l’année dernière les frissons des manifestations contre le gouvernement Hollande, elles ont disparu de l’actualité. Certains s’étaient demandé de quel bord elles étaient, allant jusqu’à s’imaginer que, mais non, elles n’étaient pas d’extrême droite, malgré les liens montrés par La Horde ici.
Ce mois-ci, on a pu les retrouver en Espagne, en bonne compagnie, aux Journées de la Dissidence, organisées à Madrid du 8 au 11 novembre. Ceci explique peut-être qu’on ne les ait pas vues sur les Champs-Elysées, à moins qu’elles partent du principe que le bonnet rouge leur va moins bien que leurs tenues virginales.

Des organisateurs d’extrême droite

Les Jornadas de la Disidencia étaient organisées pour la huitième année par le MSR, Mouvement Social-Révolutionnaire espagnol, un mouvement d’extrême droite tendance national-révolutionnaire, comme son nom l’indique.

Des affiches éloquentes…

Des affiches éloquentes…

Ses principaux contacts en France sont : Christian Bouchet (époque Nouvelle Résistance), Pierre Vial (Terre et Peuple) et enfin… le Front national. On voit ainsi Juan Antonio Llopart, son dirigeant, avec Bouchet et Le Pen père lors d’événements où ils se sont rencontrés.
Par ailleurs, on note la déco du lieu de la rencontre : sur ses affiches, le MSR affiche clairement sa ligne et ses héros, Brasillach et Duprat, deux illustres figures de l’extrême droite française.
Voilà qui invite les Antigones : mais les amis du MSR sont-ils les amis des Antigones ?

programmeUn programme éloquent

Pour répondre à cette question, regardons d’un peu plus près le programme des festivités : le doute n’est plus permis dès qu’on voit qui les Antigones ont eu l’occasion de côtoyer pendant ces trois jours. Le vendredi 8, c’était Alexandre Gabriac de Jeune Nation (anciennement Jeunesses Nationalistes, interdites après l’assassinat de Clément) qui faisait un topo sur « La France qui lutte », puis Jens Pühse du NPD allemand qui expliquait en quoi le NPD était « une alternative nationale » et enfin un intervenant espagnol qui présentait le « syndicalisme national ». Le lendemain, elles ont croisé un intervenant croate, un représentant du parti social-nationaliste syrien, et Valentin Rusov de Russie.
Le clou de ces journées était, à n’en pas douter, la journée du dimanche avec ses « vedettes » de l’extrême droite : Douguine, qui n’est plus à présenter et un mystérieux E. Z. d’Allemagne dont l’exposé, intitulé « Les lois contre l’Histoire » annonçait la couleur. Il s’agissait en effet d’Ernst Zündel, une figure centrale de la sphère négationniste. Entre ces deux pointures… les Antigones.

Un contact espagnol tout dévoué à l’extrême droite la plus radicale

Circulo_AthenaMais alors, qui a invité les Antigones à ces journées ? C’est une certaine Carmen Martin Patial, une vieille briscarde de l’extrême droite espagnole qui a invité la très médiatique Iseul Turan des Antigones. On retrouve ainsi Patial en 2009 en tête de la liste que le MSR présentait aux élections européennes. Deux places derrière elle, Erik Norling, un néonazi revendiqué qui a fait partie de la CEDADE (Cercle espagnol des Amis de l’Europe). Inspirée par l’exemple de ses copines françaises de blanc vêtues, Patial a fondé en juin 2013 une sorte de pendant espagnol des Antigones, le Circulo Atenea, dont les chevaux de bataille sont la lutte contre l’avortement et contre le féminisme comme lutte d’émancipation (voir affiche).

À l’instar des Antigones, les Athéniennes (cathos ou païennes) se présentent comme anti-FEMEN avec un discours intellectuellement malhonnête qui réduit le féminisme à l’apparition médiatique des FEMEN, essayant de s’approprier l’étiquette féministe, gage à la fois d’une posture anti-système et médiatiquement fréquentable. Ça ne vous rappelle rien ?

AntigonesMadrid

De gauche à droite : Carmen Martin Patial et Iseul Turan.

Et voilà. Pour celles et ceux qui avaient bien du mal à situer les Antigones sur l’échiquier politique, gageons que désormais, les choses seront plus aisées ! Elles ne sont pas national-conservatrices, non, elles sont juste d’extrême droite, et leur donner la première étiquette sous prétexte de vouloir « faire la part des choses » ne revient qu’à rentrer dans leur jeu politico-médiatique.

2 commentaires »

  1. manu 25 mai 2015 at 21:23 - Reply

    Quelqu’un sait si ce ne sont pas elles ? (Vidéo des Brigandes)
    Ca y ressemble, et en même temps, il n’y a pas beacuoup de filles dans les mouvements d’extreme roite

    • La Horde 26 mai 2015 at 13:38 - Reply

      Autant qu’on puisse en juger, dans les deux formations connues des Brigandes, on ne reconnaît pas d’Antigones… Nous reviendrons peut-être dans un futur article sur le groupe dont on ne sait, des chorégraphies ou des paroles, lesquelles nous affligent le plus !

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