Du traitement policier de l’agitation d’extrême droite des derniers mois…

28 mai 2013 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Extraits de QUE FAIT LA POLICE ?, Chronique anti-autoritaire de Maurice Rajsfus

Gaz lacrymogènes, la moutarde leur monte au nez…

521655-youths-clash-with-police-during-incidents-at-the-end-of-a-protest-march-called-la-manif-pour-tous-deDepuis les premières grandes manifestations contre le « mariage pour tous », les plus énervés des supporters de Frigide Barjot, excités par les grands esprits de l’UMP, n’ont cessé de se heurter à la police. Tous se plaignant ensuite d’avoir été arrosés de ces gaz lacrymogènes qu’il leur paraissait naturel de faire utiliser par la police contre les manifestations ouvrières. Aussi bien le 18 avril que dans les démonstrations suivantes, jusqu’au 26 mai 2013, les nervis de l’extrême droite sont réapparus au grand jour, multipliant les provocations, cherchant l’affrontement avec les forces de l’ordre qui, de leur côté, limitaient leurs ripostes brutales au strict minimum. Dans les premiers jours de mai 2013, étonnés d’avoir été un peu chahutés par les gendarmes mobiles et les CRS, ces nostalgiques de Vichy et de l’Ordre nouveau publiaient un étonnant courriel anonyme, reproduit dans Le Monde du 6 mai 2013 : « Flicaille gauchiste, bien dans ses rangers, bonne conscience comme les boches des années 40, gavés de Juifs. Nous n’aurons pas la mémoire courte lorsque nous reprendrons le pouvoir ! »
Nous retrouvons dans ce propos, curieusement anti-flic, la haine exprimée d’une extrême droite retrouvée contre la démocratie, mêlée au ressentiment de ceux qui, hier encore, commandaient aux matraqueurs, mais se retrouvent aujourd’hui dans la triste situation de l’arroseur arrosé – d’où leur ressentiment. Curieusement, aux côtés des petits salauds, héritiers du GUD, et peut être zélateurs du Bloc identitaire, une voix de connaisseur se faisait entendre, celle de Claude Guéant, ancien ministre de l’Intérieur, critiquant vivement l’intervention policière contre les nouveaux croisés de l’ordre social. « …J’ai personnellement vu des gestes de violence de la part des forces de l’ordre qui étaient inacceptables…LA situation ne justifiait en rien l’utilisation des gaz ! » Propos exprimé par un expert… (…)

La police ne déteste pas l’extrême droite

Le 1er mai 1995, les nervis qui accompagnaient le défilé du Front national avaient assassiné le jeune marocain Brahim Bouarram, en le jetant à la Seine. Depuis, chaque année, la mémoire de cette victime du racisme était réactivée, près du pont du Carrousel. Ce 1er mai 2013, alors qu’un rassemblement se préparait en ce lieu, les militants d’un collectif antifasciste unitaire étaient attaqués par une trentaine de petits salauds armés de cutters, de matraques et de bombes d’acide. Cela sans que la police, présente non loin, se garde d’intervenir. Arrivés finalement au pont du Carrousel, après que les nervis se soient repliés, les policiers ne trouveront rien de mieux que d’encercler les militants antifascistes, comme pour faciliter la fuite de leurs agresseurs. Ni la grande presse, et pas davantage les chaînes de radio et de télévision n’ont trouvé d’opportunité à relater cet exploit des racistes de l’extrême droite. Seul, semble-t-il l’hebdomadaire Tout est à nous, daté du 9 mai 2013, devait relater cette agression qui démontre à l’évidence que si les groupuscules proches du Front national sont toujours aussi déterminés, la police, de son côté, est toujours aussi indifférente à leurs dangereuses gesticulations.

Retrouvez sur le site le billet en intégralité, consacré pour l’essentiel à Claude Géant

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