Pays basque : à propos du 9 novembre

15 novembre 2013 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Euskal Herria antifaxista_logoPoint de vue d’un militant antifasciste basque à propos du 9 novembre :

Le 9 novembre 1938, les nazis commençaient la traque des juifs, Tziganes, homosexuel-le-s, opposants politiques, etc., pour finir, comme tout le monde le sait, dans les camps de la mort ! 9 novembre 2013, en Europe, la chasse aux Roms et aux sans-papiers perpétuée par Valls, la stigmatisation des musulmans, l’homophobie, la lesbophobie, l’omniprésence du sexisme et du racisme dans les hautes sphères des États et en général la montée des idées nauséabondes de l’extrême droite nous montrent que le fascisme n’a pas disparu ! Il est bien vivant et encore plus depuis ces dernières années.

À l’occasion de la commémoration de cette date, plusieurs rassemblements étaient organisés en Europe, dont deux en Euskal Herria (Baiona, Bilbo) à l’appel de Sare Antifaxista. Et c’est là où je veux en venir. Pour prendre le cas du Pays Basque, comment expliquer le manque de présence, d’investissement de la part des mouvements, partis, personnes, se réclamant de la gauche révolutionnaire, progressiste, soi-disant incontournables dans la vie sociale de ce pays ? Le manque de solidarité tout court ! Comme, pour prendre un exemple, votre insignifiante présence lors des manifs pour le mariage pour tous. Il est peut-être bon de se souvenir des origines, d’où la lutte a commencé. D’où l’on vient. Les combats menés par les combattant-e-s basques qui luttaient contre Franco pendant la guerre d’Espagne. 1959, création d’ETA pour la reconnaissance du Pays Basque et lutte contre le fascisme. Années 1970-1980, les victimes des groupes parapoliciers ou barbouzes d’extrême droite. Ainsi que la répression de la part des forces de polices des deux États, français ou espagnol.

Plus globalement, le système capitaliste, les institutions et idées fascisantes, racistes, qui nous oppriment dans notre quotidien, et chient sur nos libertés ! Non, l’antifascisme n’est pas l’histoire d’un groupe, de mouvement ou de personnes. Qu’elle soit ici, à Berlin, Rome, Dublin ou ailleurs, la lutte contre les discriminations est la même. L’antifascisme, ce n’est pas non plus une lutte isolée, confinée, mais sous cette bannière sont englobées des luttes comme l’anticapitalisme, l’antisexisme ou contre toutes formes d’oppression.

Je pense qu’il était bon de le rappeler. Notre devoir de mémoire, de résistance, de combat, passera par la solidarité ! Et non pas par le mépris et l’indifférence. C’est notre devoir, celui des femmes et hommes de ce pays. C’est l’affaire de tous et toutes !

Oroimena, duintasuna eta borroka, Euskal Herria antifaxista.

Joël SISTIAGUE

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