Les liens inavouables de Cahuzac avec les « gudards » de Marine Le Pen

3 avril 2013 4 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Un article du journal Le Monde qui révèle les liens entre Jérôme Cahuzac et une figure du GUD des années 70, « Johnny Le boxeur ».

 

Les liens inavouables de Cahuzac avec les « gudards » de Marine Le Pen

Si l’histoire du compte non déclaré de Jérôme Cahuzac est un lourd secret, c’est parce qu’elle est avant tout une histoire de famille inavouable. Celle de Jérôme Cahuzac, ou plus exactement de son ex-femme. Patricia Cahuzac est en effet la cousine de la femme d’un avocat parisien, Jean-Pierre Eymié.

Ce dernier est installé rue Marbeuf, dans le 8e arrondissement de Paris. Il porte au sein d’un petit cercle le surnom de « Johnny le boxeur ». C’est un ancien du GUD, l’organisation étudiante d’extrême droite radicale réputée pour ses méthodes musclées. M. Eymié est associé au sein de son cabinet avec un autre avocat, lui aussi ex-« gudard », Philippe Peninque, l’homme qui a ouvert le compte de Jérôme Cahuzac à UBS en 1992. Et qui est aujourd’hui conseiller proche de Marine Le Pen.

Lire Un proche de Marine Le Pen a ouvert le compte de M. Cahuzac chez UBS en 1992

« L’ARGENT ALLAIT ENSUITE SUR UN COMPTE UBS »

Peninque et Eymié sont les grands amis de celui qui est alors chirurgien de profession, et pas encore ministre du budget de François Hollande. La petite bande se retrouve régulièrement depuis la fac, autour d’un golf, à Vaucresson ou à la Baule. Ou encore dans la jolie maison du cap Benat, près du Lavandou, dans le Var, chez les Eymié. Jerôme Cahuzac se met à la boxe et au vélo, comme ses deux amis. « Tout cela forme une petite fratrie très familiale », racontait un proche ces derniers jours.

Jérôme Cahuzac fraye alors en plein « Gud business ». Une bande virile, un univers clos, où on ne fait des affaires que dans l’entre-soi. Eymié et Peninque jouent les « rabatteurs ». Le premier adresse des clients au spécialiste des implants capillaires. Le second, grand manitou des activités du clan, s’occupe, lui, de l’argent et des affaires.

C’est ensemble que cette petite bande décide d’investir dans des mines au Pérou via une SCI nommée La Rumine, fondée par un autre « gudard », Lionel Queudot et sa femme. Ce dernier a expliqué à ses amis qu’il y avait de l’argent à faire, « dix à quinze fois la mise », selon un témoin de l’époque.

Plusieurs opérations sont réalisées, dont la dernière vire au fiasco. Le gouvernement péruvien met le holà. Plusieurs investisseurs perdent sèchement leur mise. Jérôme Cahuzac, lui, a déjà une petite aura. Il fera partie des clients chanceux qui auraient été remboursés par Lionel Queudot, expliquait il y a quelques jours au Monde un financier, assurant que « l’argent allait ensuite sur un compte UBS ».

On a, depuis, beaucoup entendu parler de Lionel Queudot, en raison notamment du rôle qu’il a joué dans la délivrance en 1998, d’un vrai-faux passeport à Alfred Sirven, l’ancien « numéro deux » de la société pétrolière Elf. Curieusement, de l’argent de M. Sirven avait transité sur certains comptes de M. Queudot, découvrent à l’époque le juge genevois Paul Perraudin et son homologue parisien Renaud van Ruymbeke. Celui-là même qui, aujourd’hui, est chargé de l’affaire Cahuzac.

4 commentaires »

  1. Straed Ruz ha Du 10 avril 2013 at 18:12 - Reply

    I – Etudiant, poil aux dents…

    Jérôme Cahuzac a-t-il rencontré ses « amis » du GUD à la fac, lorsqu’il prépare son doctorat en médecine (où ? pas Assas à priori ![1]),ou suite à son mariage ? ça n’aurait pas le même

    sens… Là-dessus, il y a des discours contradictoires dans les mass-medias : si la version dominante des mass-merdia actuelle penche pour la version années 90, l’article de Le Monde qui a « révélé »

    les liens de Cahuzac avec Philippe Péninque & Cie rapportait une version très différente [2]. S’il les fréquente DEPUIS LA FAC, son amitié avec les rats maudits devient relativement plus

    intriguante…
    Petit flash-back : le groupe « Occident » est dissout à l’automne 1968, après un attentat à la bombe contre une librairie maoïste et des ratonnades en sortie de lycées : « Ses dirigeants se

    réunissent et estiment qu’il serait beaucoup plus constructif de réaliser des actions violentes de telle manière qu’elles soient attribuées aux mouvements d’extrême gauche. » [3]. Déjà cette

    tactique barbouzarde de l’embrouille « 3° voie – nouvelle droite » qui perdure aujourd’hui avec la clique à Soral-Dieudonné et les amis social-national-affairistes de Bachar El-Assad…
    Les cadres du feu « Grand Oxydant » lancent alors une série de groupuscules qui se joignent en un « syndicat » étudiant : le GUD (Groupe Union Droit, puis Défense). Pour la trésorerie : SO de

    Alain Poher en 1969, SO de Giscard en 1974. Vient la création du PFN (ancêtre du F-haine, et dont le GUD devient la branche étudiante), qui obtient même de la giscardie reconnaissante quelques

    alliances lors des municipales de 1977, ce qui n’empêche pas les gudards de clamer haut et fort une forme d’anti-parlementarisme très à-droite : en 1976, le rat-suprême Philippe Péninque soutient

    son mémoire « La Politique à coups de poing ou l’extrême droite extraparlementaire de 1968 à 1975 », à Science Po Paris… [3].
    En 1977, Jérôme Cahuzac, alors Externe aux Hôpitaux de Paris depuis 1973 [4], rencontre par hasard Guy Carcassonne, « homme des réseaux mondains de la rocardie » et voisin de palier de ses

    parents rue Saint-Jacques à Paris [5]. Cahuzac prend ainsi sa carte au PS en 77 dans le V° arrondissement, courant rocardien. De 1979 à 1983, il est interne à l’AP-HP, à Broussais (à l’époque

    encore « hôpital des Mariniers », 14° arr.) et Beaujon (Clichy) [6] où il oeuvre en chirurgie viscérale… Pour clore ces sulfureuses seventies, Jérôme Cahuzac se marie avec Patricia Ménard en 1980.

    Le monde est petit : le mari de la cousine de Patricia n’est autre que Jean-Pierre Eymié, membre du GUD dans les années 70, avocat d’affaire, qui aura pour associé dans son cabinet (rue de

    Marignan, 8° arr), dans les années 1990, l’avocat fiscaliste Philippe Péninque, lequel assure n’avoir connu Jérôme Cahuzac qu’à cette époque [7]…Au moment de cette rencontre, le même Péninque

    assure pourtant que Cahuzac « savait que j’avais été un leader du GUD (NDLR : de 1974 à 1976). Et alors, ce n’est pas un délit ça ? Moi je savais bien qu’il était de gauche. Cela rendait d’ailleurs

    nos conversations d’autant plus intéressantes [8] »…

    Faskourien Er-Maez !

    ***
    [1] Les facultés de médecine parisiennes sont : Paris V Descartes, Paris VI Pitié Saint-Antoine, Paris VII Bichat Lariboisière, Paris XI Kremlin-Bicêtre, Paris XII Créteil, Paris XIII Bobigny,

    Paris Ouest ; dans les universités, si les fac de droit / économie étaient [ndlr : dans les années 70-80 le vivier primaire de recrutement des rats, les facs de médecine en étaient le vivier

    secondaire, moins connu].(https://fr.wikipedia.org/wiki/Facult%C3%A9s_de_m%C3%A9decine_%28France%29#France_m.C3.A9tropolitaine)
    [2] « Peninque et Emié sont les grands amis de celui qui est alors chirurgien de profession […]. La petite bande se retrouve régulièrement DEPUIS LA FAC, autour d’un golf, à Vaucresson ou à la

    Baule. Ou encore dans la jolie maison du cap Benat, près du Lavandou, dans le Var, chez les Emié. Jerôme Cahuzac se met à la boxe et au vélo, comme ses deux amis. « Tout cela forme une petite

    fratrie très familiale », racontait un proche ces derniers jours. » http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/04/03/les-liens-inavouables-de-cahuzac-avec-les-gudards-de-marine-le-

    pen_3153182_823448.html
    [3] http://leplus.nouvelobs.com/contribution/810844-cahuzac-le-pen-et-le-gud-ce-groupuscule-radical-aux-frequentations-pragmatiques.html
    [4] http://www.acteurspublics.com/personnalite/6259/jerome-cahuzac
    [5] http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/12/08/jerome-cahuzac-l-accroc_1801886_823448.html
    [6] https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4pital_Broussais et https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%B4pital_Beaujon [« L’hôpital Beaujon porte le nom de la rue du 8e arrondissement de Paris qui rend

    hommage à Nicolas Beaujon, grand financier du royaume, dont la fortune lui permit de financer des œuvres de bienfaisance. »]
    [7] http://www.metrofrance.com/info/affaire-cahuzac-philippe-peninque-l-avocat-proche-de-marine-le-pen-se-defend/mmdd!Q8670X6SWS0o/
    [8] http://www.leparisien.fr/politique/un-proche-de-marine-le-pen-dit-avoir-ouvert-un-compte-en-suisse-pour-cahuzac-04-04-2013-2696371.php

  2. Ismael 5 avril 2013 at 01:51 - Reply

    Outre le fait qu’il ait copieusement trempé la main dans le pot de confiture …

    [Ecce homo; Le fric et le pouvoir … on peut (évidemment) y ajouter le sexe (dsk), ça ne date pas d’ailleurs tout à fait de hier ! » Ne nous soumets pas à la tentation » marmonne l’autre … mais c’est évidemment « parole d’évangile » (Pas vraiment « humain, trop humain » donc) trempage de main pour lequel j’aurais du coup volontiers quelque indulgence (au détail près que c’est le bonhomme en charge de concocter les plans de rigueur au goût du jour, ce qui met quand même un peu les glandes)]

    … je trouve (une fois encore) particulièrement détestable (désolant ? écœurant !) les sympathies (les connivences) (dites « de couloir » … pour ne pas dire « d’intérêts ») entre un élu de la Gauche (dite républicaine) et un ex-membre du Gud (et toujours acteur très dynamique, et très influent, des cercles du « Gudbiznesss »)

    Le Gud ce n’est quand même pas une amicale de vieux retraité nostalgique. Qui a eu à les affronter dans la rue (pour mon cas dès la fin des années 70 … et cela ne me semble malheureusement guère surprenant de les voir revenir aujourd’hui en tête d’affiche) connaît la violence extrême de leurs méthodes. Aussi extrême que leur idéologie.

    Il ne s’agit bien sûr pas d’interdire de serrer la main à un inconnu qui vous la tend chez le boulanger (inconnu qui se trouve être une ordure fasciste) ni même (évidemment) d’exclure tout contact « conscient » avec les ennemis déclarés (ou mal dissimulés) de la démocratie, mais quand même:
    on ne me fera pas croire qu’un bonhomme du niveau intellectuel de Cahuzac n’est pas capable de repérer rapidement la nature politique profonde (disons) de types comme Eymié et Peninque … qu’il fréquente durablement , sportivement (boxe, golf, vélo … et autres ?) … et en un mot quasi amicalement !

    Hé bien c’est cela qui me dégoute toujours le plus. Plus que le trop plein de confitures sur les doigts. Voilà donc un élu de la République qui a donc dû faire de beaux discours politiques … et éthiques itou … et qui pour son seul intérêt perso met sur ceux-ci un beau mouchoir (bleu, blanc, rouge ?) par dessus !
    Qu’il fasse ses magouilles, cela me semble donc humain (voir les susdits marmonnements)
    « Partout où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie » déclarait ainsi Rabelais.

    Mais qu’il galvaude un idéal ( ), des idées tout au moins, qu’en tant qu’homme politique (qui se présente aux suffrages public) il affirme avoir fait siennes, et qu’il a évidemment défendues avec toute sa conviction ( ) face aux citoyens … et électeurs ( ), cela me semble particulièrement grave (désolant ? écoeurant !)
    Car destructeur pour ce qui concerne la nature même de notre démocratie parlementaire (le pire des systèmes … à part tous les autres) ou la parole (issu de la réflexion commune, à travers donc nos élus qui sont censés la porter) est première.

    Non, je ne suis pas naïf à ce point (on connaît à Marseille, sans doute largement plus que dans bien d’autres villes, la multiplicité de ces « liaisons dangereuses » … qui chez nous, pour faire bon poids, englobent par-dessus le marché volontiers le milieu ! Â le grand souvenir de Gaston … ministre de l’intérieur !!! Un modèle j’imagine par la suite pour Pasqua et consorts !) pas naïf à ce point donc…

    ce qui pourtant ne m’empêche pas de trouver toujours exécrable ce genre de connivences, par delà ce qui apparaît alors comme de simples convictions de façade, et qui discrédite profondément la parole politique (le discours politique ?) … et mène en droite ligne de la désillusion au … tous pourris !

    Ce qui, en période de crise politique (l’échec actuel de la construction européenne qui devait parait-il être notre grand projet porteur) de crise économique et financière ( ) et de crise morale (le fameux « tous pourris » donc) a rarement accouché de lendemains qui chantent…

    ou alors, Maréchal nous voilà !
    (Marion Maréchal, of course)

    Voilà pourquoi en sus de la confiture, le cas Cahuzac me paraît dangereusement symptomatique d’une société pas loin d’être au bord de certains gouffres … autour desquels il continue d’être souhaitable de dresser quelques solides ( ) gardes-corps…

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