L’antifascisme et la violence : mise au point

7 juin 2013 7 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Une idée reçue à la vie dure, en particulier dans les médias, mais aussi dans certains rangs militants: l’antifascisme serait une lutte viriliste, dominée par la violence. Voici notre réponse.

Cette question de la violence est toujours mal posée, car souvent associée à un comportement viril et dénoncé comme tel : or, cela peut certes se justifier dans certains cas (les comportements sexistes sont une réalité, dans la lutte antifasciste comme ailleurs) mais c’est pourtant bien la fascination de l’extrême droite pour la violence qui est au cœur du problème, et non celle de certains antifascistes « mâles ». Reflet de sa vision du monde dominée par l’image de la guerre entre groupes « naturellement » antagonistes, la violence de l’extrême droite est un élément constitutif de son identité (et de son folklore), car c’est dans l’exclusion voire l’élimination des éléments « allogènes » qu’elle construit son discours identitaire. Bien que cette violence de l’extrême droite soit peut-être surestimée en France, le danger est réel, et de nombreux faits divers sont malheureusement là pour le montrer.

Aussi, si le recours à la violence est l’une des préoccupations des militants antifascistes, c’est qu’il est un mal nécessaire dans le cadre d’une lutte qui se veut autonome. D’abord, parce qu’il faut signifier à l’extrême droite qu’on ne lui laissera pas installer un climat de peur dans les rues ou ailleurs. Ensuite, parce que face aux agressions de groupes qui font de la violence l’alpha et l’oméga de leurs interventions publiques, il n’y a pas d’autre choix que d’organiser l’autodéfense ou de s’en remettre à l’État (et donc à la police) pour se protéger. Les antifascistes radicaux ont choisi, et se donnent les moyens de se défendre eux-mêmes. L’action violente n’est donc pas, comme dans les groupes d’extrême droite, une fin en soi, mais une forme d’auto-organisation.

7 commentaires »

  1. antifa agenais 29 juin 2013 at 11:55 - Reply

    Pas mal dit ma foi, bien que je ne pense pas que ça résume entièrement tous les groupes antifa. Pour notre part, la non-violence (pas le pacifisme) est primordiale, on pourrait dire la non-agression. Attaquer du Faf c’est jouer aux débilos avec eux, ne pas se laisser faire, c’est leur montrer que le rapport de force ne joue pas en leurs faveurs

  2. liobatttt 25 juin 2013 at 21:30 - Reply

    Selon la vidéo de surveillance, c’est Clément qui a commencé. Comment l’expliquer ?

  3. Claude/Lucide collectif 19 juin 2013 at 10:18 - Reply

    Grenoble Rassemblement 22 juin 16h30 à la gare – Merci de noter

  4. Automôme 10 juin 2013 at 22:10 - Reply

    Elle est une réponse et peut être une riposte nécessaire pour contrer l’extrême droite.

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