Au FN, les chefs imposent leur lois

22 mars 2013 0 Imprimer ce billet Imprimer ce billet
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De gauche à droite : Florian Philippot, Marine Le Pen, Louis Aliot

Florian Philippot, n°2 du FN, tente de mettre au pas la fédération FN de Moselle pour qu’elle se mette au service de ses ambitions électorales locales (cette région est depuis les années 1980 un terrain très favorable au FN), provoquant des départs en cascade. La direction a dû envoyé sur place Wallerand de Saint-Just, trésorier, du Front, et Marie-Christine Arnautu, vice-présidente, pour calmer le jeu.
Devant son obstination à imposer Arnaud Naudin, rédacteur en chef de Novopress, comme assistant du groupe frontiste au conseil régional contre Philippe Armand (viré pour avoir, lors d’un stage de formation, exprimé un désaccord avec la direction), 4 conseillers régionaux sur 10 ont ainsi donné leur démission (privant du même coup le groupe FN de 40% de sa dotation), ce qui a entraîné ce commentaire laconique de Philippot : « les branches mortes tombent ». Après Alain Friderich un conseiller régional FN de Lorraine, Yves Gelszinnis, élu de Moselle, a ainsi démissionné le vendredi 1er mars, suivis de deux autres conseillers : mais la tension avec le n°2 du FN est palpable au sein des militants FN locaux, qui voient venir l’arnaque : faire tout le boulot, et au moment d’en récolter les fruits électoraux, se faire remplacer par les copains parisiens de Philippot… Le responsable de la fédération locale, Thierry Gourlot, essaye de son côté, de sauver les meubles.
Mais le parachutage de la figure montante du FN en Moselle date des dernières élections législatives en juin 2012 : déjà, à l’époque, Eric Vilain, qui était conseiller régional dans la région depuis 2004 et patron du FN local de 2007 à 2011, s’était fait virer pour laisser sa place à Philippot, quelques semaines avant le lancement de la campagne.
L’arrogance du bonhomme s’appuie sur le soutien inconditionnel de Marine Le Pen à son égard : à la télé, cette dernière a commenté l’affaire en disant « ce sont des choses qui arrivent », et, il y a quelques mois, pour justifier qu’en moins d’un an le petit prodige se soit retrouvé à la tête du parti, elle avait déclaré que c’était la preuve que la « méritocratie » était à l’œuvre au FN.
Mais il n’y a pas que Philippot qui fait des caprices. Cette fois, ça se passe à Perpignan, mais on n’est malgré tout pas très loin de la Lorraine : Cassandre Frisot, candidate aux législatives de juin 2012 dans la quatrième circonscription de Moselle et résidant dans la région, s’est faite virer le 2 janvier dernier par Louis Alliot, trois mois à peine après avoir été embauchée comme sa chef de cabinet. Cette dernière prétend avoir appris la nouvelle par SMS… Le motif ? Elle aurait refusé de travailler à plein temps pour son patron, y compris le week-end, ce qui lui aurait interdit de faire campagne en Moselle. Elle dénonce les « méthodes totalitaires » du vice-président du FN (et accessoirement compagnon de Marine Le Pen), un reproche plutôt cocasse au FN.

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