Lyon : provocation des homophobes à la Gare de Perrache

30 mars 2013 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet

Lors d’un rassemblement organisé par la CGT à la gare de Perrache contre la politique du gouvernement en matière d’emploi, des opposants au mariage pour tous (les mêmes que ceux qui se sont pointés vendredi devant l’hôtel de Ville) sont venus sur le quai pour faire de la provocation. Ci-dessous, le témoignage d’un militant de la CGT présent sur place.

 

Attention un train peu en cacher un autre!!
Le tract d’appel de la CGT chômeur  et du collectif vaudais des privés d’emploi ne pouvait mieux dire. En effet ce matin  était en gare  de Perrache « le train de l’industrie et de l’innovation »  pour conduire au cœur de la ville l’opération publicitaire de quelques grands groupes et du MEDEF pour laquelle le Pôle emploi, service public mis a mal par le précédent gouvernement mais remis en état de marche par l’actuel, était réquisitionné corps et bien sous une casaque SNCF.  En début de matinée, des militants syndicaux étaient  venus  l’accueillir afin de rencontrer du même coup tous ceux  qui avaient été convoqués pour donner forme à cette arnaque new look mise au point en haut lieux au nom de l’emploi retrouvé (en fait quelques miettes récupérées ici et là par ceux-là même qui provoquent les plans sociaux qui ravagent la France au nom de la rigueur budgétaire et des dividendes du capital). Ils étaient venus pour dire « nous sommes en France des millions de privés d’emplois. Rien que dans la région Rhône Alpes nous serions selon les chiffres de Pôle emploi  lui-même 410 000 demandeur auxquels il faudra bientôt rajouter ceux d’Arkéma et de Bosch qui  viennent d’apprendre leur  nouvelle entrée au club des travailleurs kleenex, et ils nous font miroiter 47 postes potentiellement accessibles ». Malgré la gravité de la situation l’ambiance sur le quai était bon enfant, puis vers onze heures un cordon de policier est  apparu, casque à la ceinture, bombe lacrymogène bien en vue, nous avons alors pensé que Montebourg ne devrait pas tarder d’arriver, car nous nous retrouvions entourés aux deux extrémités de notre rassemblement  par des forces de police, sans doute pensaient -ils nous enfermer et nous neutraliser pour éviter au ministre d’être pris dans les remous qu’auraient provoqué les interpellations des militant, comme nous l’avions vu la veille sur un film au départ du train où Montebourg avait refusé de discuter en direct en présence de la presse avec des travailleurs en grève de PSA Aulnay, mais nous avons vite eu en démenti une autre explication, le train de l’emploi cachait la mobilisation des anti -mariage pour tous, qui arrivaient d’un coup, en rangs serrés, surgis d’on ne sait où, en tout cas les policiers qui étaient du côté où ils sont arrivés n’ont rien fait pour les empêcher de venir, de telle sorte que pendant un court instant nous étions pris en sandwich entre la police d’un côté et les fachos de l’autre qui hurlaient, bien déterminés à nous balayer au nom de « du boulot pas de mariage homo ». Le « nous sommes chez nous » utilisé par les jeunesses identitaires contre un groupe de rap au printemps dernier ou en occupant le toit d’une mosquée dernièrement a Poitiers repris par les manifestants ne laissait pas de doute sur l’identité et les intentions de ces demandeurs d’emplois des beaux quartiers, qui entretenaient des relations plus que cordiales avec certains des inspecteurs chargés de superviser le maintien de l’ordre. Voilà comment un train en cache un autre, les militant CGT ayant été, pour l’occasion, utilisés comme tampon pour permettre au ministre de faire acte de présence sans avoir eu à subir ni les uns ni les autres. Si l’hystérie des anti-mariage pour tous avait quelque chose d’hallucinant, ils étaient dans leur fonction de forces réactionnaires, l’élément nouveau toute fois à prendre en considération  étant leur surgissement déterminé sur un sujet de société au moment où le climat social se tend et ou la contradiction capital/travail apparaît de plus en plus pour le lieu véritable de l’affrontement dans les couches populaires, mais  la façon dont  la diversion et la provocation est apparue  devrait nous mettre en garde sur ce que ce gouvernement est capable de mettre en œuvre pour nous faire payer la crise dont est responsable la classe capitaliste pour laquelle ils roulent  à l’image de ce train.

Gilbert

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