Le fascisme, un arbre qui peut cacher une forêt

11 juillet 2013 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

cop_stopRésistons Ensemble, le collectif contre les violences policières et sécuritaires, vient de sortir son bulletin n°121. Vous pouvez le télécharger ici et en lire l’édito et le sommaire ci-dessous : 

Le 5 juin, dans une bagarre, Clément Méric, 18 ans, est assassiné à coups de poing par une bande de militants fascistes à côté de la gare St-Lazare à Paris. Militant à Sud étudiant, membre du groupe Antifa Paris-Banlieue, il était aussi présent sur les mobilisations contre les exclusions de femmes voilées et s’opposait à l’oppression policière raciste qui frappe les quartiers populaires. Bref, il était de ceux qui agissent dans une optique à la fois antiraciste, antisexiste et anticapitaliste, et ne tombent pas dans le piège de l’antifascisme de carton-pâte. On a vu lors des manifestations nombreuses en la mémoire de Clément comment les organisations de gôche (jusqu’à SOS Racisme) ont récupéré ce mot d’ordre en taisant cette volonté minoritaire (qu’il incarnait) de faire le lien entre les luttes, en même temps qu’elles effaçaient la responsabilité du gouvernement de gôche et de sa politique anti-pauvre et raciste dans l’ouverture d’un boulevard aux groupuscules et comportement fascistes. Ainsi, le lendemain de l’assassinat de Clément, alors même qu’on manifestait en sa mémoire, une rafle géante de sans papiers était menée à Barbès par la police.

De même le 22 juin, la veille des grandes manifs «contre le fascisme», quelques centaines de personnes se rassemblaient à Argenteuil en solidarité avec une jeune femme enceinte qui avait été traînée dans une ruelle puis molestée par des hommes excédés par son voile, et qui en a perdu son enfant. Hélas bien peu de personnes extérieures à la ville étaient présentes, alors que se développait suite à la mort de Clément Méric une forte mobilisation contre les idées et agissements de l’extrême droite. Au micro se sont succédés des témoignages accablants sur des agressions du même type subies dans la ville ces dernières années, ainsi que sur le harcèlement policier. Les organisateurs étaient des groupes et associations musulmanes. On ne peut ni s’étonner d’un repli communautaire vu l’isolement entretenu aussi bien par la gôche que par la droite, ni s’en satisfaire.

Le fascisme, le racisme, l’islamophobie ne pourront être combattus efficacement qu’en visant aussi les attaques contre l’ensemble de la population. Il faut être conscient que les assassinats policiers frappent le plus souvent des jeunes arabes et noirs, et pauvres: une double oppression visant la couleur de la peau et la classe sociale qui s’articule en deux facteurs d’une équation trop souvent tronquée. Il est à craindre désormais que des pans entiers de la population se construisent des boucs émissaires et passent à l’action, entre autres par le biais du nationalisme. Quand des individus attaquent au cocktail Molotov un camp de Rroms à Hellemmes (Nord) le 6 juin par exemple… Alors ni la faiblesse d’un « antifascisme » flou laissant la part-belle aux bonnes âmes opportunistes qui enterrent le positionnement politique que pouvait représenter Clément, ni le cloisonnement identitaire et excluant entre «frères et sœurs» coreligionnaires ne sont la solution. Il faut composer, chercher de nouveaux liens.

SOMMAIRE

Sur le vif

La police rafle à Barbès

Un adolescent de 15 ans ressort de GAV avec le coude cassé

Chroniques de l’arbitraire

Police islamophobe

Manuel Valls désavoué par la justice

Sans relâche, la machine à expulser et ses complices

Qui saute un tourniquet?

Weld 15 is free !

6 ans déjà que Lamine Dieng?

Dammarie-les-Lys, commémoration de la mort de Youssef Mahdi

Dorsaf et Walid condamnés

Le procès de Villiers-le-Bel : le grand théâtre de l’ombre

À Lille, rencontre autour de la répression policière dans les quartiers populaires

Mutilations policières : ça continue

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