Quand Pierre Carles salit la mémoire de Clément

15 juillet 2013 39 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Tribune_CarlesLe réalisateur Pierre Carles s’est cru malin en publiant dans le numéro d’été de Siné Hebdo une « analyse » aussi faussement impertinente qu’erronée à propos du meurtre de Clément Méric : celui-ci serait le résultat de la lutte des classes, avec Clément dans le rôle de l’affreux bourgeois cultivé, et Morillo dans celui de la pauvre victime prolétaire. Bien qu’il ne fasse en réalité que reprendre le discours misérabiliste que l’extrême droite relaie depuis des semaines, accordons lui la possibilité d’une lecture « marxiste » de l’événement, mais pour lui rappeler que Morillo, c’est le Lumpenproletariat, un supplétif de la bourgeoisie, le bras armé de sa domination… Mais la question n’est pas là, car Carles se fout bien et de l’extrême droite, et de l’antifascisme : en titrant «Pierre Carles décortique l’affaire Clément Méric»,  en une de son numéro d’été, Siné Hebdo rejoint la meute des charognards qui vendent du papier sur le dos de Clément, et Carles celle des plumitifs en mal de publicité : Siné Hebdo et RTL, même combat, quant à Pierre Carles, il est bien possible qu’on le retrouve sous peu, sinon comme Robert Ménard roulant pour le FN, du moins parmi ces «gens de gauche» qui, avec l’air de ne pas y toucher, grenouillent à l’extrême droite, comme son copain Marc-Édouard Nabe, présent à l’inauguration du Local de Serge Ayoub en 2007 ou, plus récemment au théâtre de la Main d’Or pour faire dédicacer son livre L’Enculé en présence de Dieudonné…

Carles

À Gauche, Marc-Édouard Nabe en compagnie de Dieudonné pour la dédicace de son livre au théâtre de la Main d’Or en octobre 2011. À droite, Pierre Carles présente son film Choron dernière avec Nabe à l’espace Saint-Michel en janvier 2009
(Source : Alainzannini.com, le site officiel de Marc-Édouard Nabe…)

Pour une analyse plus précise, on vous conseille aussi de lire la réponse publiée par Article 11, signée de Serge Quadruppani et Odile Henry, dont voici le début :

La volonté, fort utile, d’aller à contre-courant des discours tenus par les médias dominants peut aussi conduire à des raccourcis et des amalgames dignes des éditocrates qui y sévissent. Pierre Carles en offre une illustration dans une récente tribune publiée par Siné Mensuel. Convoquant dès les premières lignes Karl Marx et Pierre Bourdieu, le cinéaste soutient que « la lutte de classes » est une « dimension fondamentale » de la bagarre qui s’est terminée par la mort de Clément Méric. Pour en arriver à cette énormité, il commence par un coup de force intellectuel : par le détour d’une interrogation purement rhétorique, il soutient que Clément et ses amis ont été « victimes d’un certain complexe de supériorité intellectuelle ». Avec les informations accessibles au public (et si Carles en possède d’autres, qu’il les communique), il faut être soi-même doté d’une confiance peu banale dans ses propres capacités intellectuelles pour prétendre connaître la psychologie des acteurs de ce drame. En matière de « capital culturel », pour utiliser le même terme bourdieusien que Carles, ce qu’on sait de Clément Méric donne à penser qu’en effet, il était mieux pourvu qu’Esteban Morillo, le skin qui l’a tué. Mais pour tous les autres participants à la rixe, des deux côtés, on ne sait rien. C’est un peu insuffisant pour transformer de jeunes antifascistes en petits bourges prenant de haut des prolos.

La suite ici

39 commentaires »

  1. La Loutre 7 octobre 2013 at 02:40 - Reply

    L’apologie de Cheminase et Dupont craignan ?C est pas ce que j ai retenu de ce doc qui me semblait plutot demontrer le racolage organisé des medias mainstream pour un systeme de bipartisme,et la soumission des « socialistes »au monde de la finance…entres autres..Pierre Carles facho tant qu on y est..
    Je ne vois pas en quoi souligner le fossé culturel qu il y a entre un Clément Méric et son meurtrier excuserai ce dernier

    • luc 7 octobre 2013 at 14:31 - Reply

      Tu nous fais perdre notre temps avec tes arguties, La Loutre… Constater un décalage culturel, est une chose (encore que les nazillons ont eux aussi, une culture, bien à eux) : en faire une grille d’explication en est une autre…

      • La Loutre 7 octobre 2013 at 22:10 - Reply

        Mouais,supposons un type dont la culture ce résume à soumission au chef,je suis viril je nique les pédés les bronzés les juifs et les gauchos,mettons le en situation au milieu de ses potes face à ne serait-ce qu une bande de mec en sous nombre,vaguement de gauche,sans spécialement de signe distinctifs,pas meme des skateurs à la coupe de cheveux non reglementaire…des gens sont morts pour moins que ça.Je ne sais pas si c est une grille d analyse,mais c’est une réalité.Si tout ce que vous avez perçu de la bafouille à Pierre Carles c est « bien fait pour sa gueule à ce petit privilégié,il avait qu a etre moins naif et idéaliste » c’est vraiment triste.La bafouille en question avait au moins le mérite d eclairer l affaire sous une autre lumiere que la surenchere emotionelle et ideologique

        • luc 8 octobre 2013 at 11:30 - Reply

          non seulement la « brillante théorie » de Pierre Carles, venu faire son intéressant, était aussi stupide à propos de Clément qu’à propos du meurtrier, mais elle était également stupide à propos de… la culture, supposée constituer un antidote aux idées de droite et d’extrême-droite : or ces idées (qui ne se résument pas à je-nique-les-gauchos-etc.) ne manquent pas de défenseurs, dans les milieux où on a de la culture… N’importe quel Gollnisch vous le dira !

          • La Loutre 8 octobre 2013 at 14:36 -

            Le morillo et ses potes frolent l erudition depuis qu ils connaissent l histoire du III reich revisitée par ayoub,ou l histoire du mouvement skinhead…pour le gollnish,je sais qu il mettait assez en avant le fait d avoir vécu au Japon ou « là bas quand on est etranger on s adapte et on fait profil bas »,il a surement du kiffer le delire vitrassage hiearchico disciplinaire.Malgrés tout,je reste persuadé que l electorat du front et autres soral se recrute essentiellement chez les boeufs,certains je te l accorde avec un petit vernis culturel

  2. fab Nukem 7 septembre 2013 at 15:50 - Reply

    qd même, attaquer siné hebdo, vous n’avez pas honte ?
    s’il y a un seul canard antifafs c’est bien celui ci, non ?!

    • La Horde 8 septembre 2013 at 12:44 - Reply

      Curieuse inversion des rôles : ce n’est pas nous qui « attaquons » Siné Hebdo comme tu le dis, mais Siné Hebdo qui publie une tribune calomnieuse sur les antifascistes en général, et Clément en particulier. Nous y avons répondu, et nous avons même laissé Carles tenter de se justifier dans les commentaires. Nous t’invitons, pour aller plus loin, à lire la réponse des proches de Clément ici :
      http://www.pourclement.org/2013/09/07/pierre-carles-passe-le-barreau/

  3. luc nemeth 13 août 2013 at 12:27 - Reply

    Bonjour.
    1) avant tout, bravo pour votre salutaire réaction.
    2) en ce qui concerne « Siné mensuel » c’est loin d’être une référence : déjà à l’époque de l’affaire dite de Tarnac (mais qui n’était qu’une affaire Alliot-Marie) « Siné Hebdo » avait publié un article ordurier de l’insupportable Michel Onfray -mais qui était actionnaire du journal, il est vrai…
    3) non seulement Pierre Carles raconte des bêtises, qui ne sont pas sans rappeler celles d’ex-perroquets trotskistes (ceux qui disaient qu’un SS, même sous l’uniforme, reste un prolétaire…), mais il s’appuie sur un « constat » de départ qui est faux -au point que je m’étonne qu’on ne lui ait pas fait mordre la poussière, sur ce terrain. Contrairement à ses dires en effet : les médias de la bourgeoisie sont loin d’avoir eu les yeux de Chimène, pour Clément. C’est ici le… CONTRAIRE, qui est vrai. Et s’il est un point remarquable en cette affaire, et qui plus tard n’échappera pas aux chercheurs, c’est bien la façon dont les médias bourgeois ont fondamentalement renvoyé dos à dos les parties en présence, sur le thème des « extrêmes » qui… se touchent.
    Cordialement

    • luc 26 août 2013 at 16:04 - Reply

      (suite) c’est d’abord bien sûr pour des raisons morales, que l’odieuse tentative de Pierre Carles visant à présenter Clément comme un… privilégié était à condamner. Elle trahissait également une grande inculture politique, une parfaite ignorance des pages (proches de la perfection) que Daniel Guérin a consacré aux « plébéiens », c’est-à-dire les troupes de choc de l’extrême-droite, dans Fascisme et Grand Capital. Mais aussi -et là encore je m’étonne qu’il n’ait pas été attaqué, sur ce point-, sa tentative était incohérente. En effet, pour ce que je sais de Sciences-Po : on n’y apprend pas à contrer physiquement l’extrême-droite, mais à faire confiance à… la Démocratie éclairant « Le Monde » ! Autant dire, que si on veut à tout prix définir Clément à travers le fait qu’il avait pris une inscription à Sciences-Po (mauvais lieu, certes, mais dont il aurait eu tout le temps de faire la critique) : alors c’était indiscutablement un… traître à sa classe -et à l’enseignement qu’il recevait dans cette classe !

      • luc 18 septembre 2013 at 17:29 - Reply

        (fin) si on raisonne uniquement en termes de « classe sociale d’origine » il n’y a pas même besoin de s’arrêter au cas du meurtrier nazillon ici en cause : plus un seul fils d’ouvrier ne devrait se faire CRS ! Mais précisément c’est en ces termes que raisonne une gôche-plurielle aujourd’hui gangrenée par l’opportunisme, et qui a depuis longtemps laissé les considérations morales au vestiaire : ce qu’elle reproche aux fachos est essentiellement de n’avoir pas choisi le camp, supposé être naturellement-sic le leur. Aussi je ne suis pas sûr qu’il faille chercher la cause de la saillie de Pierre Carles, du côté de sa complaisance à l’égard de crétins antisémites. De mon point de vue la réponse se situe plutôt du côté de l’infâme… Appel aux fascistes, lancé par le stalinien Togliatti dans Lo Stato operaio en août 1936 (et publié en français par NAutilus en 1983).

  4. Pierre Carles 20 juillet 2013 at 18:42 - Reply

    Bonjour,
    Je comprends que vous ayez été choqué par mon article sur le meurtre de Clément Méric paru dans le dernier numéro de « Siné mensuel » mais le rapprochement que vous opérez entre Nabe, Dieudonné et moi est intellectuellement malhonnête. Vous sous-entendez que je serais, par capillarité, proche de Dieudonné, autant dire ambigu avec l’extrême droite. La preuve, selon vous ? L’image où j’apparais aux côtés de l’écrivain Marc-Edouard Nabe lors d’une présentation du film « Choron, dernière ».
    Au risque de vous dérouter un peu plus, il ne me semble pas que Marc-Edouard Nabe soit un écrivain d’extrême droite. Si, en tant que réprouvé du monde de la littérature, Nabe (qui s’auto-édite) peut être perçu comme proche d’un autre réprouvé du monde du spectacle (Dieudonné), cela ne fait pas pour autant de lui un proche de l’extrême droite (contrairement à Ménard, Meyssan, Soral ou… Dieudonné). Au delà du fait que j’apprécie la prose de Nabe (surtout ses derniers livres , son journal et ses samizdats ; un peu moins ses premiers essais ou romans, trop exaltés à mon goût), il était légitime qu’il figure dans le film sur le professeur Choron que j’ai présenté avec lui, le dessinateur Vuillemin et le réalisateur Martin à l’Espace Saint Michel à Paris. C’est en grande partie grâce à Nabe que nous avons aujourd’hui des retranscriptions des conférences de rédaction du « Charlie Hebdo/Hara Kiri » de la grande époque (celui dirigé par Cavanna et Choron dans les années 70, pas celui qu’il est devenu avec Philippe Val et Charb). Nabe a assisté à un certain nombre de ces réunions historiques et a pris la peine, à l’époque, de retranscrire les dialogues en question. Ayant bien connu Choron, il était normal qu’il figure dans le documentaire que nous avons réalisé avec Martin (dans lequel apparait également Cavanna). Ma présence aux côtés de Nabe a donc plusieurs explications et ne permet pas pour autant d’établir un rapprochement avec Dieudonné (avec qui je n’ai pas d’affinités ni n‘ai jamais eu le moindre contact). Si l’on suit votre raisonnement, si l’on pousse votre logique jusqu’au bout, Jean-Luc Mélenchon qui a été toujours été un fervent partisan d’Hugo Chavez serait idéologiquement proche d’Alain Soral puisque que les amis nationalistes-racialistes de Soral citent eux aussi Chavez positivement. Délirant, non ?
    Pour en revenir à Clément Méric, je n‘ai jamais mis en doute le fait que Clément ait été un militant courageux , engagé dans des causes nobles et œuvrant aux côtés des dominés. Mais cela avait déjà été largement raconté par la « grande presse » au moment de son meurtre, raison pour laquelle je n’ai pas jugé utile de le rappeler (cf. les articles parus dans « Libération », dans « Le Journal du Dimanche » etc…) . Travaillant actuellement à l’écriture d’un nouveau  film sur Bourdieu, j’ai probablement été plus sensible que d’autres à la notion de « capital culturel » et au fait que les militants d’extrême gauche et les militants d’extrême droite ne disposaient pas, du moins dans cet affrontement, du même  niveau de capital. Je n’ai lu cela nulle part dans la presse, raison pour laquelle j’ai rédigé ce texte dont on n’a retenu que la première partie (il me semblait que le dernier tiers du texte était plus intéressant mais, étant insuffisamment étoffé, il a été occulté par le début). Le fossé culturel, scolaire et social qui séparait Clément de son meurtrier doit nous poser question. Peut-être estimez-vous qu’il s’agit d’une extrapolation hasardeuse de ma part, mais il me semble que le fait que la bande de Morillo ait un profil sociologique différent de celui de Méric et de ses amis, n’est pas sans importance. Le fait que de plus en plus de militants d’extrême gauche soient issus des classes moyennes supérieures ou de la petite bourgeoisie intellectuelle et artistique n’enlève rien à leur engagement. Je ne vois pas bien en quoi rappeler la position sociale de Méric « salit sa mémoire ».
    J’espère ne pas trop aggraver mon cas auprès de vous en maintenant que la dissolution des bandes d’ultra droite ne résoudra pas grand chose.  J’étais opposé à la dissolution d’Action Directe dans les années 80, je l’étais tout autant lorsque le gouvernement français et l’UE ont classé les insurgés des FARC (Colombie) dans la catégorie des « terroristes ». Plutôt que de perdre du temps à cela, les gouvernants devraient essayer de mettre fin aux inégalités économiques, sociales et culturelles. On n’entendrait alors plus parler de  Morillo et de sa bande. Et Clément serait peut-être encore des nôtres.
    Pierre Carles
    PS : j’ai oublié de signaler que mon article était originellement intitulé « Excuses sociologiques » et que je ne suis pas responsable de la manière dont il a été présenté par « Siné Mensuel », notamment en une du journal.

  5. Jo 19 juillet 2013 at 10:11 - Reply

    Vous me faites marrer les mecs, vous me faites penser aux stal pendant la guerre d’Espagne qui préféraient dézinguer les trots et les anars plutôt que de viser franco et sa clique. Je ne vous dirai pas d’aller au diable, je ne crois ni en dieu ni en diable.

    • doudou 20 juillet 2013 at 13:13 - Reply

      Jo tu racontes n’importe quoi. Ta méconnaissance de la guerre d’Espagne n’a d’égal que ta soumission intellectuelle. Pourquoi toujours justifier, excuser et tolérer les dérives et les stupidités d’une personne sous prétexte qu’il/elle est médiatique? ne crois tu pas que le texte de Pierre Carles est immonde, qui est il pour se permettre d’écrire ce qu’il raconte? De quel droit se pose t’il en juge ? Pourquoi devrait il être à l’abris de ses amitiés? Il est ami avec Nabe qui est lui même ami avec Dieudonné, Soral et Ayoub… Il y a un vieux dicton qui dit qu’il faut balayer devant sa porte avant de balayer devant celle de son voisin. En remettant les pendules à l’heure la horde dit juste « hey mon gars quand on a le cul merdeux on évite de donner des leçons au risque de se faire torcher ». Que Carles assume ses ambiguïtés, libre à lui, mais qu’il ne vienne pas nous donner des leçons en aboyant avec les loups. Kick Over The Statues!

  6. yves 18 juillet 2013 at 22:01 - Reply

    L’affaire Meric m’aura appris une chose, c’est ce qu’est l’antifascisme. Pour moi être contre le fascisme a toujours été une évidence et j’ai donc parcouru les sites antifas pour mieux les connaître vu qu’ils m’étaient à priori sympathiques. Quel déception ! Amalgames, raccourcis, aucune analyse sérieuse, on mélange tout et n’importe quoi. Vous classez les gens sans les avoir lus, vous les associez par photos interposée etc… . Votre seul but, la chasse aux FAS, et quand vous en manquez vous les inventez. Méthodes pitoyables et je sais que déjà là je dois pour vous être classé comme fasciste. Profondément de gauche, cette dérive de ces groupes se prétendant de gauche me consterne.

  7. Nomore 18 juillet 2013 at 18:15 - Reply

    Il fallait s’y attendre , ça y est « Egalite et Reconciliation » de Soral titrent aujourd’hui 18 juillet sur leur site pourri « Pierre Carles soutient Esteban »

    Il va falloir sérieusement se pencher à la rentrée sur des idiots utiles de l’extrême droite comme ce pierre carles

    parce que la trop c’est trop.

  8. nykbeet 17 juillet 2013 at 01:10 - Reply

    J’ai écrit à Pierre Carles pour avoir son retour sur cette polémique. Voici des extraits de sa réponse :

    <>

    • Furansuwa 18 juillet 2013 at 15:13 - Reply

      C’est dommage, on dirait qu’il manque quelque chose.

  9. Gavroche 16 juillet 2013 at 21:21 - Reply

    Pourquoi mon commentaire demandant simplement à lire l’article de Pierre Carles est-il « en attente de modération », alors que d’autres plus récents ne le sont pas ?

    Bonjour la liberté d’expression … !

  10. oka 16 juillet 2013 at 15:50 - Reply

    Pour conclure : si Pierre Carles n’est pas encore un fasciste, il relaye le discours dominant sur la mort de Clément Méric, soutenant la version officielle et confortant le victimisme des fachos. Et surtout Siné Hebdo est un torchon, et Siné un vieux connard réac qui se la raconte « libertaire » en réalité libéral, sexiste, raciste et baignant dans la beaufitude et un folklore pseudo-subversif de bandes déssinés.

  11. oka 16 juillet 2013 at 15:46 - Reply

    Le blabla défensif sur les « amis d’amis d’amis » est un classique de la rhétorique des rouges-bruns et autres ambigus qui fricotent (ou grenouillent, comme le dit bien cet article) avec l’extrême droite « sans avoir l’air d’y toucher ». C’est le cas de tout les gens qui se plaignent de cette « culpabilité par association » mais trainent dans leurs proches fréquentations des nazis, d’illustres négationnistes/révisionnistes et des antisémites patentés quand ils ne le sont pas eux-mêmes (même de manière cryptique). Qu’on m’excuse de ne pas pouvoir comprendre les « mauvaises amitiés » : je n’ai pas d’amis (ni d’amis d’amis) d’extrême droite, et moins encore de figures négationnistes ou antisémites dans mon entourage. On ne peut d’un coté fréquenter des grands noms de l’extrême droite (et donc pas juste « le voisin qui lache des trucs racistes quand il est bourré ») et reprocher à des antifascistes « un mauvais travail d’investigation ». En particulier quand plutôt que de démentir, les concernés se fourvoient dans la dénonciation de l’antifascisme comme « nouveau fascisme » et des « flics antifa ». Autre grand classique fasciste : l’inversion des responsabilités et le renvois dos à dos.

  12. Antifa75 16 juillet 2013 at 12:37 - Reply
  13. Gavroche 16 juillet 2013 at 08:13 - Reply

    J’aurais bien aimé lire l’intégralité de l’article de Pierre Carles, afin de me faire ma propre opinion…

  14. jyvé 15 juillet 2013 at 23:16 - Reply

    Bonsoir, sans vouloir entrer dans des débats d’idées, serait il simplement possible de réviser cette notion de propriété sur l’antifascisme ?
    Cela devient lassant de lire ce type de lignes, quant bien même elles proviennent d’un acteur clef. Cela ne fait pas de votre courant le dépositaire / propriétaire de la lutte antifasciste. Il s’agit là d’un tout autre débat, bien plus politique, concernant la construction voulue, qui est insinué par cette manipulation de faire passer la lutte antifasciste comme uniforme dans ses valeurs. Il n’est pas question de demander que le courant libertaire avec des courants moins mondialistes, le mal est fait il y a bien longtemps. Mais simplement essayer de ne pas vous rendre propriétaire d’une lutte antifasciste qui ne serait que celle de ce courant. Nous sommes divers, respectons nous, au moins.

    • La Horde 16 juillet 2013 at 07:40 - Reply

      On est pas sûr d’avoir bien compris ce que tu veux dire, mais nous avons pris la peine sur le site de définir notre antifascisme, un antifascisme autonome, que nous défendons : le but poursuivi par La Horde est de donner une visibilité à cet antifascisme, à travers l’activité des collectifs qui le portent, et une certaine intransigeance à l’égard de celles et ceux qui le caricaturent, l’instrumentalisent ou le dénaturent.
      Car n’importe qui peut, effectivement, se définir antifasciste sans expliquer ce qu’il entend par là. Dans le cas de Pierre Carles, en tout cas, il est aux abonnés absents de la lutte antifasciste : on ne lui reproche pas, mais dans ces cas-là qu’il ait l’humilité de ne pas parler de ce qu’il ne connait pas.

      • Antifa75 16 juillet 2013 at 11:28 - Reply

        Sur Pierre Carles, il fallait aussi voir ses manifs au dîner du Siècle : les conspis et les soraliens y étaient tellement nombreux qu’il était impossible de les virer, malgré plusieurs tentatives. La deuxième manif avait été le summum de l’horreur : encerclés par les flics avec tous ces cons parmi nous (dont certains expliquaient que contre le « système », extrême gauche et extrême droite pouvaient/devaient faire acuse commune), nous étions par ailleurs cernés devant par le Renouveau français et derrière par le Mouvement d’Action sociale qui faisait le salut fasciste. Un jeune camarade antifa s’est d’ailleurs fait défoncer dans le métro par le RF ce jour-là. Mais ça n’a pas arrêté Pierre Carles, qui a continué à venir au Siècle une ou deux fois après, avant que l’initiative ne soit définitivement reprise et poursuivie par d’authentiques fafs comme le MAS ou même une fois le FNJ (ce jour-là, il y avait aussi quelques clampins conspis délirants réunis par Xavier Renou), sans que Carles y trouve jamais rien à redire.

        Donc effectivement, non seulement il est aux abonnés absent de la lutte antifa, mais en plus il n’est pas le dernier à contribuer à la montée d’idées nauséabondes, à force de dénoncer le pouvoir de quelques « élites » plutôt que de l’analyser en termes de lutte des classes, justement. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si ses films sont aussi très appréciés et diffusés au sein de la mouvance conspi, sans que Carles là non plus n’est jamais rien fait pour désavouer ces fans indésirables.

        • jyvé 16 juillet 2013 at 19:48 - Reply

          ça me rappelle Rouen 1994, comme « chez stal » il faut parfois (malheureusement) reconnaitre que seule une bonne flambée les arrêtes. :-/

    • Antifa75 16 juillet 2013 at 11:16 - Reply

      Votre phrase sur un supposé « courant mondialiste », supputant que le mouvement libertaire serait plus « mondialiste » que d’autres (qui ?) est bien suspecte. Seule l’extrême droite et les conspirationnistes emploient ce terme, qui, en englobant les internationalistes de gauche et anarchistes avec les impérialistes capitalistes, vise à rendre les premiers complices des seconds, dans un discours qui pue le nationalisme, vu comme seul refuge pour lutter contre le « système ». Et on est malheureusement habitué-é-s désormais à voir les mêmes qui se disent « contre le mondialisme » ou « antimondialistes » se dire en même temps antifascistes afin de brouiller les cartes, cherchant à faire passer pour des antifascistes de vraies ordures (cf. Chouard qualifiant de « vrais antifascistes » Bricmont, Meyssan, etc.) et pour des fascistes les antifascistes authentiques (cf. le Cercle des volontaires dénonçant les « fascistes antifascistes »). Les mêmes d’ailleurs nous font eux aussi régulièrement des tirades pour nous dire que personne n’a le monopole de l’antifascisme et qu’eux aussi peuvent tout aussi bien l’être, au vu de la définition étriquée qu’ils donnent à ce terme, dans laquelle sont seules prises en compte la lutte pour la « liberté d’expression » et la « démocratie » mais pas du tout la lutte contre les mouvements d’extrême droite qui au contraire, dans cette logique d’inversion des valeurs, peuvent être qualifiés à l’occasion de « victimes du fascisme » (parce que soi-disant « victimes » d’une « censure » qui aurait tout de « fasciste ») et vus comme des alliés dans la lutte contre le « fascisme mondialiste », terme lui aussi très usité dans cette mouvance bien que vide de toute réalité historique mais qui a le côté pratique de permettre de relativiser le côté criminel et autoritaire des authentiques mouvements fascistes ou d’extrême droite. Ainsi, le « fascisme mondialiste » réunit sous une même bannière à la fois l’impérialisme (en particulier américain et israélien) ou la construction européenne. Or, force est de constater que ces deux phénomènes ne sont pas entièrement le fruit des mêmes logiques qui conduisent à l’avénement du fascisme ni ne répondent aux mêmes desseins idéologiques (quand bien même l’impérialisme est lui aussi en maintes occasions criminel), même si le capitalisme n’est étranger ni à l’expansion des uns, ni à la montée des autres. Cette notion de « fascisme mondialiste » est donc fort peu pertinente pour comprendre le monde, d’autant qu’elle épargne nombre de régimes autoritaires ou dictatoriaux, faussement vu comme « non-alignés » ou « anti-impérialistes » comme l’Iran, la Chine ou la Russie pour les principaux.

      En bref, votre rhétorique pue le confusionnisme, volontaire ou involontaire, peu importe, mais le constat est là : peu de chances que vous soyez dans le même camp que nous.

      • jyvé 16 juillet 2013 at 19:42 - Reply

        Vous avez effectivement relevé le troll de remplacer le terme internationaliste par mondialiste.

        Que vous l’ayez mal compris/interprété ne m’étonnes finalement pas :-/ Et la continuité du discours met bien en valeur cette appropriation d’une lutte par un courant. Vous rejetez la différence. Je ne suis pas anarchiste, je ne suis pas internationaliste. Je ne suis donc pas le bienvenu ici ? Hum, il me reste un doute … Peu importe, il n’y a rien d’étonnant voir à rectifier. Ce mal de scinder en sous-groupes distincts est présent depuis tellement longtemps que je n’attends plus rien du militant de gauche si ce n’est partager des valeurs communes et quelques pavés parfois.

        • jyvé 16 juillet 2013 at 19:44 - Reply

          ps : que l’expression « militant de gauche » ne prête pas à confusion par contre. Seul « de gauche » me sied encore 😉

      • Furansuwa 18 juillet 2013 at 15:11 - Reply

        Heureusement qu’il y a des gens pour revendiquer le mondialisme : http://mondialisme.org.

  15. Antifa75 15 juillet 2013 at 15:43 - Reply
  16. Antifa75 15 juillet 2013 at 15:35 - Reply

    De pire en pire Pierre Carles. mais ce n’est pas une première : son film récent « DSK, Hollande, etc. » a été réalisé avec une proche du dieudonniste Olivier Mukuna, la colloniste Aurore Van Opstal. On peut y visionner une séquence et dans laquelle François Ruffin du journal Fakir fait l’apologie de Cheminade et Dupont-Aignan. Rien de surprenant donc à ce que Carles salisse aujourd’hui la mémoire de Clément.

    A propos de Ruffin, avez-vous lu le dernier Fakir ? Il y est fait l’apologie de Chouard (dont Ruffin, tout comme Lordon, est un ami) et de la nation et Ruffin y rend hommage à « l’hyper-efficacité » du FN dans une interview assez hallucinante d’Emmanuel Todd. A noter que dans ce journal une rubrique est tenue par les souverainistes de Bastille-République-Nations qui compte parmi ses membres le négationniste Bruno Drewski et le cadre de l’UPR Laurent Dauré (aussi membre d’Acrimed, qui a pourtant parfaitement connaissance de sa double étiquette), ceci sans compter les nombreux autres dérapages passés de Fakir (apologie des « matons humanistes » de la prison d’Amiens, des super flics que sont les douaniers ou interview de l’économiste larouchiste Maurice Allais). Mais comme dirait Bricmont, c’est sûrement de la « culpabilité par association »… En tout cas tous ces nationaux-staliniens moisis n’ont vraiment aucune leçon d’antifascisme à donner !

    • Brasiers et Cerisiers 16 juillet 2013 at 15:31 - Reply

      Après la lecture de ce fameux numéro de Fakir, on ne voit pas de trace de « Ruffin faisant l’apologie de Chouard ». C’est bien dans le dernier ou celui d’avant ? Chouard est explicitement nommé ou c’est juste ses idées qui sont reprises ?
      Non pas que Fakir n’aie pas déjà flirté avec les références conspis/natio, mais là, il s’agirait d’un truc assez grave pour être relevé. Du coup pouvez vous précisez « l’apologie de Chouard » ?

      • Brasiers et Cerisiers 17 juillet 2013 at 15:14 - Reply

        Vu par contre dans ce numéro, l’annonce dans « l’agenda » d’une pièce de théâtre de Chouard au festival d’Avignon.

        Pièce qui se révèle en fait être un travail commun entre Fakir et Chouard.

        Il y a donc bien effectivement connivence à fond.

        • Brasiers et Cerisiers 24 juillet 2013 at 11:47 - Reply

          Pour aller jusqu’au bout et être précis. Cette pièce annoncée dans Fakir n’est pas co-produite par eux. Mais bon elle est annoncée.

  17. Timothée 15 juillet 2013 at 15:07 - Reply

    Vous auriez pu dire que Quadruppini signe aussi dans Siné Mensuel (et pas Hebdo) plutot que de faire des amalgames douteux…Et puis, le côté amis d’amis d’amis bon, c’est pas un vrai travail d’enquête…

    • La Horde 15 juillet 2013 at 15:35 - Reply

      L’article ne prétend pas être une enquête, mais une réaction à un article de Pierre Carles qui serait avisé de regarder autour de lui avant de donner des leçons. Par ailleurs, pour nous, il est significatif de voir qui fréquente qui, publiquement, comme c’est le cas ici. On constate qu’il y a comme tu le dis un « amalgame douteux » ici, au sens propre, c’est-à-dire un mélange puant de personnes qui ne sont pas ordinairement unies : c’est exactement ce que nous dénonçons.

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