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Death in June n’est pas bienvenu à Paris

Mise à jour le 11 octobre 2013 à 13h30

le directeur du Petit Bain, Esteban Ricardo, nous écrit :

bonjour La Horde,

Après avoir creusé la question, il nous a semblé clair d’annuler cette date et de ne laisser planer aucune ambiguïté sur ces idées et sur notre position.

Bien à vous, Ricardo Esteban.

Nous saluons cette décision, qui a été prise de bonne foi et après réflexion, et non sous la pression d’une quelconque menace (ce que ne manqueront pas de suggérer certains, avides  d’assimiler vigilance antifa et censure).  Le Petit Bain a fait une erreur de programmation, ça peut arriver, et il serait injuste de leur en tenir rigueur.

Certes, les fans de DIJ en seront pour leurs frais, main nous pensons que l’art moderne, et même post-moderne, qui n’a pas besoin de faire l’apologie du nazisme pour exister, s’en relèvera. Nous allons fermer les commentaires sur ce sujet, qui est clos pour nous, et renvoyons les amateurs de folklore nazi qui souhaitent le poursuivre sur la page Facebook du groupe,  sur laquelle il pourront à loisir dire combien nous sommes méchants et intolérants. Pour celles et ceux qui douteraient encore, trois liens américains ici [1], ici [2]  et [3].

Rappel des faits :

Mercredi 30 Octobre 2013 au Petit Bain ( 7 Port de la Gare 75013 Paris, au pied de la BnF) aura lieu un concert de Death In June, groupe « culte, pionnier de la scéne Dark folk » comme l’explique la salle de spectacle sur son site. Voici effectivemment une trentaine d’années que Douglas Pearce et ses accolytes s’emploient à créer une esthétique mélangeant symbolique nazie et paganiste : Le nom du groupe est en effet une allusion à la nuit des long couteaux (29-3 juin 1934), leur logo est une Totenkopf (le logo des SS) à peine trafiquée et sur l’album « Brown book », ils reprennent l’hymne nazi tel quel (le Horst Wessel Lied). Sur une de leurs pochettes de disques, on peut trouver une croix gammée faite de têtes de Doberman ou sur une autre encore, le mot « Heil », allusion au salut nazi. Le soleil noir (symbole païen très répandu dans l’extrême droite radicale) figure également en bonne place sur scène… On pourrait encore allonger la liste. Le groupe se défend pourtant de cautionner une quelconque idéologie raciste ou nazie : pour faire avaler cette mauvaise soupe, Douglas Pearce revendique ouvertement son homosexualité, comme si cela devait l’absoudre de toute sympathie pour les idées brunes.
Nous ne rentrerons pas dans ce débat. Pour notre part, nous nous contentons des faits et nous posons une simple question : quelles idées peuvent émerger dans un jeune cerveau – même si en 2013 les amateurs du début du groupe doivent plutôt tourner autour de 45/50 ans – qui entendrait ces paroles: « Déjà pleins d’espoir par millions ils regardent la croix gammée » ? (DIJ- Brown Book – Horst-Wessel-Lied) Quel est l’intérêt artistique de reprendre un chant nazi sinon celui de lui donner du crédit ? Death In June s’amuse à brouiller les pistes et malgré leurs airs de penseurs brillants, les membres du groupe sont bien de sombres imbéciles adeptes d’idéologie fascisante. Même si DIJ ne semble avoir aucune connection avec des groupes politiques d’extrême droite, nous ne voulons pas minimiser l’influence qu’ils pourraient avoir sur des « esprits fragiles ».
C’est pourquoi les DIJ ne sont pas les bienvenus à Paris. Vous pouvez le signaler à la salle de concert le Petit Bain, une salle subventionnée qui reçoit de l’argent public de la ville de Paris (114 000 euros pour 2012,  2012 DAC 366 – 2012 DJS 315).  Téléphonez au 01 43 49 68 92 ou contacter Esteban Ricardo (le directeur) 01 43 49 67 12. Pour envoyez un mail : contact@petitbain.org ou ricardo@petitbain.org. 
Vous pouvez également dire ce que vous pensez de ce concert à la mairie du 13ème ou encore aux élu(e)s de quartier du 13 éme en appelant le 01 44 08 13 13.

Boyd Rice [4]

Boyd Rice

Mise à jour à 21h40 : le directeur du Petit Bain Esteban Ricardo nous a répondu par e-mail, pour nous rappeler d’une part que le Petit Bain est “un lieu engagé et surtout pas un lieu d’accueil pour révisionnistes”  et que DIJ est ” issu du groupe punk Crisis plutot versé du coté des Socialist workers party et de l’ANL (anti nazi league) que du coté brun” et que les DIJ “ne sont pas les seuls de cette mouvance dark anglaise des 80’s (Joy division…) à avoir joué sur le border line sans pour autant être sympathisants ou nostalgiques“.

Il semble nécessaire de lui rappeler quelques faits qu’il semble avoir “oubliés” (nous ne lui ferons pas l’affront de le taxer de révisionniste). Concernant Crisis, ce qu’il dit est vrai, mais en “oubliant” de rappeler que les membres du groupe ont tous basculé du côté obscur de la force, puisque Tony Wakeford ira jusqu’à adhérer au BNP (mouvement il est vrai qu’il a quitté par la suite). Quant à Douglas Pearce, qui est derrière DIJ, il ira au-delà de la mode de l’époque, et collaborera plusieurs fois avec Boyd Rice [5], qui se plaît à poser en uniforme nazi et qui ne cache pas son penchant pour certains totalitarisme, sans parler de son machisme outrancier (cf. photo). Si tout ça ne suffit pas à Monsieur Ricardo, à nous, oui.